mercredi 21 novembre 2012

Messieurs FABIUS et JUPPE

Mille soleils au Néguev De 1954 à 1964, Israël a donc construit une usine nucléaire présentée comme civile à l’extérieur alors que ses installations souterraines, dissimulées, fabriquaient discrètement la bombe atomique. Le parallèle avec ce que l’on reproche aujourd’hui à l’Iran est donc saisissant. Si les israéliens sont si remontés contre l’Iran, cela s’explique donc facilement : ils craignent ce qu’ils connaissent très bien pour l’avoir fait eux-mêmes. Hier, nous avons vu que les français ont pris une large part au démarrage du processus qui mène à la bombe atomique israélienne. De Gaulle y ayant mis son veto dès 1958, Israël va devoir se trouver plus tard d’autres partenaires, dont les allemands et surtout l’Afrique du Sud, le pays de l’apartheid et du racisme institutionnalisé, à l’époque, qui va lui faire faire un bon de géant et surtout lui permettre de réaliser sa première explosion, qui fait de son arme une réalité fonctionnelle. Israël fait partie du club atomique très privé depuis plus de 40 ans maintenant, mais se refuse toujours à le reconnaître. Une position désormais intenable internationalement : on ne peut reprocher à un autre ce qu’on se cache à soi-même. C’est tout le problème actuel d’Israël : sans reconnaissance et acceptation lui-même de la visite de son parc par les inspecteurs de l’AIEA, Israël ne peut en aucun cas demander à l’Iran de s"y soumettre. Israël, dans ce cas, n’est en effet guère mieux que Pyongyang ! Au milieu des années 70, en tout cas, Israël a déjà tout l’arsenal nécessaire à un conflit nucléaire : cela fait donc aujourd’hui 35 ans que l’état hébreu ment au monde entier en niant être en possession de l’arme atomique, après s’être bien moqué des inspecteurs américains venus voir ses installations. Voilà qui devrait un peu modérer les cris d’orfraie entendus ces derniers mois à propos de l’Iran. 35 années de mensonges ! Deux ans plus tard encore, Carl Duckett , "Deputy Director for Science and Technology "de la CIA fait un rapport circonstancié devant la Nuclear Regulatory Commission et le Sénat américain, en confirmant l’existence des deux : les têtes nucléaires et le missile pour les emporter. Quand Péan en France sort son livre, cela fait déjà six années que les bombes israéliennes sont un secret de polichinelle aux USA. Edward Teller, le père de la bombe à hydrogène (au Tritium), partisan de la bombe comme arme mais pas de dissuasion, a également participé à la rédaction du rapport Duckett. Oppenheimer et Teller, deux visions radicalement opposées de la science : les deux se détestaient copieusement. Un événement supplémentaire survenu trois ans avant a confirmé de manière inquiétante les craintes : le 22 septembre 1979, un satellite américain Vela N° 6911, survolant l’Atlantique Sud, a détecté un double flash d’une ampleur sans précédent à proximité de l’ïle Bouvet (appartenant à la Norvège !). C’est plutôt côté Océan Indien. C’est le 42eme flash qu’il apercevait : les 41 précédents avaient tous été des explosions nucléaires, de pays différents (dont la France, à Muroroa !). Un mémo supplémentaire de la CIA l’atteste ; au moment où le flash est détecté, cela fait plusieurs années que des techniciens israéliens travaillent sur place avec leurs équivalents africains. Il sont là depuis au moins six ans déjà minimum (depuis 1973 donc). En juin 1980, un autre document de la CIA précise la puissance calculée de l’engin : 2,3 kilotonnes : on est dans le domaine de la bombe atomique conventionnelle. Au moment ou Israël se lance donc visiblement dans la multiplication de ses têtes nucléaires, le pays lance l’offensive pour bombarder le réacteur Irakien Tammuz-1 (Osirak) ! Ce que je fais chez moi les autres n’ont pas le droit de le faire : Yftiah Spector y participera, pour s’apercevoir après coup que ce que fait Israël aujourd’hui ne le méritait peut être pas ! Or, fait à noter, lors de l’attaque, le 7 Juin 1981, Israël utilisera des photos fournies par les USA et leur satellite KH-11... Les USA ne souhaitent pas de prolifération SAUF pour Israël ! Toute l’ambiguïté de leur position est dans le soutien logistique, notamment des Awacs et des photos satellites mises à disposition, à l’attaque contre Osirak. La coopération entre Israël et l’Afrique du Sud (aux temps de l’apartheid, donc) a été dans les deux sens : les israéliens ont apporté leur missile, déjà largement modifié et amélioré ; et les africains, avec leur société nationale Armaments Corporation (Armscor), leurs recherches sur le nucléaire, notamment la miniaturisation, condition pour fabriquer une bombe transportable par avion ou par missile. Les sud-africains, dès 1967 avaient un réacteur nucléaire, le Safari-I, situé à Pelindaba, d’origine américaine, fourni en uranium par les USA et aux techniciens formés... aux Etats-Unis. Mon mentor parisien en informatique y fera un long séjour, passé à être surveillé 24h sur 24 par quatre gardes armés (deux de la CIA, deux des services secrets sud-africains !) même à l’hôtel : ambiance lourde qu’il décrit comme "plutôt contraignante"... Dès 1977, le format de bombe est prêt, mais il n’y a pas encore assez d’uranium enrichi pour faire une bombe. En 1978, c’est fait. En 1979, on peut raisonnablement penser qu’il l’a font sauter, la phase nécessaire de fabrication à cette époque démunie d’ordinateurs assez puissants pour simuler une explosion nucléaire. Dix ans après, en 1989, une fusée partie d’Overberg fera 1 500 kilomètres de trajectoire de vol : c’est la version sud-africaine du Jericho-II, visible ici. L’engin de Dassault a bien grossi ! Aujourd’hui où d’autres rumeurs sur des Scuds livrés au Hezbollah resurgissent (info venue d’Israël pour légitimer une attaque en préparation prise avec scepticisme à Paris), on reste dubitatif... sur le silence américain de l’époque : le flash océanique ne sera dévoilé que bien plus tard au public. Les sud-africains avaient donc aussi développé une famille de lanceurs. Des petits RSA-1 et RSA-2 à un puis deux étages, on passe au RSA-3 et au RSA-4 à trois étages : un programme spatial est envisageable avec un R5b quatre étages. Le programme sera arrêté brusquement en 1992, après l’abandon des recherches nucléaires décidée en 1989. 1992 ; l’année du début de la fin de l’hégémonie blanche en Afrique du Sud : ceci explique sans doute cela ! En 1991, l’Afrique du Sud rejoint le TNP, mais les inspecteurs dépêchés sur place ne trouvent quasiment rien : tout est certainement reparti...en Israël ! Les observateurs demanderont de détruire ce qui reste : "Houwteq, l’entrepreneur principal pour le lanceur spatial, démantelera ses plus grandes fusées avait rapatrié (pour les détruire) les plans et dossiers techniques de ses nombreux sous-traitants". Il se rattrapera plus tard à Baïkonour avec le SumbandilaSat ! Somchem, fabriquant des réservoirs en carbone filaire fera de même. Il ne restera rien des efforts spatiaux sud-africains, qui au final, resteront bien mystérieux... Les inspecteurs ont juste le temps de découvrir des enveloppes vides de bombes, d’un format relativement réduit. Des ogives étonnantes... On compte qu’entre 1977 et 1989, six ou sept exemplaires d’un "petite" bombe longue de 1,8 pour 65cm de diamètre et d’environ une tonne, porteur d’une charge de 55 kg d’uranium enrichi U-235 et de 10 à 18 kilotonnes de puissance ont été cependant fabriqués. Leur taille correspondait à la soute du vecteur choisi : un bombardier Canberra B2. Israël n’en a jamais eu, mais elle possédait un très bon équivalent à l’époque : le Vautour II français, dont elle se servait comme chasseur lourd(II A), bombardier (II B) ou de chasseur tout-temps (II N). Une vaste soute ventrale chez le IIB notamment, située entre les principaux éléments du train d’atterrissage permettait en effet d’emporter plus de 4 tonnes (elle a surtout servi en France à mettre deux réservoirs de 1500 litres, celui de l’avant alimentant le réacteur droit et l’autre derrière le réacteur gauche). Bien entendu, à cette taille, c’est aussi une tête balistique possible pour la fusée Jericho, déjà devenue Jericho2. L’ensemble a été testé à l’ Overberg Test Range, construit par la société Houwteq. C’est le général israélien Hagai Ravev, l’ancien conseiller à la Défense de Yitzhak Rabin, qui aurait supervisé tout le projet. Tout cela ne nous dit pas pourquoi l’Afrique du Sud, celle des Afrikaners blancs à la tête alors du pays avait-elle développé cette science des fusées et de l’atome. La réponse ne viendra pas avant les années 80. C’est le Président Jimmy Carter qui, dans les derniers mois de sa présidence, a accusé ouvertement le gouvernement d’apartheid d’ Afrique du Sud d’avoir "testé une bombe atomique dans l’océan indien". Les journaux allemands et américains, - en dépit des dénégations de Pretoria - vont se lancer à la suite de sa déclaration à la recherche des origines de cette bombe et découvrir tout un réseau de sociétés écrans qui ont mené à la Bundeswehr ouest-allemande, et à une multitude de personnels et des liens avec des officiers militaires dont certains ayant eu des liens dans le passé avec le Troisième Reich. On retombe sur le vieux spectre du complot des techniciens nazis réfugiés dans un pays ou le nazisme a reçu un écho auprès des Afrikaners, ces blancs racistes qui dirigent alors le pays et pratiquent un apartheid d’un autre âge. Laissons cette voie aux complotistes habituels et aux abonnés aux X-Files. Mais notons quand même que l’Afrique du Sud a été une des destinations privilégiées des Rats-Lines, ces circuits organisés pour faire échapper les nazis d’Allemagne. L’Afrique du Sud et l’Egypte, en Afrique, si bien qu’on se retrouvera avec cet incroyable paradoxe. D’un côté un état d’Israël qui lutte contre Nasser, dont l’armée est infestée de nazis réfugiés, et de l’autre se fait aider par un des afrikaners blancs néo-nazis (à voir leurs drapeaux il n’y a aucun doute), eux mêmes aidés par de véritables. Sternhell à parlé à propos d’Israël de nation schizophrène. On est tout proche là. Pour les allemands, c’était simple : il suffisait de ne pas laisser de traces : Guenther Hillinger ( nom changé) a un problème. L’ingénieur expérimenté de l’usine AEG à Wedel l’avait simplement trouvé sur une note interne. Un memoire interne l’instruisait lui et ses collègues : " Sujet : LTDS hardware/documents de production : il ne doit pas y avoir de logos "AEG" sur aucune des pièces détachées (...) Au cas ou le hardware existe déjà avec des logos AEG pour les prototypes, cette marque doit être enlevée avant que l’équipement soit livré". C’était en 1986". L’objectif, en tout cas était clair : La République fédérale a fourni, une assistance technologique massive en Afrique du Sud (et en Israël comme il s’est avéré plus tard) dans les domaines de l’enrichissement d’uranium et de plutonium par la transmutation par centrifugeuses, et via d’autres processus, en contrepartie de laquelle, l’Afrique du Sud, riche en uranium, a fourni la matière la première des bombes atomiques elles-mêmes aux israéliens qui, eux apportaient leur missile. La centrifugation, le moyen le plus économique de parvenir à fabriquer un matériau suffisamment enrichi pour arriver à la bombe. Economique, mais... lent, à moins de multiplier les centrifugeuses. Or c’est exactement le scénario iranien depuis le début ! Si Israël soupçonne autant l’Iran, c’est bien parce qu’il a fait le même chemin voilà 50 ans maintenant, en clamant partout qu’il ne s’occupait que de "recherches civiles" ! Tout était réuni, manifestement, pour faire de l’axe Israël-Afrique du Sud un fabricant de bombes atomiques. Une situation connue des américains, qui n’ont pourtant jamais menacé de bombarder ni Israël ni l’Afrique du Sud... En 1971, un satellite Corona US détecte des bâtiments nouveaux à 45 km au sud de Tel-Aviv, à la à Zekharyah, près d’Ashkelon, sur la base de Sedot Mikha (Sdot Micha). La capsule de photos qu’il a pris, éjectée et récupérée au vol par un Fairchild C-119. Développée, la pellicule de 9,60m de long au format 70 mm exposée montre neuf construction nouvelles, des "garages", qui s’avèrent être les abris de neuf missiles Jericho1. En 2002, un satellite Ikonos affine les connaissances en découvrant un nombre important de "caches" et d’endroits semi-enterrés : on décompte une cinquantaine d’abris en dur, et d’autres pour des missiles Jericho2, montés sur des engins mobiles, des TELs (Transporter-Erector-Launchers). Les routes précédentes des années 70 ont été élargies, les hangars sont plus grands pour un missile plus imposant. Une centaine de fusées sont décomptées, toutes capables d’ogives nucléaires. L’arsenal israélien s’est beaucoup étoffé depuis la guerre du Kippour. Israël est bien en possession de ce qu’on appelle des "armes de destructions massives." Les modèles de fusées connues des sud-africains se calquent parfaitement sur ceux des israéliens : "le matériel présent sur les fusées d’Afrique du Sud fournit un aperçu des programmes israéliens. Le RSA-2 correspond à l’évidence étroitement à la Jericho-2, et le RSA-3 au lanceur Shavit (cf : le lanceur de satellites israélien). Il est intéressant de noter qu’il y ait eu aucune mention d’une contrepartie Israélienne du moteur de la classe Peacekeeper de la RSA-4, destiné à un premier étage. Cela peut représenter une capacité d’Israël à upgrader encore l’ ICBM Jericho-2, mais qui n’aurait jamais été rendue publique. Il existe aussi des rapports sur le développement par Israël d’une capacité MIRV de ses missiles. L’étage de propulsion de l’ogive pourrait correspondre au quatrième étage de la RSA-4 sud-africaine". L’Arrow II de 2005, le missile d’interception israélien, son "Patriot", est directement issu du programme Shavit, dont la fusée à tous ces étages à poudre. Boeing y a activement et largement participé. La dernière preuve de l’existence d’un programme nucléaire d’envergure en Israël sera apportée par l’espionnage, et la révélation du vol de 810 krytrons, des interrupteurs a très haute vitesse servant de détonateurs dans les bombes, envoyés de 1979 à 1983 en Israel par un américain, Richard Smyth, gérant de la firme Milco, qui est inculpé en 1985 d’espionnage. Le nombre important de composants subtilisés est inquiétant. L’homme réussira à fuir avant d’être arrêté : personne ne sait ce qu’il est advenu de lui depuis : tout le monde l’imagine aujourd’hui réfugié en Israël. Un autre fournisseur de Krytrons, Arnon Milchan, producteur d’Hollywood, (celui d’Amadeus ou de Brazil ou de JFK !), en liaison avec Smyth, apparaitra aussi au même moment : un tour autre cas de figure que celui-là ! Un sérieux calibre ! Né à Rehovot, en territoire colonisé palestinien, descendant d’une famille russe immigrée, ancien soldat de Tsahal (durant les deux conflits de 67 et 73), ancien avant centre du Tel Aviv Maccabi et et de l’équipe nationale de football (?), l’homme a un palmarès personnel particulièrement étonnant. Il se retrouve lui aussi accusé d’avoir transmis de 1977 à 1982 d’autres éléments essentiels (en plus de Krytrons) à la réalisation de bombes nucléaires. Arnon Milchan, dans sa dépositon au FBI, indiquera sans vergogne qu’il servait aussi d’intermédiaire avec... l’Afrique du Sud pour des contrats de vente d’armes israéliennes et auprès de Raytheon, North American Rockwell, Beechcraft, Bell Helicopter et Magnavox ! L’armée d’Afrique du Sud, comme l’armée allemande d’ailleurs avec ses Uzi, se muniera, on le sait, d’armes israéliennes en quantité, notamment en fusils Galil : l’homme y est pour beaucoup. On trouvera à Pretoria également un autre intermédiaire efficace dans ces transactions, Yael Klein, du kibboutz Nitzanim, le Victor Bout local, mouillé dans l’affaire des "contras", qui fera le représentant de commerce israélien jusqu’en Colombie, notamment. Milchan, on le trouvait déjà dans les années au milieu des ventes de missiles Hawk ou de celle du Patriot, touchant les commissions au passage ! Les fameux missiles Hawk israéliens... qui atterriront en Iran pour protéger les centres nucléaires iraniens !!! Il ne sera pourtant jamais inquiété ! Il a aussi produit "Piège en eau trouble", avec Bruce Willis : ça doit aider ! Terry Gillan, le réalisateur de Brazil, qui se fâchera avec, expliquera un jour comment son producteur, Milchan, lui avait fait visiter à Paris le salon du Bourget, où il avait été reçu comme un roi sur tous les stands d’armements présents ! L’homme connaissait visiblement tout le monde et été respecté de tous comme vendeur d’armes ! Selon Milchan en personne, son entreprise exportatrice de Krytons interdits travaillait selon lui "en pleine connaissance des gouvernements israélien et américain !" A l’époque donc, les américains et les israéliens coopèrent, après avoir joué au chat et à la souris dix ans auparavant. Le tout toujours à l’insu du grand public, donc. Milchan, hypervisible et sur-médiatisé, posant en compagnie de Brad Pitt ou d’Angelina Jolie est en réalité une couverture parfaite : possédant la double nationalité monégasque et israélienne, il voyage partout dans le monde sans jamais être inquiété. L’espion à la gabardine couleur passe-muraille est terminée, vous ai-je déjà dit ici-même ! Au départ, la famille du nôtre avait une entreprise d’engrais, Milchan Bros, qu’il a transformé ses dernières années en trust chimique : il est aujourd’hui la 240e fortune mondiale ! Mais aussi le responsable de l’Yitzhak Rabin Center à Tel Aviv ! La liste de ses plus "grands amis" politiques qu’il égrène devant les journalistes explique sa véritable immunité : "Shimon Peres, Ehud Barak, Binyamin (qu’il appelle "Bibi") Netanyahu". Ça aide aussi, sans doute. Aujourd’hui, l’homme parle "de paix", songe à jouer un rôle politique... et revend pas mal de ses investissements.. en Israël, en 2008... puis décide de rentrer au pays en 2009, alléché par les exonérations de son poulain Benyamin. C’est l’Alya capitaliste ! Dorénavant, un Israélien installé à l’étranger depuis au moins 5 ans bénéficie, à son retour en Israël, du statut detochav hozer ou « résident qui revient ». Ce statut lui permet d’être exonéré d’impôt en Israël pendant 10 ans sur tous ses revenus produits à l’étranger : intérêts, dividendes, loyers, etc. Sans compter qu’un Israélien de retour est aussi dispensé de déclarer ses revenus au fisc israélien pendant 10 ans. Voilà de quoi tenter les Israéliens qui ont fait fortune à l’étranger et qui cherchent logiquement à payer moins d’impôts." En 1975, le gouvernement israélien dirigé par Yitzhak Rabin avec à la Défense Shimon Peres avait aussi recruté Milchan, le "mystery mogul", pour "blanchir" l’argent de l’Afrique du Sud. "Milchan a admis le blanchiment d’une partie des plus de 100 millions de dollars dépensés par les Sud Africains dans les années 1970 dans une tentative d’améliorer l’image du gouvernement blanc à l’étranger ", disent les auteurs de "The Iran-Contra Connection"... Or, c’était quoi l’image de marque de l’Afrique du Sud, à ce moment là ? Celle de l’apartheid, pardi, celle d’un Terreblanche défilant en pleine rue de Prétoria ! "L’homme qui voulait pendre Mandela" ? Israël-Afrique du Sud façon Afrikaners, même combat ? L’épilogue on l’aura finalement en 1986 avec Mordechai Vanunu, un technicien nucléaire israélien à Machon 2, un des bunkers souterrains de Dimona où les bombes sont construites. Licencié en 1985, il a eu le temps de réaliser en cachette 60 photos du site, qu’il transmet au journal anglais le Sunday Times, car il a alors quitté Israël et est devenu John Crossman. Les photos révèlent un l’existence d’un laboratoire de traitement de Tritium : les israéliens ont donc fabriqué et détiennent donc bien des bombes à hydrogène, encore plus dévastatrices ! Des bombes à neutrons, aussi, fort logiquement ! Vanunu tombera dans un piège classique du Mossad, celle de la belle espionne, Cheryl Bentov (Cheryl Hanin), alors présentée comme "Cindy," qui l’entraînera à Rome où il se fera capturer. On la retrouvera plus tard à Kochav Yair. Les photos paraissent le 5 octobre 1986, mais son auteur emprisonné échoppe de 18 années de prison pour trahison. Or, ce qu’il révèle est bien plus effrayant encore : "Selon Vanunu depuis la deuxième moitié des années 70, (après la guerre de Kippour) Israël a étendu et modernisé son infrastructure nucléaire à Dimona, pour pouvoir produire de nouveaux types d’armes avancées, petites et grandes, et en plus grande quantité. Selon les dires de Vanunu et de certains experts, Israël a produit des armes plus conséquentes peut être même thermonucléaires, mais aussi des armes tactiques plus sophistiquées telles des armes à radiation nucléaire. En plus fin 1970, Israël a commencé à produire des missiles à tête nucléaire Jéricho II d’une portée de 1500 Kms et plus, testés vers la fin des années 80 et déployés dans les années 89-90." Les leçons Afrikaners on bien été retenues : Israël possède des bombes à hydrogène, mais aussi des bombes nucléaires tactiques, miniaturisés. Et ce, en grandes quantités : dans les années 1990, on évoquait déjà 180-200 têtes au total. Aujourd’hui, les évaluations atteignent le double pour certains, 400 charges (**), bombes tactiques à emporter sous F-16 ou têtes multiples à insérer au sommet des Jericho2 comprises. L’arsenal israélien, qui n’a jamais été menacé d’être bombardé, à eu largement le temps de proliférer. Et de rompre le fragile équilibre existant dans la région. La menace principale n’est donc pas obligatoirement, au vu de l’histoire, nécessairement là où on la situe de nos jours. (**) Selon Brower, Kenneth S., “A Propensity for Conflict : Potential Scenarios and Outcomes of War in the Middle East,” Jane’s Intelligence Review, Special Report no. 14, (February 1997), 14-15. http://www.dailymotion.com/video/x9... http://www.dailymotion.com/video/x9... http://www.dailymotion.com/video/x9... les documents écrits du dossier, notamment les télégrammes de Gomberg, sont ici : http://www.gwu.edu/ nsarchiv/israel... http://www.gwu.edu/ nsarchiv/israel... http://www.gwu.edu/ nsarchiv/israel... nombre de bombes : http://www.fas.org/nuke/guide/israe...

Monsieur Fabius, Nous ne sommes pas si amnésiques

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a dénoncé ce mercredi 21/11/2012 "la responsabilité extrêmement lourde" de l'Iran dans les conflits du Proche-Orient, et notamment à Gaza. A Gaza, a-t-il souligné, "il y a des armes à longue portée, jusqu'à 75 km, et ce sont des armes iraniennes. La responsabilité iranienne est extrêmement lourde", a déclaré le ministre français à la radio France Culture. "On retrouve l'Iran au Liban, en Syrie, en Irak, à Gaza, à chaque fois avec des intentions extrêmement négatives", a-t-il insisté. "L'orientation du gouvernement iranien est extrêmement dangereuse pour la paix dans le monde", a-t-il ajouté. Voyons Monsieur Fabius, Un proverbe arabe dit que le Chameau ne voit que sa propre bosse, rappelez vous qui a offert Dimona aux Israéliens, qui armait les phalangistes d’extrême droite qu Liban dans les années 80, qui a tué en toute impunité Khadafi, qui a abandonné les Rwandais a leur triste sort, qui a assassiné Thomas Sankara, et la liste des méfaits de la France est tellement longue....

samedi 15 septembre 2012

La main du Mossad

C'est l'histoire normale d'un mec normal qui naît à Bagdad… Dans les années 70, sa famille immigre au Royaume-Uni pour raison politique. Normal ! En 2002, cet irakien obtient la nationalité britannique. Normal! En 2002 juste avant que l'Angleterre n'attaque l'Irak ! Normal ! Il s'avère que le mec est un chef d'entreprise, ingénieur-consultant qui bosse dans les satellites... Normal ! Son dernier client était l'entreprise SSTL, Surrey Satellite Technology Ltd, entreprise travaillant pour l'agence spatiale britannique et faisant partie du groupe EADS, complexe militaro-industriel français. Le job normal quoi! Le mec, il habite avec toute sa famille dans un quartier aisé de la capitale londonienne dans une maison cossue d'une valeur minimum d'1 million d'euros; mais il aime aller en France régulièrement pour aller faire du camping avec sa caravane. Normal ! Le mec, il décide juste au moment de la rentrée scolaire et du business, en Septembre, de partir en vacances avec toute sa famille. Normal ! Il part avec sa voiture, prend le ferry pour aller dans un camping français en Haute-Savoie, mais sans sa caravane qui, elle, est restée en Angleterre. Normal ! Par contre, le mec, en plus de son passeport britannique, il prend également son passeport irakien pour aller en France! Normal ! Ah oui, y a aussi la grand-mère dans la voiture... et elle, elle a un passeport suédois. Normal ! Bon, le mec, il arrive avec toute cette famille dans un camping près d'Annecy un lundi matin et le mercredi après-midi, il emmène toute la famille faire une petite excursion (sans oublier mamie suédoise) dans la montagne, en prenant soin d'emmener tous les bagages dans sa voiture. Normal ! Et le mec, une fois arrivé sur le parking de cet endroit isolé en pleine montagne, il a même pas le temps de dire ouf et d'arrêter le moteur de la voiture qu'il se fait buter, lui, sa femme et la grand-mère au pistolet-mitrailleur. Normal ! Chacun avec une balle dans la tête… Normal ! La voiture, elle, est restée intacte, sans avoir reçu de balles… Normal ! Ah oui, quand même, la voiture, elle a un pneu dégonflé... Normal ! Ah et puis, tant qu'on y est, y a aussi à côté de la voiture un cycliste français qui s'est fait buter en même temps. Normal ! Le cycliste, il bossait pour Cezus du groupe Areva dans le secteur des combustibles nucléaires. Normal ! Alors, pour résumer la situation, le cycliste français d'Areva, l'ingénieur britannique d'origine irakienne bossant à la fois pour l'agence spatiale anglaise et EADS, sa femme et puis la grand-mère irakienne avec un passeport suédois se sont fait buter par un ou plusieurs pros de la gâchette avec 15 douilles retrouvées, mais la gamine de 8 ans, elle, elle s'est uniquement fait tabasser et est toujours vivante… Normal ! Juste après la tuerie, y a un témoin qui se pointe. Normal ! Lui aussi, c'est un cycliste. Normal ! Lui aussi, il est britannique. Normal ! Et c'est un ancien de la Royal Air Force. Normal! Quand il arrive sur les lieux, la voiture est toujours en marche, la gamine titube encore, debout, mais les agresseurs, eux, ont disparu... Normal ! Après avoir secouru la gamine et appelé les secours à 15h48, le cycliste anglais de la RAF casse la vitre du conducteur pour rentrer dans la voiture, au lieu d'ouvrir simplement la portière... Normal ! Les secours arrivent sur place, constatent le décès des 3 adultes dans la voiture sans remarquer la présence d'une deuxième gamine de 4 ans à l'arrière aux pieds des 2 passagères. Normal ! L'enquête est tout de suite confiée à des experts parisiens au lieu des experts lyonnais quasiment sur place... Normal ! Les experts parisiens (qui eux sont pros et réactifs) arrivent sur la scène du crime 8 heures après le premier appel au secours. Normal ! Et là, parce qu'ils sont de vrais bons experts, ils découvrent la deuxième gamine de 4 ans dans la voiture. Normal ! Tandis que les policiers d'Annecy, eux, ils ont cherché cette deuxième gamine pendant des heures dans la montagne sans la trouver. Ben ouais, puisqu'elle s'était cachée dans la voiture!!! Normal ! La gamine de 8 ans, elle, elle a été déclarée morte dans un premier temps, puis en vie et sauvée dans un deuxième temps, et enfin, dans un troisième temps, plongée dans un coma artificiel pour une seconde opération médicale lors de la conférence de presse du procureur d'Annecy... Normal! Toujours à cette conférence de presse, le procureur nous explique qu'il faut être prudent, qu'il n'est pas sûr de l'identité des victimes, que l'enquête commence tout juste. Par contre, il nous présente le déroulement des faits avec précision, intégrant d'office la version du cycliste britannique. Normal ! Une dernière news nous apprend que l'ingénieur irakien d'EADS était aussi un cycliste passionné, tout comme le cycliste français d'Areva et le cycliste britannique de la RAF !... Normal ! Bref, pas de quoi en faire un gruyère, c'est juste une histoire normale de 3 cyclistes en balade en Haute-Savoie !... (à suivre...) Les victimes de la tuerie ont en fait été tuées de deux balles dans la tête. Selon la presse arabe, l'ingénieur Saad al-Hilli, d'origine irakienne, entretenait de bonnes relations avec le régime de Saddam Hussein. A Vérifier...

samedi 30 juin 2012

La mort d'un monstre

Yitzhak Shamir, un des pires monstres que l'humanité ai eut a subir a expiré son dernier souffle ce jour de sabbat 30 Juin 2012... Petit rappel: Né en 1915 en Biélorussie, à l'époque province de la Russie Tsariste, Shamir avait adhéré très jeune au Bétar, le mouvement de jeunesse des Révisionnistes, avant d'immigrer en Palestine en 1935. Il rejoint l'Irgoun, mouvement qui s'oppose violemment dans les années 1940 au mandat Britannique sur la Palestine. Après une scission, il devient l'un des chefs d'une aile encore plus radicale, Lehi, plus connue sous l'appellation de «Groupe Stern». Cette organisation clandestine paramilitaire lutte à la fois contre les Arabes et contre les Britanniques. Shamir est l'un des organisateurs de l'assassinat à Jérusalem en 1948 du Comte Folke Bernadotte, le représentant du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Mort de sa belle petite morte, il n'a rendu compte de ses crimes devant aucune juriction, aucun tribunal spécial, aucune cour pénale ni basse coure, normal, c'était un scioniste avéré autentique... Il a peut étre évité la justice des hommes, mais celle de Dieu tout puissant est inévitable... Bon vent

lundi 6 février 2012

Gueant le si-Vil-isé

Politologue, historien et sociologue, Alfred Grosser estime que le choix du mot « civilisation » par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant (était « délibéré et bien réfléchi ». Selon l’historien, ces propos sont porteurs d’un « jugement de valeur agressif ». Explications.


Le mot « civilisation » employé par Claude Guéant était-il le bon ?

- Oui. Il a dû soigneusement choisir son vocabulaire, c’est délibéré et bien réfléchi. Il n’est pas attaquable sur la phrase elle-même à mon avis et c’est pour cela qu’il l’a utilisée. Chaque mot compte. Avec Brice Hortefeux (ex-ministre de l’Intérieur), on pouvait encore penser qu’il pouvait dire des bêtises dans le feu d’une discussion, mais là non. Il a parlé de civilisation, et si on peut dire que des civilisations sont différentes, en choisissant de dire que les civilisations « ne se valent pas », il introduit un jugement de valeur agressif qui laisse supposer que certaines sont inférieures à d’autres, avec, comme sous-entendu, que la civilisation islamique est inférieure à la civilisation française. Il ne s’intéresse pas aux Indiens ou aux Guatémaltèques, mais aux musulmans de France. C’est comme cela que ça a été compris, et ça doit faire plaisir à tous les électeurs d’extrême droite.


Pourquoi ne pas avoir choisi un autre mot comme « culture » ou parlé de « régime politique » ?

- Il n’y a qu’en Allemagne qu’on débat depuis deux siècles entre « culture » et « civilisation ». En France, il n’y a pas une extrême grande différence. Il aurait pu dire « culture », mais « civilisation » c’est plus vaste. Il n’a pas parlé de « régime politique » non plus. Les musulmans de France sont sous le même régime politique.


Quel sens faut-il donner à ces propos ?

- Je ne sais pas s’il est en service commandé ou pas, mais il est là pour dire ce genre de choses. Il fait la chasse désespérée au vote Marine (Le Pen, présidente du Front National) et cela fait un bon moment que ça dure. Je pense que les musulmans de France vont voter contre Sarkozy à cause de ce genre de choses mais il va peut-être récupérer quelques milliers ou centaines de milliers de votes Le Pen, à moins qu’elle (Marine Le Pen) ne dise qu’il arrive un peu tard.

dimanche 18 décembre 2011

Quel Bilan peut on tirer de cette guerre, au moment ou le dernier?? soldat US quitte officiellement ce qui était jadis l'Irak, que peuvent eprouver en cet instant les 60.000 Veuves, les 145.000 Orphelins, les 03 Millions de déplacés, les 1,5 Millions de bannis, Quand au 100.000 morts, eux au moins n'ont plus d'état d'ame vue que cette derniére a été otée par les soldats de l'empire, quel leçon tirer de cette expédition, au momment ou la communauté internationale est devenue soudain si tatillone sur la question des droits de l'homme, ne vivons nous pas une époque ou le procureur de la CPI est devenu la hantise des dictateurs et des régimes totalitaristes? mais alors, comment juger El Bachir, exécuter Khadafi, pendre Saddam et assassiner Milosevich tout en restant muet sur les tenants de cette guerre menée contre un état souverain sans aucune couverture légale, et avec de faux arguments et de vrais monsonges, souvenez vous du discour de C. Powell au Nations Unis au mois de février 2003, et des faux documents exhibés par T. Blaire, de l'assassinat flagrand de David Kelly qui avait refuté toutes les allégations Anglo-Américaines sur le détention par le régime de Saddam d'armes de destruction massives...et pourtant Louis Moreno Ocampo ne s'acharne que sur les faibles,

mercredi 14 décembre 2011

A lire absolument...

Avec ses collègues de TeleSur, de Russia Today, du Centre for Research on Globalization et du Réseau Voltaire, Lizzie Phelan (PressTV) est l’une des rares journalistes a avoir pris le risque de rendre compte de la réalité en Libye, à contre-courant de la propagande relayée par les médias dans les pays de la Coalition. Il n’est pas aisé, dans la fureur médiatique déclenchée par la chute de Tripoli et le renversement du gouvernement libyen, de trouver une analyse claire de la manière dont les choses se passent maintenant, sous le nouveau pouvoir. Après être restée cinq jours bloquée à l’hôtel Rixos avec 35 journalistes étrangers, j’ai eu du mal à croire que les rues que nous traversions étaient les mêmes que celles qui m’étaient devenues si familières pendant le mois que j’ai passé dans la capitale libyenne.

Les rues, avant si animées, où les familles allaient à la plage ou en venaient et se préparaient pour le dîner qui devait interrompre le jeûne de ramadan, étaient maintenant vides. Aux drapeaux verts s’étaient substitués ceux des rebelles, et les rares check points —occupés auparavant par des volontaires, hommes et femmes, c’est-à-dire par des voisins— avaient été remplacés par des check points installés tous les 100 mètres et surveillés maintenant par des tanks et des combattants, uniquement des hommes, qui portaient des armes sophistiquées fournies par la force militaire la plus puissante du monde : l’OTAN.

Les fiers jeunes libyens noirs qui avaient assuré la protection des quartiers qu’ils habitaient avaient disparus. Nous allions les revoir ultérieurement, acculés, prisonniers sur des pick-up, comme dans ces images que, dans les mois précédents, on ne pouvait prendre qu’à des endroits comme Bengazhi et Misrata. Ils sont victimes de la rumeur selon laquelle Kadhafi aurait recruté des mercenaires dans les pays subsahariens, allégation largement rejetée par les organisations de défense des droits de l’homme vu qu’aucune preuve n’a été fournie pour l’étayer. Mais, dans la nouvelle Libye, les noirs se trouvent, avec les membres des tribus les plus importantes [en termes de population], comme celles de Warfallah, Washafana, Zlitane et Tarhouna, parmi les populations que les rebelles soupçonnent d’apporter leur soutien a Mouammar Kadhafi, un crime qu’ils punissent de mort, sinon d’une manière pire encore.

Le convoi de la Croix-Rouge internationale dont nous faisions partie arriva finalement à l’hôtel Corinthian. Lors de mon précédent séjour, il y a un mois seulement, il n’y avait dans cet hôtel que deux ou trois gardiens armés à l’entrée. Cette dernière était maintenant bondée d’hommes qui brandissaient les armes envoyées par l’OTAN et le Qatar. Il ne restait du personnel qu’un petit groupe, débordé et épuisé.

J’y ai retrouvé plus tard quelques visages des Libyens dont j’avais fait connaissance, mais la douleur assombrissait leur regard. « Comment ça va ? », ai-je demandé à une employée. « Il est toujours dans nos cœurs », m’a-t-elle répondu. Quand nous avons finalement eu l’occasion de parler sans témoins, elle a fondu en larmes, ce dont elle s’est excusée. Elle m’a dit qu’il lui était impossible de se confier à personne d’autre. « La Libye est comme notre mère, mais nous ne pouvons plus parler à notre mère ». Étant membre de la tribu des Warfallah et provenant de la région de Bani Wallid, elle savait que sa famille et elle-même risquaient d’être arrêtés à tout moment, uniquement en raison du soutien sans faille des Warfallah à celui qu’ils appellent leur « guide », Mouammar Kadhafi. Elle m’a dit : « À Bani Wallid on a toujours été des gens très fiers, généreux, humbles, dignes. Sous ce drapeau [qu’arborent les rebelles] du roi Idris, nous étions obligés de baiser les pieds du roi avant de pouvoir lui adresser un seul mot. Nous sommes revenus à ces temps-là. »

Elle a été une des nombreuses personnes qui m’ont conseillé de ne pas me faire remarquer et de partir au plus vite. J’avais été parmi les rares journalistes qui s’étaient concentrés sur les conséquences de la campagne de bombardements que l’OTAN avait déclenchée sur le pays et qui s’étaient efforcés de faire connaître la très forte participation aux marches populaires de soutien au gouvernement libyen ainsi que les conférences des tribus, faits qui indiquaient que ce gouvernement n’était pas aussi impopulaire qu’on essayait de le faire croire.

J’avais également essayé de dénoncer les liens des rebelles avec Al-Qaida, la même mouvance que l’OTAN combattait dans des pays comme Afghanistan. Depuis que les rebelles avaient reconnu que l’assassinat de l’ex-commandant rebelle Abdel Fattah Younès avait été le fait des groupes liées à Al-Qaida qui se trouvaient dans leurs propres rangs, la présence des extrémistes risquait de devenir de plus en plus évidente, tandis que le gouvernement libyen s’apprêtait à rendre publics des documents et des enregistrements téléphoniques qui démontraient l’implication d’Al-Qaida dans la crise et la manière dont l’Occident avait agi de connivence avec les membres de cette mouvance.

Or, après la chute de Tripoli, seul mon ralliement à la nouvelle Libye pouvait garantir ma propre sécurité, et mon amie Warfallah me pressait de rentrer dans mon pays et d’y faire connaître ce qui se passait [ici].

Alors que les combats faisaient rage sur les routes de l’intérieur du pays, ce qui les rendaient particulièrement dangereuses pour toute personne dépourvue de la protection des rebelles, ma seule possibilité de quitter la Libye consistait à traverser la Méditerranée.

Ce fut, pendant plusieurs jours, une possibilité quasi inexistante. L’agitation des rebelles, parmi lesquels des disputes éclataient régulièrement à l’hôtel sur qui était le véritable chef, s’étendait non seulement au trajet qu’il fallait franchir pour gagner le port et pouvoir quitter Tripoli, mais aussi à une très grande partie de la ville. Pendant quatre jours, on vint nous dire, plusieurs fois par jour —aussi bien à moi qu’à d’autres étrangers— que nous allions pouvoir partir. Et, à chaque fois, la personne qui avait approuvé le départ au port disparaissait ou était remplacée par un nouveau décideur.

À cause de l’existence de tant de groupes différentes, dont le Groupe islamique combattant en Libye, le Front national pour le Salut de la Libye et les divers groupes de déserteurs du gouvernement de Kadhafi, les forces occidentales —qui maintenant s’affichent ouvertement sur le terrain— semblent évoluer sur une terre qu’elles ne connaissent pas.

Au deuxième jour de mon séjour à l’hôtel Corinthian, trois Britanniques qui roulaient des mécaniques répétaient constamment que c’étaient eux qui étaient désormais en charge de la sécurité de l’hôtel. L’un d’eux m’a dit qu’il arrivait de Kabul, où « ça se gâte de plus en plus ». « Vous pensez qu’ici ça va devenir comme à Kabul ? », lui ai-je demandé. « C’est fort probable, avec tous ces groupes différents qui se disputent le pouvoir », m’a-t-il répondu.

Entre-temps, le nombre de vies humaines qu’a coûté la chute de Tripoli n’a reçu que très peu d’attention. Les derniers chiffres connus datent de la deuxième journée de combats à Tripoli. Le ministère de la Santé, encore en fonctionnement à ce moment-là, avait fait savoir que les pertes humaines, après 12 heures de combats et rien que dans la capitale, s’élevaient à 1 300 morts et 900 blessés. Le même ministère avait annoncé la veille plus de 300 morts et 500 blessés. Le total dépasse largement le chiffre de 1 400 personnes massacrées pendant l’attaque, qui avait duré deux semaines, de l’Opération « Plomb durci » déclenchée par Israël contre Gaza et qui avait soulevé une vague mondiale d’indignation.

Après les bombardements et les attaques des hélicoptères Apache sur le quartier le plus pauvre de Tripoli, et l’un des derniers à tomber aux mains des envahisseurs, celui de Abou Salim, des témoins oculaires ont rapporté qu’ils avaient pu voir des piles de corps qui jonchaient les rues. Un proche d’une personne dont on estimait qu’elle pouvait se trouver parmi les victimes fatales s’était rendu dans l’hôpital local, où il n’avait trouvé qu’un médecin et deux infirmières. De même que la grande majorité des travailleurs de la capitale, la plus grande partie du personnel de l’hôpital s’était enfui, se cachait ou avait peut-être été tué. Quand la personne en question avait voulu voir les cadavres, les gardiens lui avaient assuré qu’il n’y en avait aucun. Les proches des personnes portées disparues craignent donc que les corps n’aient été jetés dans des fosses communes dont les emplacements risquent de rester inconnus pour longtemps.

Ce bain de sang ne correspond nullement au discours sur une « Libye libre » où les civils sont « protégés ». Mais, dans une atmosphère si raréfiée par la volonté de contrôler le pays à tout prix, il est presque impossible que ceux qui se trouvent sur le terrain puissent faire preuve d’honnêteté par rapport aux images qui défilent devant leurs yeux, du moins tant qu’ils seront sur le territoire contrôlé par les rebelles.

Un jeune rebelle armé qui arborait le drapeau français sur son battle-dress m’avait demandé d’où je venais. « De Londres », lui ai-je répondu. « Ah, Cameron. Nous aimons Cameron », m’a-t-il dit avec un large sourire. Je me suis efforcée d’esquisser un sourire moi aussi. La moindre critique envers mon propre Premier ministre pouvait être perçue comme un signe de désaffection envers les nouveaux gouvernants de la Libye.

Sur le port, pendant que nous observions le bateau dont les victuailles qu’il transportait devaient être déchargées pour laisser la place aux passagers, un Italien commentait qu’ils étaient « comme des enfants qui dirigent une université » en voyant les nouveaux maîtres des lieux essayer de se servir des grues et des machines nécessaires pour activer la décharge des bateaux et le départ des bateaux.

On nous avait dit que le bateau ne pourrait probablement pas partir avant 5 ou 10 jours et que notre seule option pour le départ par voie maritime était un bateau de pêche long de 20 mètres, conçu pour accueillir uniquement 12 personnes et dépourvu de l’essentiel du matériel devant garantir une navigation sûre.

Quarante-trois personnes se sont préparées à embarquer. Le rebelle chargé de contrôler notre bateau vérifia nos papiers de manière répétée pendant 4 heures en insistant sur le fait qu’aucun Russe, Serbe ou Ukrainien ne serait autorisé à partir, pas plus qu’aucun ressortissant de Cuba ou de l’Équateur, pays dont les relations avec Mouammar Kadhafi avaient été trop bonnes tout au long de la crise.

Finalement, près de minuit, nous avons tous pu embarquer, à l’exception d’un Russe.

Tandis que le vacarme des tanks, les fusillades et l’odeur de la mort qui saturait l’air restaient de plus en plus loin derrière nous, ma mémoire évoquait la ville paisible, accueillante et sûre où j’étais arrivée.

Lizzie Phelan