Le président palestinien Mahmoud Abbas était confronté dimanche à la colère croissante des Palestiniens, après sa décision de retirer son aval à un rapport de l'ONU selon lequel Israël et le Hamas ont commis des crimes de guerre lors du conflit de l'hiver dernier dans la Bande de Gaza.
Cette décision a été prise suite à d'intenses pressions des Etats-Unis, précisait-on de sources officielles palestiniennes. Le rapport, rédigé par le très respecté juge Richard Goldstone va désormais rester dans les cartons pendant au moins six mois, au lieu d'être transmis à l'Assemblée générale de l'ONU actuellement en session, assorti d'éventuelles recommandations.
Israël, qui dément tout crime de guerre, a prévenu que tout examen du rapport Goldstone ferait capoter les efforts de reprise du processus de paix. Washington travaille à remettre ce processus sur les rails, et un émissaire américain revient au Proche-Orient dans les jours à venir pour tenter de rapprocher les positions.
Le rapport de l'ONU accuse Israël d'usage disproportionné de la force et d'avoir pris des civils pour cible lors de son offensive meurtrière de trois semaines dans le territoire tenu par le Mouvement de la résistance islamique.
Ce dernier est quant à lui accusé d'avoir tiré de manière indiscriminée des roquettes sur Israël et d'avoir utilisé des civils comme boucliers humains pendant l'offensive israélienne.
L'annonce que l'Autorité palestinienne suspendait sa campagne en vue de poursuites dans cette affaire est intervenue jeudi alors que la Commission des droits de l'homme de l'ONU à Genève envisageait de voter sur cette question. Les Palestiniens jetant l'éponge, les autres pays arabes et musulmans leur ont emboîté le pas, et le vote sur le rapport Goldstone a été reporté à mars.
Depuis, la colère monte en Cisjordanie et à Gaza. Samedi soir, des dirigeants de l'OLP se sont réunis et le ministre de la Planification Ali Jarbawi a annoncé qu'il réclamerait des explications lundi en Conseil des ministres: "Nous voulons savoir ce qui s'est passé exactement. Le gouvernement a décidé d'aller jusqu'au bout sur le rapport Goldstone, mais quelqu'un a fait une erreur. Il y a eu une mauvaise décision".
Les conseillers d'Abbas ont défendu cette décision, estimant que les Palestiniens avaient besoin de plus de temps pour rassembler plus de soutien international au rapport Goldstone.
Mais dimanche, un porte-parole du président a annoncé que le ministre de l'Economie, Bassem Khouri, avait démissionné. Sans que l'on sache si sa démission était liée à la décision d'Abbas sur le rapport.
Et, en une très rare critique ouverte, un important commentateur palestinien, Zakaria Mohammed, a jugé qu'Abbas était clairement en cause. "Les gens sont furieux contre lui de sa décision", écrit-il sur le site Web indépendant "Faisal".
A Gaza, pendant ce temps, des manifestations de condamnation ont eu lieu samedi, des centaines d'étudiants séchant les cours pour défiler dans la ville, tandis que des Gazaouis blessés dans l'offensive israélienne, dont des amputés ou des personnes en fauteuil roulant, tenaient une conférence de presse. "Nous considérons que c'est une grande trahison du sang de nos martyrs et de nos enfants blessés", ont-ils déclaré
lundi 5 octobre 2009
samedi 3 octobre 2009
Un traitre nommé Mahmoud Abbas
La réunion du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, qui s'est tenue vendredi 2 octobre à Genève, a tourné à l'avantage d'Israël. S'exprimant au nom des pays arabes, musulmans et africains, le représentant du Pakistan a demandé que le vote sur une résolution reprenant l'essentiel des conclusions du rapport du juge Richard Goldstone sur la guerre de Gaza (27 décembre 2008-17 janvier 2009) soit reporté à la prochaine session du Conseil, en mars 2010. Cette décision a été prise après que l'Autorité palestinienne a indiqué, jeudi, qu'elle renonçait à soutenir le projet de résolution.
Le même jour, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait lancé un avertissement : "L'adoption du rapport Goldstone porterait un coup fatal au processus de paix." Les Etats-Unis, échaudés par le sommet tripartite peu fructueux de New York, le 22 septembre, n'ont voulu prendre aucun risque. L'administration américaine a exercé d'intenses pressions sur l'Autorité palestinienne, ainsi que sur les pays européens, pour que le vote sur un texte accusant Israël - mais également le Hamas - de "crimes de guerre" et de "possibles crimes contre l'humanité" n'ait pas lieu.
Ainsi, quelques jours après avoir de facto entériné le renoncement de Washington à exiger un gel intégral de la colonisation israélienne en Cisjordanie, l'Autorité palestinienne a dû une nouvelle fois s'incliner. Une reculade que son représentant à Genève, Ibrahim Khreisheh, s'est efforcé de présenter comme une pause tactique : "Le rapport est très technique. Nous voulons donner le temps à toutes les délégations de l'étudier en profondeur. Nous espérons qu'à la prochaine session, certains pays européens auront changé d'attitude."
"CAPITULATION INTÉGRALE"
Cette décision risque cependant de choquer profondément la population des territoires occupés. "L'Autorité palestinienne ne représente plus le peuple palestinien, affirme ainsi le psychiatre Eyad Sarraj, figure de la société civile de Gaza. C'est une capitulation intégrale." Du côté du Hamas, ravi de prendre son rival de Cisjordanie en flagrant délit de faiblesse, le ton est encore moins amène.
"Abou Mazen (nom de guerre de M. Abbas) a torpillé tous les efforts des organisations de défense des droits de l'homme qui espéraient rendre justice aux habitants de Gaza. Quelle meilleure preuve que l'Autorité palestinienne a en fait soutenu la guerre ?", estime Fawzi Barhoum, un porte-parole du mouvement. A Genève, l'embarras des Européens était manifeste. Juliette de Rivero, la représentante de l'ONG Human Rights Watch (HRW) s'est dit choquée du "silence et de l'absence de position" de l'Union européenne (UE). Alors que la France et la Grande-Bretagne n'ont fait aucun commentaire, la Suède, au nom de l'UE, s'est contentée d'évoquer un "rapport sérieux", tout en se demandant s'il n'aurait pas "un impact négatif sur les pourparlers de paix en cours".
L'adoption d'une résolution aurait ouvert la voie à d'éventuelles poursuites d'officiers et de représentants du gouvernement israélien devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Un vote du Conseil de sécurité de l'ONU pour saisir la CPI était cependant nécessaire. La position américaine le rendait peu probable.
Les Israéliens ont néanmoins insisté sur le fait que le précédent ainsi créé pourrait s'appliquer à toutes les armées engagées dans un conflit. Jeudi, M. Nétanyahou a reporté la création d'une commission d'enquête indépendante sur la guerre de Gaza prônée par le rapport Goldstone. Le gouvernement israélien a décidé d'attendre la conclusion des vingt-trois enquêtes criminelles qui ont été ouvertes à la suite de la guerre de Gaza.
Le rapport du juge Goldstone paraît aujourd'hui avoir été mis sous le boisseau, ce qui n'épuise pas pour autant le débat sur les "crimes de guerre" à Gaza. Le gouvernement israélien va intensifier ses efforts pour inciter davantage de pays à se rallier à la position américaine : le rapport Goldstone, avait indiqué le département d'Etat, "se focalise de manière écrasante sur les actions d'Israël".
Le même jour, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait lancé un avertissement : "L'adoption du rapport Goldstone porterait un coup fatal au processus de paix." Les Etats-Unis, échaudés par le sommet tripartite peu fructueux de New York, le 22 septembre, n'ont voulu prendre aucun risque. L'administration américaine a exercé d'intenses pressions sur l'Autorité palestinienne, ainsi que sur les pays européens, pour que le vote sur un texte accusant Israël - mais également le Hamas - de "crimes de guerre" et de "possibles crimes contre l'humanité" n'ait pas lieu.
Ainsi, quelques jours après avoir de facto entériné le renoncement de Washington à exiger un gel intégral de la colonisation israélienne en Cisjordanie, l'Autorité palestinienne a dû une nouvelle fois s'incliner. Une reculade que son représentant à Genève, Ibrahim Khreisheh, s'est efforcé de présenter comme une pause tactique : "Le rapport est très technique. Nous voulons donner le temps à toutes les délégations de l'étudier en profondeur. Nous espérons qu'à la prochaine session, certains pays européens auront changé d'attitude."
"CAPITULATION INTÉGRALE"
Cette décision risque cependant de choquer profondément la population des territoires occupés. "L'Autorité palestinienne ne représente plus le peuple palestinien, affirme ainsi le psychiatre Eyad Sarraj, figure de la société civile de Gaza. C'est une capitulation intégrale." Du côté du Hamas, ravi de prendre son rival de Cisjordanie en flagrant délit de faiblesse, le ton est encore moins amène.
"Abou Mazen (nom de guerre de M. Abbas) a torpillé tous les efforts des organisations de défense des droits de l'homme qui espéraient rendre justice aux habitants de Gaza. Quelle meilleure preuve que l'Autorité palestinienne a en fait soutenu la guerre ?", estime Fawzi Barhoum, un porte-parole du mouvement. A Genève, l'embarras des Européens était manifeste. Juliette de Rivero, la représentante de l'ONG Human Rights Watch (HRW) s'est dit choquée du "silence et de l'absence de position" de l'Union européenne (UE). Alors que la France et la Grande-Bretagne n'ont fait aucun commentaire, la Suède, au nom de l'UE, s'est contentée d'évoquer un "rapport sérieux", tout en se demandant s'il n'aurait pas "un impact négatif sur les pourparlers de paix en cours".
L'adoption d'une résolution aurait ouvert la voie à d'éventuelles poursuites d'officiers et de représentants du gouvernement israélien devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Un vote du Conseil de sécurité de l'ONU pour saisir la CPI était cependant nécessaire. La position américaine le rendait peu probable.
Les Israéliens ont néanmoins insisté sur le fait que le précédent ainsi créé pourrait s'appliquer à toutes les armées engagées dans un conflit. Jeudi, M. Nétanyahou a reporté la création d'une commission d'enquête indépendante sur la guerre de Gaza prônée par le rapport Goldstone. Le gouvernement israélien a décidé d'attendre la conclusion des vingt-trois enquêtes criminelles qui ont été ouvertes à la suite de la guerre de Gaza.
Le rapport du juge Goldstone paraît aujourd'hui avoir été mis sous le boisseau, ce qui n'épuise pas pour autant le débat sur les "crimes de guerre" à Gaza. Le gouvernement israélien va intensifier ses efforts pour inciter davantage de pays à se rallier à la position américaine : le rapport Goldstone, avait indiqué le département d'Etat, "se focalise de manière écrasante sur les actions d'Israël".
vendredi 21 août 2009
Connaitra t'on un jour la vérité?
La grâce médicale et le retour en Libye d'Abdelbaset al-Megrahi, l'agent de renseignement libyen condamné à la prison à vie pour l'attentat de Lockerbie, a provoqué la colère de nombre de familles de victimes. « J'ai une boule dans la gorge. J'ai envie de vomir », a dit l'Américaine Norma Malowski, qui a perdu sa fille dans l'explosion du Boeing de la Pan Am en 1988. Mais d'autres parents de victimes n'ont rien trouvé à redire. Le Dr Jim Swire, un Britannique qui a lui aussi perdu sa fille dans l'explosion, a répété pour la centième fois son intime conviction : « Je ne crois pas une seconde que cet homme ait été impliqué dans ce qu'on lui reproche. »
Le représentant de l'ONU au premier procès, Hans Köchler, est également persuadé que les enquêteurs et les juges de 2001 ont volontairement abandonné la première piste, celle de la Syrie et de l'Iran. Le mobile : après la destruction accidentelle d'un Airbus iranien par un navire de guerre américain, cinq mois avant Lockerbie, l'ayatollah Khomeyni avait promis à l'Amérique « une pluie de sang ». Mais selon les partisans de l'innocence de la Libye, l'Occident avait besoin du soutien actif de Damas et de la neutralité de l'Iran dans la première guerre du Golfe contre Saddam Hussein. L'enquête s'était d'abord dirigée vers un groupe palestinien dissident installé en Syrie, le FPLP-Commandement général. Deux mois avant l'attentat, une cellule de ce mouvement avait été démantelée en Allemagne. La police avait saisi un détonateur à dépression, qui se déclenche quand l'avion atteint son altitude de croisière, un schéma qui correspond à l'explosion du Boeing de la Pan Am.
Et puis, dix-huit mois après, l'enquête change de direction. Un promeneur retrouve, à 80 km du lieu de l'impact, un lambeau de tee-shirt enroulé autour d'un fragment de retardateur pour détonateur. C'est cette pièce à conviction qui permet de remonter jusqu'à Megrahi. Le retardateur correspond à un modèle vendu par une firme suisse à la Libye. La police estime que Megrahi, officiellement employé de l'escale de Malte de la Libyan airlines, a réglé le retardateur, puis placé la bombe dans une valise enregistrée sur un parcours à étapes : Malte-Francfort sur Libyan, puis Francfort-Londres et Londres-New York sur Pan Am.
Megrahi est lié à ce voyage complexe par un témoignage : celui d'un commerçant maltais, Tony Gauci, qui le reconnaît comme l'homme qui lui a acheté les vêtements dont les fragments entouraient le débris de retardateur. Mais au fil des ans, le dossier s'effiloche. Le témoignage de Gauci, à la relecture, apparaît vague. Les dates ne correspondent pas. On apprend que la CIA l'aurait rémunéré dans le cadre de la « protection des témoins ».
Coup de théâtre
En août 2007, nouveau coup de théâtre. Le concepteur des retardateurs vient spontanément témoigner devant notaire : à l'époque, il a remis directement « à un membre de l'enquête » un exemplaire de cette pièce d'électronique. L'ingénieur, Ulrich Lumpert, avait omis de raconter cet épisode lors du procès de 2001, où il était témoin. Il affirme vouloir maintenant « soulager sa conscience ».
Ce complot sorti d'un roman d'espionnage pourrait laisser sceptique si la justice écossaise n'y avait ajouté du sien. Juste avant la volte-face de Lumpert, la commission de révision d'Édimbourg autorise Megrahi à faire appel, sur la base d'une « possible erreur judiciaire ». Parmi les attendus, l'un est gardé secret « à cause d'un accord avec un gouvernement étranger ». Il ne sera jamais communiqué à la défense. Toujours en 2007, Tony Blair, premier ministre, signe un mémorandum d'échange de prisonniers avec Mouammar Kadhafi. C'est finalement la grâce médicale, plus rapide, qui sera choisie. Juste après que Megrahi a abandonné son procès en appel. La vérité sur Lockerbie ne sera peut-être jamais connue. Elle ne devrait pas venir de Libye. Accueilli par quelques centaines de porteurs de drapeaux, en l'absence des caméras de la télévision libyenne, Abdelbaset al-Megrahi a été promptement emmené vers une destination inconnue. Barack Obama s'est contenté de réclamer son « assignation à résidence ».
Le représentant de l'ONU au premier procès, Hans Köchler, est également persuadé que les enquêteurs et les juges de 2001 ont volontairement abandonné la première piste, celle de la Syrie et de l'Iran. Le mobile : après la destruction accidentelle d'un Airbus iranien par un navire de guerre américain, cinq mois avant Lockerbie, l'ayatollah Khomeyni avait promis à l'Amérique « une pluie de sang ». Mais selon les partisans de l'innocence de la Libye, l'Occident avait besoin du soutien actif de Damas et de la neutralité de l'Iran dans la première guerre du Golfe contre Saddam Hussein. L'enquête s'était d'abord dirigée vers un groupe palestinien dissident installé en Syrie, le FPLP-Commandement général. Deux mois avant l'attentat, une cellule de ce mouvement avait été démantelée en Allemagne. La police avait saisi un détonateur à dépression, qui se déclenche quand l'avion atteint son altitude de croisière, un schéma qui correspond à l'explosion du Boeing de la Pan Am.
Et puis, dix-huit mois après, l'enquête change de direction. Un promeneur retrouve, à 80 km du lieu de l'impact, un lambeau de tee-shirt enroulé autour d'un fragment de retardateur pour détonateur. C'est cette pièce à conviction qui permet de remonter jusqu'à Megrahi. Le retardateur correspond à un modèle vendu par une firme suisse à la Libye. La police estime que Megrahi, officiellement employé de l'escale de Malte de la Libyan airlines, a réglé le retardateur, puis placé la bombe dans une valise enregistrée sur un parcours à étapes : Malte-Francfort sur Libyan, puis Francfort-Londres et Londres-New York sur Pan Am.
Megrahi est lié à ce voyage complexe par un témoignage : celui d'un commerçant maltais, Tony Gauci, qui le reconnaît comme l'homme qui lui a acheté les vêtements dont les fragments entouraient le débris de retardateur. Mais au fil des ans, le dossier s'effiloche. Le témoignage de Gauci, à la relecture, apparaît vague. Les dates ne correspondent pas. On apprend que la CIA l'aurait rémunéré dans le cadre de la « protection des témoins ».
Coup de théâtre
En août 2007, nouveau coup de théâtre. Le concepteur des retardateurs vient spontanément témoigner devant notaire : à l'époque, il a remis directement « à un membre de l'enquête » un exemplaire de cette pièce d'électronique. L'ingénieur, Ulrich Lumpert, avait omis de raconter cet épisode lors du procès de 2001, où il était témoin. Il affirme vouloir maintenant « soulager sa conscience ».
Ce complot sorti d'un roman d'espionnage pourrait laisser sceptique si la justice écossaise n'y avait ajouté du sien. Juste avant la volte-face de Lumpert, la commission de révision d'Édimbourg autorise Megrahi à faire appel, sur la base d'une « possible erreur judiciaire ». Parmi les attendus, l'un est gardé secret « à cause d'un accord avec un gouvernement étranger ». Il ne sera jamais communiqué à la défense. Toujours en 2007, Tony Blair, premier ministre, signe un mémorandum d'échange de prisonniers avec Mouammar Kadhafi. C'est finalement la grâce médicale, plus rapide, qui sera choisie. Juste après que Megrahi a abandonné son procès en appel. La vérité sur Lockerbie ne sera peut-être jamais connue. Elle ne devrait pas venir de Libye. Accueilli par quelques centaines de porteurs de drapeaux, en l'absence des caméras de la télévision libyenne, Abdelbaset al-Megrahi a été promptement emmené vers une destination inconnue. Barack Obama s'est contenté de réclamer son « assignation à résidence ».
mercredi 22 juillet 2009
L'horreur made by USA
Les forces spéciales américaines déployées en Afghanistan ont-elles laissé leurs alliés locaux constituer des convois de la mort dans lesquels près d’un millier de prisonniers talibans ont trouvé la mort asphyxiés, fin novembre 2001 ? Depuis la publication en début de semaine d’une enquête de l’hebdomadaire Newsweek et la découverte d’une grande fosse commune dams le désert de Dasht-e-Leili, la question est posée.
Dans un article très fouillé, Newsweek raconte comment, à la suite de la prise de Kunduz par les forces de l’Alliance du Nord des seigneurs de la guerre Rachid Dostom (de l’ethnie ouzbek) et Atta Mohammed (Tadjik), de très nombreux captifs talibans ont été entassés en toute connaissance de cause dans des conteneurs juchés sur des camions que la chaleur a transformés en effroyables mouroirs. Citant des survivants, des chauffeurs et des combattants de l’ex-Alliance du Nord aujourd’hui au pouvoir à Kaboul, l’hebdomadaire raconte l’horreur de ce convoi durant lequel les prisonniers, enfermés, entassés les uns sur les autres et sans eau, sont morts dans d’atroces souffrances. A Washington, le département d’Etat a, dès mardi, pressé le gouvernement afghan « d’enquêter sur ces crimes de guerre présumés ».
La question, toutefois, ne concerne pas que Kaboul. Newsweek affirme que des militaires américains se trouvaient sur place et côtoyaient de très près les commanditaires de cette funeste opération. Rien, écrit le journal, ne suggère que ces derniers savaient ni qu’ils auraient pu intervenir. Mais rien, non plus, ne permet d’affirmer qu’ils ne savaient pas et qu’ils n’ont pas fermé les yeux sur ce crime de guerre passible de la justice internationale (lire ci-dessous). Signe de l’importance de ces révélations, des réactions contradictoires se sont succédé mercredi : le ministre afghan de la Défense, Mohammed Fahim, a démenti l’existence du charnier tandis que son gouvernement décidait l’envoi d’une mission d’enquête. L’ONU affirme de son côté avoir annoncé dès mai l’existence d’un charnier et ordonné à son bureau de Mazar de protéger le site.
L’information sur l’existence dudit convoi n’est pas nouvelle. Comme d’autres observateurs alors présents à Kunduz, dans la région de Mazar-i-Charif, la journaliste suisse Ariane Perret avait à l’époque eu vent de ces camions remplis de talibans. « On savait que ces convois manquaient de tout, comme les prisons. L’horreur de ces conteneurs était connue », confirme-t-elle. De longue date, ces derniers ont été utilisés en Afghanistan comme des cages où l’on torture et laisse crever l’ennemi. Mais dans le cas des convois, l’investigation de Newsweek démontre qu’il y a eu préméditation et crime de guerre. Ses journalistes ont retrouvé le charnier de Dasht-e-Leili, découvert par des enquêteurs de l’organisation Médecins pour les droits de l’homme basée à Boston. Les témoignages qu’ils ont recueillis montrent que les commandants afghans pro-américains ont organisé ce convoi, sachant que les talibans allaient mourir en masse. « Le général Dostom avait obtenu, en présence de soldats américains, leur reddition en échange de promesses généreuses. Les combattants afghans pro-talibans pourraient rentrer chez eux [...] les Arabes et étrangers seraient remis aux Nations unies », affirme l’hebdomadaire. En lieu et place, tous seront entassés dans les conteneurs, condamnés à mourir ou jetés dans les prisons surpeuplées de Sheberghan et Qala Jangi, la fameuse forteresse où éclata le 25 novembre une émeute très meurtrière.
L’accusation relance le débat sur la réalité de la guerre contre le terrorisme présentée comme « propre » par les Etats-Unis, face à l’indéniable horreur des attentats du 11 septembre. Elle pose aussi, en ricochet, la question du rôle du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). A l’époque, le CICR ne dispose que de trois délégués expatriés dans les parages. L’insécurité règne. La situation est chaotique. Deux d’entre eux manquent d’être tués lors de l’émeute de Qala Jangi : « Dès notre première visite le 3 décembre à la prison surpeuplée de Sheberghan - plus de 3500 détenus pour 800 places - nous avons mis en place une énorme opération de sanitation et de ravitaillement en eau et nourriture. Du jamais vu. L’ampleur de ce dispositif démontre la gravité de la situation », a expliqué au Temps Bosisio Eros, l’un de ses porte-parole. Certes. Mais quid des fameux convois ? Le CICR a-t-il appris leur existence ? Ses équipes, qui ont évacué de nombreux prisonniers talibans morts ou blessés après les émeutes de Qala Jangi, sont-ils tombés sur les victimes des conteneurs de la mort ?
« Enquête criminelle »
Ligotée par son obligation de confidentialité, l’organisation peine à répondre à ces révélations : « Notre première et constante préoccupation a été d’accéder aux détenus. Nous avions des raisons de craindre le pire. Nous avons pour cela négocié avec tout le monde », poursuit Bosisio Eros. Sauf que Newsweek laisse entendre que des membres de la Croix-Rouge, écœurés, auraient discrètement alerté Médecins pour les droits de l’homme, dont l’enquête a tout déclenché. La responsabilité de l’ONU est aussi en cause : un mémorandum prouverait que les Nations unies estiment que les investigations sur le charnier « justifient une enquête criminelle ».
Pour sa part, l’armée américaine nie : « Nos soldats affirment qu’ils n’ont vu transporter des prisonniers que dans des camions découverts et que les détenus recevaient eau et nourriture [...]. Tous ont appris que s’ils étaient témoins d’atrocités, ils devraient agir pour y mettre fin », a déclaré au Monde l’un de ses porte-parole, le lieutenant colonel David Lapan. Dont acte ? Newsweek démontre pourtant qu’un peloton d’élite de bérets verts, l’équipe 595A, suivait presque pas à pas le seigneur de la guerre Dostom, devenu ministre. Des bérets verts si efficaces et héroïques que leur capitaine a reçu, en avril, les honneurs officiels de son Etat du Kansas.
Richard Werly Jeudi 22 août 2002
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Washington se trouve dans le collimateur
Pierre Hazan
La responsabilité pénale des Etats-Unis pourrait être directement engagée dans les crimes commis par leurs alliés afghans.
C’est encore purement hypothétique, mais déjà diablement embarrassant pour les Etats-Unis, venus en libérateurs en Afghanistan. Si les allégations de l’organisation Médecins pour les droits de l’homme reprises et étayées par Newsweek se vérifient, Washington risque de se retrouver dans le collimateur de la justice internationale : « Les Etats-Unis verraient leur responsabilité directement engagée par les crimes commis par leurs protégés et alliés », affirme au Temps Antoine Bernard, secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). « Ils en seraient même complices. »
A l’appui de son analyse, le patron de la FIDH cite la jurisprudence du Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie, - une Cour soutenue par les Etats-Unis - qui dans le jugement de l’affaire Furundjia, paragraphe 207, affirme : « Un spectateur approbateur qui est tenu par les autres acteurs du crime en si haute estime que sa seule présence vaut encouragement peut être reconnu coupable de complicité. » Pour Antoine Bernard, les Américains sont donc, si la présence sur place de leurs troupes au moment des faits est avérée, non seulement responsables de leur inaction, mais aussi complices.
« Accusation de complicité »
Un avis que ne partagent pas d’autres juristes : contacté par Le Temps, le spécialiste genevois de droit pénal Marc Henzelin estime, lui, que le point clef est de savoir si les forces du seigneur de la guerre afghan Dostom, présumés responsables des containers mouroirs remplis de prisonniers, étaient, ou non, sous commandement américain. A défaut, « l’accusation de complicité pourrait tomber », affirme le professeur de droit humanitaire, Luigi Condorelli, d’accord avec son collègue. S’ajoute à ces éventuels griefs la question du non respect des Conventions de Genève. L’article 1 commun aux quatre Conventions stipule en effet « l’obligation de faire respecter le droit international humanitaire ». Or s’il est prouvé que les soldats américains ont manqué à cette obligation, leur responsabilité, ainsi que celle de leur gouvernement pourrait être engagée.
Seule bonne nouvelle pour Washington : la Cour pénale internationale qui pourrait en théorie être saisie de ce dossier n’est pas compétente, puisque les crimes se sont produits avant le 3 juillet 2002 - date de son entrée en vigueur - et que ni les Etats-Unis, ni l’Afghanistan n’ont ratifié ses statuts. On peut d’ailleurs parier que la Maison-Blanche va être confortée dans son hostilité à la CPI par cette affaire. George Bush a toujours dit qu’il entendait protéger les militaires américains en opération. Mais il s’est aussi engagé à ce que les Etats-Unis fassent tout pour que les criminels de guerre répondent de leurs actes.
Dans un article très fouillé, Newsweek raconte comment, à la suite de la prise de Kunduz par les forces de l’Alliance du Nord des seigneurs de la guerre Rachid Dostom (de l’ethnie ouzbek) et Atta Mohammed (Tadjik), de très nombreux captifs talibans ont été entassés en toute connaissance de cause dans des conteneurs juchés sur des camions que la chaleur a transformés en effroyables mouroirs. Citant des survivants, des chauffeurs et des combattants de l’ex-Alliance du Nord aujourd’hui au pouvoir à Kaboul, l’hebdomadaire raconte l’horreur de ce convoi durant lequel les prisonniers, enfermés, entassés les uns sur les autres et sans eau, sont morts dans d’atroces souffrances. A Washington, le département d’Etat a, dès mardi, pressé le gouvernement afghan « d’enquêter sur ces crimes de guerre présumés ».
La question, toutefois, ne concerne pas que Kaboul. Newsweek affirme que des militaires américains se trouvaient sur place et côtoyaient de très près les commanditaires de cette funeste opération. Rien, écrit le journal, ne suggère que ces derniers savaient ni qu’ils auraient pu intervenir. Mais rien, non plus, ne permet d’affirmer qu’ils ne savaient pas et qu’ils n’ont pas fermé les yeux sur ce crime de guerre passible de la justice internationale (lire ci-dessous). Signe de l’importance de ces révélations, des réactions contradictoires se sont succédé mercredi : le ministre afghan de la Défense, Mohammed Fahim, a démenti l’existence du charnier tandis que son gouvernement décidait l’envoi d’une mission d’enquête. L’ONU affirme de son côté avoir annoncé dès mai l’existence d’un charnier et ordonné à son bureau de Mazar de protéger le site.
L’information sur l’existence dudit convoi n’est pas nouvelle. Comme d’autres observateurs alors présents à Kunduz, dans la région de Mazar-i-Charif, la journaliste suisse Ariane Perret avait à l’époque eu vent de ces camions remplis de talibans. « On savait que ces convois manquaient de tout, comme les prisons. L’horreur de ces conteneurs était connue », confirme-t-elle. De longue date, ces derniers ont été utilisés en Afghanistan comme des cages où l’on torture et laisse crever l’ennemi. Mais dans le cas des convois, l’investigation de Newsweek démontre qu’il y a eu préméditation et crime de guerre. Ses journalistes ont retrouvé le charnier de Dasht-e-Leili, découvert par des enquêteurs de l’organisation Médecins pour les droits de l’homme basée à Boston. Les témoignages qu’ils ont recueillis montrent que les commandants afghans pro-américains ont organisé ce convoi, sachant que les talibans allaient mourir en masse. « Le général Dostom avait obtenu, en présence de soldats américains, leur reddition en échange de promesses généreuses. Les combattants afghans pro-talibans pourraient rentrer chez eux [...] les Arabes et étrangers seraient remis aux Nations unies », affirme l’hebdomadaire. En lieu et place, tous seront entassés dans les conteneurs, condamnés à mourir ou jetés dans les prisons surpeuplées de Sheberghan et Qala Jangi, la fameuse forteresse où éclata le 25 novembre une émeute très meurtrière.
L’accusation relance le débat sur la réalité de la guerre contre le terrorisme présentée comme « propre » par les Etats-Unis, face à l’indéniable horreur des attentats du 11 septembre. Elle pose aussi, en ricochet, la question du rôle du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). A l’époque, le CICR ne dispose que de trois délégués expatriés dans les parages. L’insécurité règne. La situation est chaotique. Deux d’entre eux manquent d’être tués lors de l’émeute de Qala Jangi : « Dès notre première visite le 3 décembre à la prison surpeuplée de Sheberghan - plus de 3500 détenus pour 800 places - nous avons mis en place une énorme opération de sanitation et de ravitaillement en eau et nourriture. Du jamais vu. L’ampleur de ce dispositif démontre la gravité de la situation », a expliqué au Temps Bosisio Eros, l’un de ses porte-parole. Certes. Mais quid des fameux convois ? Le CICR a-t-il appris leur existence ? Ses équipes, qui ont évacué de nombreux prisonniers talibans morts ou blessés après les émeutes de Qala Jangi, sont-ils tombés sur les victimes des conteneurs de la mort ?
« Enquête criminelle »
Ligotée par son obligation de confidentialité, l’organisation peine à répondre à ces révélations : « Notre première et constante préoccupation a été d’accéder aux détenus. Nous avions des raisons de craindre le pire. Nous avons pour cela négocié avec tout le monde », poursuit Bosisio Eros. Sauf que Newsweek laisse entendre que des membres de la Croix-Rouge, écœurés, auraient discrètement alerté Médecins pour les droits de l’homme, dont l’enquête a tout déclenché. La responsabilité de l’ONU est aussi en cause : un mémorandum prouverait que les Nations unies estiment que les investigations sur le charnier « justifient une enquête criminelle ».
Pour sa part, l’armée américaine nie : « Nos soldats affirment qu’ils n’ont vu transporter des prisonniers que dans des camions découverts et que les détenus recevaient eau et nourriture [...]. Tous ont appris que s’ils étaient témoins d’atrocités, ils devraient agir pour y mettre fin », a déclaré au Monde l’un de ses porte-parole, le lieutenant colonel David Lapan. Dont acte ? Newsweek démontre pourtant qu’un peloton d’élite de bérets verts, l’équipe 595A, suivait presque pas à pas le seigneur de la guerre Dostom, devenu ministre. Des bérets verts si efficaces et héroïques que leur capitaine a reçu, en avril, les honneurs officiels de son Etat du Kansas.
Richard Werly Jeudi 22 août 2002
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Washington se trouve dans le collimateur
Pierre Hazan
La responsabilité pénale des Etats-Unis pourrait être directement engagée dans les crimes commis par leurs alliés afghans.
C’est encore purement hypothétique, mais déjà diablement embarrassant pour les Etats-Unis, venus en libérateurs en Afghanistan. Si les allégations de l’organisation Médecins pour les droits de l’homme reprises et étayées par Newsweek se vérifient, Washington risque de se retrouver dans le collimateur de la justice internationale : « Les Etats-Unis verraient leur responsabilité directement engagée par les crimes commis par leurs protégés et alliés », affirme au Temps Antoine Bernard, secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). « Ils en seraient même complices. »
A l’appui de son analyse, le patron de la FIDH cite la jurisprudence du Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie, - une Cour soutenue par les Etats-Unis - qui dans le jugement de l’affaire Furundjia, paragraphe 207, affirme : « Un spectateur approbateur qui est tenu par les autres acteurs du crime en si haute estime que sa seule présence vaut encouragement peut être reconnu coupable de complicité. » Pour Antoine Bernard, les Américains sont donc, si la présence sur place de leurs troupes au moment des faits est avérée, non seulement responsables de leur inaction, mais aussi complices.
« Accusation de complicité »
Un avis que ne partagent pas d’autres juristes : contacté par Le Temps, le spécialiste genevois de droit pénal Marc Henzelin estime, lui, que le point clef est de savoir si les forces du seigneur de la guerre afghan Dostom, présumés responsables des containers mouroirs remplis de prisonniers, étaient, ou non, sous commandement américain. A défaut, « l’accusation de complicité pourrait tomber », affirme le professeur de droit humanitaire, Luigi Condorelli, d’accord avec son collègue. S’ajoute à ces éventuels griefs la question du non respect des Conventions de Genève. L’article 1 commun aux quatre Conventions stipule en effet « l’obligation de faire respecter le droit international humanitaire ». Or s’il est prouvé que les soldats américains ont manqué à cette obligation, leur responsabilité, ainsi que celle de leur gouvernement pourrait être engagée.
Seule bonne nouvelle pour Washington : la Cour pénale internationale qui pourrait en théorie être saisie de ce dossier n’est pas compétente, puisque les crimes se sont produits avant le 3 juillet 2002 - date de son entrée en vigueur - et que ni les Etats-Unis, ni l’Afghanistan n’ont ratifié ses statuts. On peut d’ailleurs parier que la Maison-Blanche va être confortée dans son hostilité à la CPI par cette affaire. George Bush a toujours dit qu’il entendait protéger les militaires américains en opération. Mais il s’est aussi engagé à ce que les Etats-Unis fassent tout pour que les criminels de guerre répondent de leurs actes.
dimanche 19 juillet 2009
Les nouveaux barbares
Ilan Halimi, 23 ans, avait été enlevé dans la nuit du 20 au 21 janvier 2006 dans le but d'obtenir une rançon. Séquestré et torturé trois semaines dans une cité HLM des Hauts-de-Seine, il avait été laissé pour mort le 13 février au bord d'une voie ferrée de l'Essonne. Il était décédé pendant son transfert à l'hôpital. Après deux mois et demi de procès à huis clos, Youssouf Fofana, le chef du «gang des barbares», a été condamné vendredi 10 juillet à la prison à perpétuité avec 22 ans de sûreté. Les coaccusés de Fofana - qui a reconnu être seul responsable des brûlures et coups fatals- ont écopé de peines allant de six mois avec sursis jusqu'à 18 ans de réclusion auxquelles s'ajoutent deux acquittements. Ce jugement n'a pas satisfait la famille de la victime et les organisations juives (le BNVCA, le FSJU, le Consistoire de France et l'UEJF, mais aussi le Conseil représentatif des associations noires (Cran)), qui la soutiennent et ceci pour deux raisons principales : si la condamnation du principal inculpé à la peine maximum leur convient, en revanche, ils reprochent à la justice d'avoir été moins sévère à l'égard des autres accusés, en particulier «la jeune fille qui a servi d'appât», et surtout d'avoir organisé le procès à huis clos, à l'abri des média. Des organisations juives, dont le Crif, avaient appelé à manifester lundi soir pour réclamer un nouveau procès. Le jour-même, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a annoncé avoir demandé au parquet général de «faire appel des condamnations inférieures aux réquisitions de l'avocat général» dans le procès du «gang des barbares». «Ce matin, j'ai demandé au procureur général près la Cour d'appel de Paris de faire appel des condamnations inférieures aux réquisitions de l'avocat général», a-t-elle dit devant la presse à la sortie du conseil des ministres. Aussi crapuleux, mais banal, qu'ait pu être son assassinat, la mort d'un Juif et la punition de son meurtrier doivent toujours être exemplaires. En référence à une sorte de droit «commun» qui n'est commun qu'à l'usage d'une minorité qui tient absolument à ne pas être confondue avec la communauté nationale. La République et le Garde des Sceaux ne peuvent s'y soustraire. A défaut, la communauté juive de France (et d'ailleurs) exerce la pression nécessaire qu'il faut pour le leur rappeler afin qu'ils s'exécutent. C'est-à-dire refaire le procès pour infliger de plus lourdes peines et surtout pour que l'exemplarité de la peine soit à la hauteur de l'exemplarité de la «nature» de la victime. On ne tue pas un Juif impunément, car un Juif n'est pas un homme comme les autres. Cette «distinction» qui avait été condamnée, à raison, lorsqu'elle était le fait des nazis et de leurs collaborateurs, car elle séparait les juifs de leurs concitoyens, ce sont maintenant les Juifs qui «paradoxalement» l'expriment, l'exigent et l'imposent à la nation et à ses institutions, en sollicitant à l'excès les mortifications infligées par l'histoire. Cette attitude ne peut durablement être maintenue sans encourir le risque virtuel d'un désordre de la paix civile. Les hommes ne peuvent accepter que d'autres hommes, aujourd'hui minorité prospère épargnée par les stigmates du passé, reçoivent un traitement différencié, sous prétexte que leurs ancêtres avaient été maltraités en raison de leur «particularités religieuses». Cette singularisation est d'autant plus mal vécue que la crise économique touche l'ensemble de la population européenne et mondiale et ceux qui en souffrent le plus la tolèrent encore moins. Enfin, le soutien indéfectible apporté par les Juifs de France à Israël (alors qu'ils passaient jusque-là beaucoup de temps à expliquer qu'il ne fallait pas confondre «antisémitisme et antisionisme»), face à la solidarité exprimée par les Français d'origine arabe, africaine ou musulmane, aux victimes de la guerre que fait (ordinairement, dans le plus grand silence médiatique) l'armée israélienne aux populations civiles de Palestine, crée un potentiel conflictuel dangereux. La différence de perception des conflits du Proche-Orient, s'ajoute au gouffre économique qui se creuse entre les populations juives d'Europe dont la majorité vivait avant 1945 dans des conditions socio-économiques qui favorisaient les solidarités (par-delà les différences religieuses ou communautaires) et les populations d'origine étrangères qui subissent la crise économique de plein fouet : par exemple les taux de chômage qu'ils connaissent sont nettement supérieurs à la moyenne des taux du reste de la population. De leur côté, les tenants des idéologies racistes du passé trouveraient là un contexte favorable à la diffusion de leurs idées, avec l'espoir secret de les incarner dans une politique. Lorsque les «partis de gouvernement» font la démonstration de leur incapacité à trouver des solutions aux problèmes de l'économie et de la société, la porte est alors ouverte à tous les populistes et à tous les extrémismes. Tout cela explique sans doute (sans le justifier) les jacqueries explosives que connaissent ici ou là les banlieues à la suite du moindre incident ou de la mort d'un jeune «issu de l'immigration». Si on n'y prenait garde, ces réactions reflétant un sentiment victimaire, à tort ou à raison, partagé par toute une population maintenue en marge de la société, pourrait devenir son mode normal «d'expression politique». La sévérité des forces de l'ordre au service de la République gagnerait à s'exercer avec l'intelligence de l'anticipation et la finesse de l'analyse historique, sociologique, politique et économique, en évitant de confondre les causes et les conséquences. L'adage est connu : Punir, c'est bien. Prévenir c'est, mieux. La décision prise de refaire le procès Fofana, à la suite des pressions exercées sur le gouvernement français, crée un précédent fâcheux qui ne contribue pas à créer les conditions d'un retour au calme, mais recèle les germes de troubles futurs. Cela semble être aussi la position du syndicat de la magistrature qui fait part de sa préoccupation : «La justice c'est autre chose que la vengeance», a réagi sur RTL le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) après l'annonce de MAM, l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) la jugeant «inquiétante pour l'avenir». Assimiler la position des organisations juives, non à une quête d'équité, mais à une recherche de «vengeance», montre à quel point l'irritation à leur égard n'affecte pas seulement les banlieues. Au coeur de la société civile française, sourde une opposition plus fondamentale qui ne s'accommode pas d'une évolution politique récente plus ouvertement atlantiste et pro-israélienne. Si cette interprétation est exacte, le procès Fofana peut alors devenir plus que celui d'un «barbare».
vendredi 17 juillet 2009
mardi 14 juillet 2009
Le bouchon de liége refait surface
Farouk Kadoumi, Secrétaire Général du haut comité central de l’organisation de libération de la Palestine (OLP) a accusé Mahmoud Abbas, président palestinien, "de complicité avec les autorités israéliennes dans l’assassinat du défunt Yasser Arafat".Kadoumi a souligné lors d’une conférence de presse restreinte, organisée dimanche à Amman, que feu Yasser Arafat lui a confié avant sa mort un PV d’une réunion secrète ayant rassemblé Mahmoud Abbas, Mohamed Dahlane, ancien responsable de la sécurité préventive palestinienne, Ariel Sharon, ex-chef du gouvernement israélien, et des officiers des renseignements américains au cours de laquelle, il a été procédé à la planification de l’assassinat d’Arafat et d’autres leaders des factions palestiniennes.Selon une note de synthèse à laquelle Kadoumi a donné lecture, devant les journalistes, Sharon a dit à Abbas et Dahlane, "il faut œuvrer à assassiner tous les dirigeants militaires et politiques du mouvement Hamas, du Jihad islamique, du front populaire de libération de la Palestine, des brigades d’al-Aqsa, aile militaire du mouvement Fatah".Sharon a poursuivi, "le premier pas doit être l’assassinat d’Arafat par empoisonnement, je ne veux pas l’éloigner sauf si le pays qui l’accueillerait s’engage à l’assigner en résidence surveillée. Sinon Arafat va renouer avec la vie en avion", en allusion aux nombreux déplacements qu’effectuait l’ex-Président palestinien dans différents pays du monde.Et Abbas aurait répondu à Sharon, selon la même note, "si Arafat venait à mourir avant que l’on parvienne à avoir le contrôle de la terre, des institutions palestiniennes, du mouvement Fatah et des brigades d’al-Aqsa, l’on va se heurter à de grandes difficultés". Mahmoud Abbas aurait, par ailleurs, proposé "de faire aboutir les plans israéliens à travers Arafat en l’acculant à donner son accord pour la liquidation des dirigeants de la résistance palestinienne et à en assumer les conséquences".Dahlane aurait, à son tour, confié à Sharon, "nous avons procédé à la formation d’un appareil mixte de police et de sécurité préventive, dont l’effectif dépasse les 1800 personnes". Et de poursuivre : "nous avons mis l’ensemble des officiers et des appareils de sécurité devant des décisions difficiles, nous allons resserrer l’étau autour d’eux afin qu’ils se plient aux ordres, et nous tâcherons de limoger tout officier qui serait une pierre d’achoppement devant nous".Farouk Kadoumi a également distribué un communiqué aux journalistes, accusant Abbas "de despotisme dans ses agissements individuels, et d’usurpation des titres d’Arafat."Abbas demande qu’on l’appelle, selon ce communiqué, "guide de la révolution, puis Président de l’Etat palestinien en exil". Le communiqué a accusé Abbas "de coordination et de coopération avec Israël, à travers des rencontres cordiales avec l’ennemi israélien, au nom des négociations politiques, avec l’accord américain".Le communiqué révèle qu’Abbas a ordonné "l’arrestation d’ anciens militants pour les remplacer par de nouveaux agents de sécurité qui ont été entraînés sous la supervision du Général Dayton. Il a, également, mis à la retraite les personnalités chevronnées, qui ont une longue expérience, parmi les civils et les militaires".
dimanche 12 juillet 2009
faux semblants...
En 2008, un Allemand « d’origine russe » et de 28 ans, Alexander W., traite une jeune Égyptienne voilée, Marwa E., d’« islamiste, terroriste et traînée », parce qu’elle a (il est vrai) osé, aaaaah, l’impudente mahométane, lui demander, sur une aire de jeux, « une place sur la balançoire pour son fils de 2 ans ».
(On dira ce qu’on voudra : l’impertinence des musulman(e)s croît ces temps-ci jusqu’à des proportions effarantes.)
La jeune femme porte plainte.
(Son impudence, décidément, dépasse l’entendement.)
Alexander W. prend une amende - mais profite qu’il a de nouveau l’effrontée djihadiste à portée de voix pour lui « réitérer des propos racistes ».
Le gars est un peu vindicatif, et finalement, il y a huit jours, « dans un tribunal de Dresde », il assassine la plaignante à (dix-huit) grands coups de couteau.
Détail démesurément informatif : l’époux de la victime, « tentant de porter secours à sa femme, a été blessé par la balle d’un policier qui l’avait pris pour l’agresseur ».
(J’ai vu un Slave et un Arabe, et cette femme qui hurlait : d’après vous, est-ce que j’ai eu le choix ?)
En soi, déjà : c’est relativement édifiant - pour ce que ça nous apprend de l’époque.
Pour ce que ça nous confirme, devrais-je dire.
Mais ce qui, plus que tout, me ravit ?
C’est l’accroche du papier du Monde (où naquit naguère l’investigation moustachue) : « Marwa E. a-t-elle été victime d’une agression islamophobe ? »
(Le gars s’est pointé, il avait un PP-19, il a hurlé crevez, salopes, et blaaaaam, blaaaaam, blaaaaam, il s’est mis à tirer sur l’autocar de la chorale : est-ce qu’on peut supposer qu’il était vaguement psychopathe ?
N’est-ce pas (beaucoup) trop s’avancer ?)
Journaliste vespéral(e) de référence : un exigeant métier.
(On dira ce qu’on voudra : l’impertinence des musulman(e)s croît ces temps-ci jusqu’à des proportions effarantes.)
La jeune femme porte plainte.
(Son impudence, décidément, dépasse l’entendement.)
Alexander W. prend une amende - mais profite qu’il a de nouveau l’effrontée djihadiste à portée de voix pour lui « réitérer des propos racistes ».
Le gars est un peu vindicatif, et finalement, il y a huit jours, « dans un tribunal de Dresde », il assassine la plaignante à (dix-huit) grands coups de couteau.
Détail démesurément informatif : l’époux de la victime, « tentant de porter secours à sa femme, a été blessé par la balle d’un policier qui l’avait pris pour l’agresseur ».
(J’ai vu un Slave et un Arabe, et cette femme qui hurlait : d’après vous, est-ce que j’ai eu le choix ?)
En soi, déjà : c’est relativement édifiant - pour ce que ça nous apprend de l’époque.
Pour ce que ça nous confirme, devrais-je dire.
Mais ce qui, plus que tout, me ravit ?
C’est l’accroche du papier du Monde (où naquit naguère l’investigation moustachue) : « Marwa E. a-t-elle été victime d’une agression islamophobe ? »
(Le gars s’est pointé, il avait un PP-19, il a hurlé crevez, salopes, et blaaaaam, blaaaaam, blaaaaam, il s’est mis à tirer sur l’autocar de la chorale : est-ce qu’on peut supposer qu’il était vaguement psychopathe ?
N’est-ce pas (beaucoup) trop s’avancer ?)
Journaliste vespéral(e) de référence : un exigeant métier.
mardi 30 juin 2009
Justice universelle dites vous??
Espagne: la justice classe l'enquête sur Israël pour un bombardement à Gaza
MADRID - La justice espagnole a décidé mardi de classer une enquête pour "crimes contre l'humanité", ouverte en vertu du principe controversé de juridiction universelle, visant des responsables israéliens présumés d'un bombardement meurtrier à Gaza en 2002.
Cette enquête, ouverte en janvier 2009 et menée par le juge d'instruction Fernando Andreu, avait suscité la colère d'Israël et accentué le malaise causé en Espagne par le principe de juridiction universelle, qui permet aux juges espagnols d'enquêter sans limite sur les crimes de masse commis dans le monde.
"La section pénale de l'Audience nationale, réunie en session plénière, a décidé à une ample majorité" de suivre "le recours du parquet et de classer définitivement" le dossier, selon un communiqué de l'Audience nationale, principale instance pénale espagnole.
Elle se réunissait pour examiner l'appel du parquet après la décision début mai du juge de poursuivre son enquête après plusieurs rebondissements au motif qu'Israël n'aurait pas enquêté sur les faits instruits.
L'enquête se fonde sur une plainte du Centre palestinien pour les droits de l'Homme dénonçant une frappe aérienne israélienne qui avait tué un dirigeant du Hamas, Salah Chehadeh, et 14 civils palestiniens, le 22 juillet 2002. Environ 150 Palestiniens avaient été blessés pendant cette attaque.
La plainte visait l'ex-ministre israélien de la Défense Benjamin Ben-Eliezer et six hauts responsables militaires israéliens. L'enquête avait entraîné des tensions diplomatiques entre l'Espagne et Israël.
Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak avait réagi à l'annonce de l'ouverture de l'enquête le 29 janvier en déclarant qu'il ferait "tout" pour obtenir l'annulation de cette enquête "délirante".
Le ministre israélien des Affaires étrangères s'est félicité de la décision de l'Audience nationale.
Avigdor Lieberman "salue la décision de la haute cour espagnole de clore l'enquête contre des officiels israéliens (...) Israël affirme depuis le début que la procédure était une tentative politicienne d'abuser du système judiciaire espagnol", selon un communiqué.
"Nous espérons que cela va clore le dossier", a-t-il ajouté.
La décision de l'Audience nationale est susceptible d'un recours des plaignants devant le Tribunal suprême espagnol.
Le principe de juridiction universelle, adopté en 2005, a causé plusieurs embarras diplomatiques à l'Espagne, comme avec Israël, les Etats-Unis ou la Chine, et les députés ont voté jeudi à une écrasante majorité en faveur de la limitation de ce principe.
Les parlementaires souhaitent que désormais la justice espagnole ne soit compétente que dans le cas où il existe des victimes espagnoles ou que les responsables suspectés se trouvent en Espagne.
La Belgique avait abrogé en 2003 une loi de 1993 similaire à celle appliquée en Espagne, limitant la compétence des juges aux dossiers ayant "un lien de rattachement" avec la Belgique.
Interrogé lors d'une conférence de presse sur le fait de savoir s'il était soulagé par la décision, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a refusé de commenter la décision.
"Le gouvernement ne commente pas les décisions judiciaires (...), respectant totalement le pouvoir judiciaire", a-t-il déclaré
MADRID - La justice espagnole a décidé mardi de classer une enquête pour "crimes contre l'humanité", ouverte en vertu du principe controversé de juridiction universelle, visant des responsables israéliens présumés d'un bombardement meurtrier à Gaza en 2002.
Cette enquête, ouverte en janvier 2009 et menée par le juge d'instruction Fernando Andreu, avait suscité la colère d'Israël et accentué le malaise causé en Espagne par le principe de juridiction universelle, qui permet aux juges espagnols d'enquêter sans limite sur les crimes de masse commis dans le monde.
"La section pénale de l'Audience nationale, réunie en session plénière, a décidé à une ample majorité" de suivre "le recours du parquet et de classer définitivement" le dossier, selon un communiqué de l'Audience nationale, principale instance pénale espagnole.
Elle se réunissait pour examiner l'appel du parquet après la décision début mai du juge de poursuivre son enquête après plusieurs rebondissements au motif qu'Israël n'aurait pas enquêté sur les faits instruits.
L'enquête se fonde sur une plainte du Centre palestinien pour les droits de l'Homme dénonçant une frappe aérienne israélienne qui avait tué un dirigeant du Hamas, Salah Chehadeh, et 14 civils palestiniens, le 22 juillet 2002. Environ 150 Palestiniens avaient été blessés pendant cette attaque.
La plainte visait l'ex-ministre israélien de la Défense Benjamin Ben-Eliezer et six hauts responsables militaires israéliens. L'enquête avait entraîné des tensions diplomatiques entre l'Espagne et Israël.
Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak avait réagi à l'annonce de l'ouverture de l'enquête le 29 janvier en déclarant qu'il ferait "tout" pour obtenir l'annulation de cette enquête "délirante".
Le ministre israélien des Affaires étrangères s'est félicité de la décision de l'Audience nationale.
Avigdor Lieberman "salue la décision de la haute cour espagnole de clore l'enquête contre des officiels israéliens (...) Israël affirme depuis le début que la procédure était une tentative politicienne d'abuser du système judiciaire espagnol", selon un communiqué.
"Nous espérons que cela va clore le dossier", a-t-il ajouté.
La décision de l'Audience nationale est susceptible d'un recours des plaignants devant le Tribunal suprême espagnol.
Le principe de juridiction universelle, adopté en 2005, a causé plusieurs embarras diplomatiques à l'Espagne, comme avec Israël, les Etats-Unis ou la Chine, et les députés ont voté jeudi à une écrasante majorité en faveur de la limitation de ce principe.
Les parlementaires souhaitent que désormais la justice espagnole ne soit compétente que dans le cas où il existe des victimes espagnoles ou que les responsables suspectés se trouvent en Espagne.
La Belgique avait abrogé en 2003 une loi de 1993 similaire à celle appliquée en Espagne, limitant la compétence des juges aux dossiers ayant "un lien de rattachement" avec la Belgique.
Interrogé lors d'une conférence de presse sur le fait de savoir s'il était soulagé par la décision, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a refusé de commenter la décision.
"Le gouvernement ne commente pas les décisions judiciaires (...), respectant totalement le pouvoir judiciaire", a-t-il déclaré
mercredi 24 juin 2009
mercredi 27 mai 2009
Mieux que l'Apartheid
Le parti ultranationaliste du ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a déposé un projet de loi pour imposer aux Israéliens de prêter serment à l’Etat hébreu. Dimanche (23 mai) , le cabinet israélien avait déjà entériné un autre projet de loi qui vise à interdire aux Arabes israéliens toute commémoration de la Nakba (la catastrophe que fut pour les Arabes d’Israël la création de l’Etat hébreu en 1948). Ces deux projets de loi, qui visent les populations arabes israéliennes et palestiniennes, suscitent des remous.
Pour obtenir des papiers d’identité, ouvrir un compte bancaire ou encore obtenir un permis de conduire, chaque Israélien devra d’abord « jurer loyauté à l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif, sioniste et démocratique, et devra s’engager à servir l’Etat », notamment dans le cadre du service militaire. Tels sont les termes du projet de loi qui met en émoi une partie du pays, car 20% de la population israélienne est arabe et de plus, traditionnellement exemptée de servir dans l’armée.
Le parti ultranationaliste Israël Beiteinou, qui avait placé ce thème au coeur de sa campagne électorale, est aussi à l’origine d’un autre projet de loi controversé visant à interdire toute commémoration de la Nakba.
Lorsque l’Etat d’Israël célèbre le jour de l’Indépendance, au lieu de faire des barbecues dans les parcs comme la plupart des Israéliens, ce jour-là les Palestiniens et les Arabes israéliens commémorent la Nakba - c’est-à-dire la catastrophe que fut pour eux la création de l’Etat hébreu - en défilant dans les villages arabes détruits en 1948.
Si le projet de loi est adopté, les participants à ce genre de manifestation pourront être condamnés à trois ans de prison. Des ministres travaillistes, des députés arabes et la principale association des droits de l’homme israélienne dénoncent une dangereuse dégradation du droit d’expression, voire « un projet de loi fasciste qui viole les principes démocratiques ».
Pour obtenir des papiers d’identité, ouvrir un compte bancaire ou encore obtenir un permis de conduire, chaque Israélien devra d’abord « jurer loyauté à l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif, sioniste et démocratique, et devra s’engager à servir l’Etat », notamment dans le cadre du service militaire. Tels sont les termes du projet de loi qui met en émoi une partie du pays, car 20% de la population israélienne est arabe et de plus, traditionnellement exemptée de servir dans l’armée.
Le parti ultranationaliste Israël Beiteinou, qui avait placé ce thème au coeur de sa campagne électorale, est aussi à l’origine d’un autre projet de loi controversé visant à interdire toute commémoration de la Nakba.
Lorsque l’Etat d’Israël célèbre le jour de l’Indépendance, au lieu de faire des barbecues dans les parcs comme la plupart des Israéliens, ce jour-là les Palestiniens et les Arabes israéliens commémorent la Nakba - c’est-à-dire la catastrophe que fut pour eux la création de l’Etat hébreu - en défilant dans les villages arabes détruits en 1948.
Si le projet de loi est adopté, les participants à ce genre de manifestation pourront être condamnés à trois ans de prison. Des ministres travaillistes, des députés arabes et la principale association des droits de l’homme israélienne dénoncent une dangereuse dégradation du droit d’expression, voire « un projet de loi fasciste qui viole les principes démocratiques ».
vendredi 15 mai 2009
Epouvantails...
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a estimé jeudi qu'il y a une identité de vue entre le monde arabe et Israël sur les dangers que fait planer l'Iran sur la région."Phénomène nouveau""Nous avons une identité de vue avec le monde arabe sur ce que nous pensons du danger iranien. C'est un phénomène nouveau qui permet de songer à la coopération", a déclaré M. Netanyahu, dans des propos diffusés par la radio publique israélienne. Israël accuse l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément.M. Netanyahu a d'autre part évoqué à la radio sa rencontre ce jour en Jordanie avec le souverain hachémite Abdallah II, la qualifiant d'"excellente"."Des partenaires importants""J'ai réservé mes premiers voyages à l'étranger à l'Egypte et la Jordanie, des partenaires très importants, avec lesquels nous entretenons des relations stables, et dans la foulée de ces rencontres, j'irai à Washington", où il doit être reçu lundi à la Maison-Blanche par le président Barack Obama, a-t-il poursuivi
dimanche 10 mai 2009
Rahm Emanuel...
Rahm Emanuel, représentant de l’Illinois est devenu le secrétaire général de la Maison-Blanche, Ce parlementaire, âgé de 48 ans, a réfléchi à l’offre du futur président américain pendant plus de vingt-quatre heures. Il redoutait l’impact de cette nomination sur sa famille et ses trois jeunes enfants. Toutefois, à en croire certains journalistes, ce proche du 44e président des Etats-Unis convoitait, avant cette proposition prestigieuse, la place de Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, et aurait plutôt hésité entre les deux positions. Tous deux élus de l’Illinois, Rahm Emanuel et Barack Obama fréquentaient les mêmes cercles politiques à Chicago. Les deux hommes se sont rapprochés lorsque Barack Obama est arrivé à Washington, en 2004, après avoir été élu sénateur.
(...)
Rahm Emmanuel connaît bien la Maison-Blanche : il y a travaillé en tant que conseiller politique sous l’administration Clinton, de 1993 à 1998. Le diplômé en communication, qui commença sa carrière, à la fin des années 80, auprès du maire de Chicago, a croisé le chemin de Bill Clinton à la fin 1991. Emanuel devient son collecteur de fond. Terriblement efficace il y gagne le surnom de “Rhambo”, il récolte la somme record — à l’époque — de 72 millions de dollars. Ce trésor de guerre permet à Bill Clinton de balayer ses adversaires à la primaire démocrate et de survivre aux scandales qui éclatent lors de sa campagne de 1992. “Nous n’aurions jamais rien pu accomplir sans lui”, déclara le 42e président américain. A la Maison-Blanche, Rahm Emanuel soigne l’image de son mentor. Il se montre ainsi très directif vis-à-vis de Tony Blair, qui doit tenir une conférence de presse au coté de Bill Clinton, alors empêtré en plein scandale Lewinsky : “ne foirez pas cette apparition, c’est important”, lui lance-t-il, comptant redorer avec cette apparition “politique et sérieuse” le blason de Clinton.
A la fin de l’ère Clinton, Rahm Emanuel quitte brièvement la politique et se reconvertit dans la banque. Ses trois ans en tant que manager à la Dresner Kleinwort lui rapporteront plus de 16 millions de dollars. Cet intermède banquier s’achève en 2002 lorsqu’Emanuel se présente à la Chambre des représentants. Ayant siégé quelque temps, au conseil d’administration de l’organisme de prêts Freddie Mac, le parlementaire a toujours refusé de voter toute législation pouvant concerner son ancien employeur.
Rahm Emmanuel est, malgré lui, une figure du petit écran américain : il a inspiré dans la série “A la Maison-Blanche” le personnage de Josh Lyman. Ironiquement son frère, Ari, un célèbre agent de stars de Los Angeles, a lui servi de modèle pour créer Ari Gold, le héros de la comédie “Entourage”. Rahm Emanuel est à l’origine d’une des images les plus célèbres de la présidence Clinton. Il a supervisé, jusqu’à la chorégraphie, la poignée de mains historique entre Rabin et Arafat lors de la signature, en 1993, des accords de paix d’Oslo.
Le Proche-Orient tient une place cruciale dans le cœur du représentant de l’Illinois. Son père, Binyamin Emanuel, un pédiatre, est né en Israël et a émigré avec sa famille aux Etats-Unis dans les années 60. Peu avant la première guerre du Golfe, en 1991, Rahm Emanuel s’est porté volontaire, en tant que mécanicien, auprès d’un bureau de recrutement de Tsahal. Durant deux mois, il a réparé des blindés près de la frontière libanaise. Très pieux, il a tenu à obtenir, lors de l’examen du plan Paulson, une dispense de son rabbin pour pouvoir travailler en pleines fêtes du nouvel an juif de Rosh Hashana.
Sa nomination a suscité l’enthousiasme de journaux israéliens. Maarivle présente comme “notre homme à la Maison Blanche”. “Il va influer sur le président pour qu’il soit pro-israélien. Peut-il laisser sa conscience hors de la Maison-Blanche ?”, a affirmé Binyamin Emanuel au quotidien. »
Sur le site Bakchich.info, un article du 5 novembre, « “Rahm-bo” futur dir’cab de Barack Obama » par Doug Ireland, évoque également cette nomination.
« Son style et ses prises de positions guerrières en politique ont valu à Emmanuel le sobriquet de “Rahm-bo”. Décrit par le quotidien Chicago SunTimes comme “mordant, impitoyable, froid, arrogant et manipulateur”, Rahm Emmanuel est le fils d’un immigré israélien. Son père était un vétéran de l’Irgoun, la milice extrémiste israélienne du fascisant Vladimir Jabotinsky avant l’Indépendance de l’Etat hébreu. A son tour, “Rahm-bo” a toujours été un féroce supporter d’Israël et ne porte guère les Palestiniens dans son coeur. Lors de la première guerre avec l’Irak, en 1991, il est même retourné en Israël pour servir comme volontaire civil au sein de Tsahal.
Il a gagné ses galons en politique électorale en devenant un spécialiste des campagnes négatives. N’hésitant pas, par exemple, dans les années 80, à faire battre un républicain modéré du Congrès favorable à un Etat palestinien en faisant circuler une photo truquée de lui le montrant en compagnie de Yasser Arafat. »
En revanche, la Serbie se félicite de cette nomination. Selon une dépêche de l’AFP en provenance de Belgrade. « Presse et analystes saluaient vendredi à Belgrade la nomination par le président élu Barack Obama de Rahm Emanuel comme secrétaire général de la Maison Blanche, relevant qu’il co-préside au Congrès la commission en charge des relations avec la Serbie. “De bonnes nouvelles en provenance de Washington : un lobbyiste de la Serbie à la tête du cabinet d’Obama”, titrait même le quotidien populaire Pressen première page. Plusieurs autres journaux serbes se félicitaient de cette nomination. Rahm Emanuel co-préside la commission du Congrès (caucus) sur la Serbie, qui rassemble des parlementaires démocrates et républicains chargés de développer les relations entre les Etats-Unis et la Serbie. Il est à la tête de cette commission depuis septembre 2004. »
(...)
Rahm Emmanuel connaît bien la Maison-Blanche : il y a travaillé en tant que conseiller politique sous l’administration Clinton, de 1993 à 1998. Le diplômé en communication, qui commença sa carrière, à la fin des années 80, auprès du maire de Chicago, a croisé le chemin de Bill Clinton à la fin 1991. Emanuel devient son collecteur de fond. Terriblement efficace il y gagne le surnom de “Rhambo”, il récolte la somme record — à l’époque — de 72 millions de dollars. Ce trésor de guerre permet à Bill Clinton de balayer ses adversaires à la primaire démocrate et de survivre aux scandales qui éclatent lors de sa campagne de 1992. “Nous n’aurions jamais rien pu accomplir sans lui”, déclara le 42e président américain. A la Maison-Blanche, Rahm Emanuel soigne l’image de son mentor. Il se montre ainsi très directif vis-à-vis de Tony Blair, qui doit tenir une conférence de presse au coté de Bill Clinton, alors empêtré en plein scandale Lewinsky : “ne foirez pas cette apparition, c’est important”, lui lance-t-il, comptant redorer avec cette apparition “politique et sérieuse” le blason de Clinton.
A la fin de l’ère Clinton, Rahm Emanuel quitte brièvement la politique et se reconvertit dans la banque. Ses trois ans en tant que manager à la Dresner Kleinwort lui rapporteront plus de 16 millions de dollars. Cet intermède banquier s’achève en 2002 lorsqu’Emanuel se présente à la Chambre des représentants. Ayant siégé quelque temps, au conseil d’administration de l’organisme de prêts Freddie Mac, le parlementaire a toujours refusé de voter toute législation pouvant concerner son ancien employeur.
Rahm Emmanuel est, malgré lui, une figure du petit écran américain : il a inspiré dans la série “A la Maison-Blanche” le personnage de Josh Lyman. Ironiquement son frère, Ari, un célèbre agent de stars de Los Angeles, a lui servi de modèle pour créer Ari Gold, le héros de la comédie “Entourage”. Rahm Emanuel est à l’origine d’une des images les plus célèbres de la présidence Clinton. Il a supervisé, jusqu’à la chorégraphie, la poignée de mains historique entre Rabin et Arafat lors de la signature, en 1993, des accords de paix d’Oslo.
Le Proche-Orient tient une place cruciale dans le cœur du représentant de l’Illinois. Son père, Binyamin Emanuel, un pédiatre, est né en Israël et a émigré avec sa famille aux Etats-Unis dans les années 60. Peu avant la première guerre du Golfe, en 1991, Rahm Emanuel s’est porté volontaire, en tant que mécanicien, auprès d’un bureau de recrutement de Tsahal. Durant deux mois, il a réparé des blindés près de la frontière libanaise. Très pieux, il a tenu à obtenir, lors de l’examen du plan Paulson, une dispense de son rabbin pour pouvoir travailler en pleines fêtes du nouvel an juif de Rosh Hashana.
Sa nomination a suscité l’enthousiasme de journaux israéliens. Maarivle présente comme “notre homme à la Maison Blanche”. “Il va influer sur le président pour qu’il soit pro-israélien. Peut-il laisser sa conscience hors de la Maison-Blanche ?”, a affirmé Binyamin Emanuel au quotidien. »
Sur le site Bakchich.info, un article du 5 novembre, « “Rahm-bo” futur dir’cab de Barack Obama » par Doug Ireland, évoque également cette nomination.
« Son style et ses prises de positions guerrières en politique ont valu à Emmanuel le sobriquet de “Rahm-bo”. Décrit par le quotidien Chicago SunTimes comme “mordant, impitoyable, froid, arrogant et manipulateur”, Rahm Emmanuel est le fils d’un immigré israélien. Son père était un vétéran de l’Irgoun, la milice extrémiste israélienne du fascisant Vladimir Jabotinsky avant l’Indépendance de l’Etat hébreu. A son tour, “Rahm-bo” a toujours été un féroce supporter d’Israël et ne porte guère les Palestiniens dans son coeur. Lors de la première guerre avec l’Irak, en 1991, il est même retourné en Israël pour servir comme volontaire civil au sein de Tsahal.
Il a gagné ses galons en politique électorale en devenant un spécialiste des campagnes négatives. N’hésitant pas, par exemple, dans les années 80, à faire battre un républicain modéré du Congrès favorable à un Etat palestinien en faisant circuler une photo truquée de lui le montrant en compagnie de Yasser Arafat. »
En revanche, la Serbie se félicite de cette nomination. Selon une dépêche de l’AFP en provenance de Belgrade. « Presse et analystes saluaient vendredi à Belgrade la nomination par le président élu Barack Obama de Rahm Emanuel comme secrétaire général de la Maison Blanche, relevant qu’il co-préside au Congrès la commission en charge des relations avec la Serbie. “De bonnes nouvelles en provenance de Washington : un lobbyiste de la Serbie à la tête du cabinet d’Obama”, titrait même le quotidien populaire Pressen première page. Plusieurs autres journaux serbes se félicitaient de cette nomination. Rahm Emanuel co-préside la commission du Congrès (caucus) sur la Serbie, qui rassemble des parlementaires démocrates et républicains chargés de développer les relations entre les Etats-Unis et la Serbie. Il est à la tête de cette commission depuis septembre 2004. »
samedi 9 mai 2009
Savez vous que...
****** Ariel sharone est toujour de ce monde...
* L'assemblée francaise a voté une loi qui reconnait le "Génocide arménien de ...1914/1918....
*** Que cette auguste assemblée a par contre fait l'apologie des crimes commis par le colonialisme français sous le doux paradigme de " bienfaits du colonialisme"
* le ministre géorgien de la défonce est de nationalité israélienne ???
***George Galloway, député britanique est interdit de séjour au Canada pour avoir témoigné sa salidarité avec les ghazaoui qui subissent le plus ignoble des embargos aprés la sauvage agréssion de décembre08/Janvier09...
**Rahm Emanuel, secretaire général à la maison blanche version Obama est un israélien ultra sioniste
***Liberman, ministre des affaires étrangeres d'israél est un ex videur de bar moldave?????????????
***Abdullah Odjalan, leader du PKK turc fut arrété au Kenya grace au Mossad...
***Ingrid Betancourt fut libérée grace au Mossad...
A SUIVRE...
* L'assemblée francaise a voté une loi qui reconnait le "Génocide arménien de ...1914/1918....
*** Que cette auguste assemblée a par contre fait l'apologie des crimes commis par le colonialisme français sous le doux paradigme de " bienfaits du colonialisme"
* le ministre géorgien de la défonce est de nationalité israélienne ???
***George Galloway, député britanique est interdit de séjour au Canada pour avoir témoigné sa salidarité avec les ghazaoui qui subissent le plus ignoble des embargos aprés la sauvage agréssion de décembre08/Janvier09...
**Rahm Emanuel, secretaire général à la maison blanche version Obama est un israélien ultra sioniste
***Liberman, ministre des affaires étrangeres d'israél est un ex videur de bar moldave?????????????
***Abdullah Odjalan, leader du PKK turc fut arrété au Kenya grace au Mossad...
***Ingrid Betancourt fut libérée grace au Mossad...
A SUIVRE...
vendredi 8 mai 2009
Volte face onusien
Un rapport d'enquête de l'ONU, partiellement publié mardi 5 mai, tient le gouvernement israélien pour "responsable" de la mort de dizaines de civils qui, durant la guerre à Gaza, en janvier, avaient trouvé refuge dans des écoles et un dispensaire des Nations unies. Contredisant les arguments avancés par Israël pour justifier ces frappes, le document affirme "qu'aucune activité militaire n'a été menée depuis les enceintes de l'ONU" par le Hamas ou d'autres groupes palestiniens.
Israël a immédiatement rejeté ces conclusions, jugées "partiales", accusant le Hamas d'avoir "intimidé" les habitants de Gaza et ainsi "dupé les enquêteurs, l'ONU et l'opinion publique".
Commandé par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le rapport revient sur l'attaque du 6 janvier, à proximité immédiate de l'école de l'Unrwa (agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens), à Jabaliya, qui avait fait entre 30 et 40 morts. Contrairement à ce qu'avaient affirmé les autorités israéliennes, il n'y a eu, selon les enquêteurs, "aucun tir" de mortier par le Hamas depuis l'enceinte de l'école, ni "aucun explosif" stocké sur place.
La commission, dont le mandat se limitait aux pertes occasionnées dans les enceintes de l'ONU, n'a pas pu "conclure" si des mortiers avaient tiré contre Tsahal depuis "les alentours" de l'école. Elle précise toutefois que "la majorité" des témoignages indique que "cela n'a pas été le cas". Les coordonnées GPS de l'établissement avaient par ailleurs été communiquées à l'armée israélienne.
Evoquant l'attaque du 17 janvier contre l'école de Beit Lahia, également gérée par l'Unrwa, et où deux enfants âgés de 5 et 7 ans avaient péri, les enquêteurs estiment que le tir par Tsahal de "projectiles contenant du phosphore blanc" (une substance incendiaire) "s'apparentait à un mépris irresponsable pour les vies et la sécurité de ceux qui avaient trouvé refuge dans l'école".
DÉDOMMAGEMENTS
Au total, la commission "a conclu que le gouvernement israélien (était) responsable des morts et blessures occasionnés dans les enceintes de l'ONU" dans six des neuf incidents étudiés, y compris l'incendie des entrepôts du siège de l'organisation à Gaza, le 15 janvier.
Seuls les dommages occasionnés à un hangar du Programme alimentaire mondial (PAM) sont attribués à "une faction palestinienne, probablement le Hamas". L'utilisation par les militants palestiniens de roquettes artisanales révèle, précise le rapport, une "intention de causer des pertes humaines civiles".
Le rapport recommande à l'ONU d'exiger qu'Israël rétablisse la vérité, en reconnaissant que le Hamas n'a pas opéré depuis les enceintes de l'ONU. Il préconise que l'Etat juif paye des dédommagements (estimés à plus de 8 millions d'euros). Ban Ki-moon a toutefois rejeté les recommandations visant à établir une commission au mandat élargi pour, notamment, enquêter sur l'utilisation par l'armée israélienne de munitions au phosphore blanc, prohibées dans les zones densément peuplées...
Israël a immédiatement rejeté ces conclusions, jugées "partiales", accusant le Hamas d'avoir "intimidé" les habitants de Gaza et ainsi "dupé les enquêteurs, l'ONU et l'opinion publique".
Commandé par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le rapport revient sur l'attaque du 6 janvier, à proximité immédiate de l'école de l'Unrwa (agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens), à Jabaliya, qui avait fait entre 30 et 40 morts. Contrairement à ce qu'avaient affirmé les autorités israéliennes, il n'y a eu, selon les enquêteurs, "aucun tir" de mortier par le Hamas depuis l'enceinte de l'école, ni "aucun explosif" stocké sur place.
La commission, dont le mandat se limitait aux pertes occasionnées dans les enceintes de l'ONU, n'a pas pu "conclure" si des mortiers avaient tiré contre Tsahal depuis "les alentours" de l'école. Elle précise toutefois que "la majorité" des témoignages indique que "cela n'a pas été le cas". Les coordonnées GPS de l'établissement avaient par ailleurs été communiquées à l'armée israélienne.
Evoquant l'attaque du 17 janvier contre l'école de Beit Lahia, également gérée par l'Unrwa, et où deux enfants âgés de 5 et 7 ans avaient péri, les enquêteurs estiment que le tir par Tsahal de "projectiles contenant du phosphore blanc" (une substance incendiaire) "s'apparentait à un mépris irresponsable pour les vies et la sécurité de ceux qui avaient trouvé refuge dans l'école".
DÉDOMMAGEMENTS
Au total, la commission "a conclu que le gouvernement israélien (était) responsable des morts et blessures occasionnés dans les enceintes de l'ONU" dans six des neuf incidents étudiés, y compris l'incendie des entrepôts du siège de l'organisation à Gaza, le 15 janvier.
Seuls les dommages occasionnés à un hangar du Programme alimentaire mondial (PAM) sont attribués à "une faction palestinienne, probablement le Hamas". L'utilisation par les militants palestiniens de roquettes artisanales révèle, précise le rapport, une "intention de causer des pertes humaines civiles".
Le rapport recommande à l'ONU d'exiger qu'Israël rétablisse la vérité, en reconnaissant que le Hamas n'a pas opéré depuis les enceintes de l'ONU. Il préconise que l'Etat juif paye des dédommagements (estimés à plus de 8 millions d'euros). Ban Ki-moon a toutefois rejeté les recommandations visant à établir une commission au mandat élargi pour, notamment, enquêter sur l'utilisation par l'armée israélienne de munitions au phosphore blanc, prohibées dans les zones densément peuplées...
mardi 14 avril 2009
La grande conspiration wahabo-israélienne
Des dirigeants arabes, parmi lesquels le roi d'Arabie saoudite, et le président israélien, ont participé ensemble à un dîner mardi soir aux Nations unies, un événement rare destiné à promouvoir la compréhension mutuelle.Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon accueillait mardi ces dirigeants qui sont pour deux jours à New York pour une conférence destinée à favoriser un dialogue sur les religions, la culture et les valeurs communes, à partir de ce mercredi.Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a demandé la tenue de cette conférence pour faire suite à une rencontre inter confessionnelle organisée par le roi d'Espagne Juan Carlos à Madrid en juillet dernier."Il est assez unique d'attendre le président Peres d'Israël et plusieurs rois et dirigeants du monde arabe ensembles à dîner" a souligné Ban Ki-moon. Plusieurs pays arabes dont l'Arabie saoudite n'entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël.Le secrétaire général des Nations unies a refusé de révéler le plan de table de ce dîner de 40 personnes. Faire s'asseoir à la même table ces dirigeants est très important et il n'y a pas eu de précédent, a souligné M. Ban. "J'espère sincèrement qu'en participant à ces rencontres, et par les liens sociaux et diplomatiques, ils pourront approfondir la compréhension".La réunion associe les rois d'Arabie saoudite et de Jordanie, les émirs du Koweït et du Bahreïn, les présidents des Etats-Unis, d'Israël, du Pakistan et du Liban, les premiers ministres du Qatar, du Maroc et des Emirats arabes unis, de Djibouti et d'Egypte, les dirigeants britanniques et finlandais. sources APQuestion : D'où vient "L’enthousiasme israélien soudain pour l’initiative de paix saoudienne" ?Anticipant une perte d’influence au niveau international, l’état sioniste chercherait-il à monter une coalition anti-iranienne avec certains pays arabes, s’interroge Abdul-Bâri Atwân ?Soudain, six ans après son lancement, les principales directions israéliennes se pressent pour saluer l’initiative de paix saoudienne. Voilà qu’Ehud Barak, le ministre de défense, déclare que les dirigeants israéliens étudient cette initiative et réfléchissent sur comment y répondre. Quant à Shimon Perez, il s’active pour établir des négociations avec le monde arabe dans sa totalité pour arriver à un traité de paix globale. Le journal Maariv le cite en déclarant que « c’est une erreur de commencer des négociations séparées avec la Syrie et d’autres avec les Palestiniens. Israël doit s’arrêter de mener des négociations bilatérales, et il doit s’orienter vers un accord de paix régional avec les états arabes et leur ligue ».C’est un changement majeur dans la position israélienne si on se limite aux apparences, car le gouvernement israélien actuel, comme tous les gouvernements précédents, a toujours fait traîner sa réponse à cette initiative, et demandé aux Arabes de normaliser en premier avant toute discussion sérieuse à ce sujet. Il est même allé bien plus loin en demandant aux chefs arabes, dont particulièrement le roi Abdullah Ben Abdel-Aziz, de venir en Jérusalem occupée pour présenter l’initiative devant la Knesset (le parlement israélien), à l’instar du feu président Mohammad Anwar Assadat.Nous sommes maintenant devant une nouvelle recette de cuisine pour laquelle on se prépare d’une manière accélérée, à commencer par la visite qu’effectuera le président israélien Shimon Pérez à Sharm Al-Sheikh ce jeudi (23 octobre, Ndt) pour rencontrer son homologue égyptien Hosni Moubarak « le parrain de la paix » et le chef de l’axe des états arabes modérés, qui contient son pays en plus des six états du Golfe et la Jordanie.La question posée est de savoir quelles sont les raisons de ce soudain enthousiasme israélien pour une initiative de paix saoudienne, qui n’a rencontré que mépris et tergiversation de la part d’Israël pendant les six dernières années, en plus des nouvelles constructions de colonies en Cisjordanie et aux alentours de Jérusalem occupée, et puis du culot pour installer une synagogue juive aux esplanades d’al-Haram al-Sharif.Il y a plusieurs raisons, certaines sont dictées par les changements internationaux et régionaux du moment, et quelques autres, et elles sont les plus importantes, concernent des ambitions stratégiques futures. Commençons par la première partie de ces raisons :Premièrement : La direction israélienne est consciente qu’elle est à deux semaines des élections présidentielles et législatives à mi-parcours aux Etats-Unis. Un nouveau président sera élu, et il y a de forte chance que ce soit Barack Obama, ce qui signifie la fin de l’époque des néoconservateurs, dont la plupart sont des juifs pro-israéliens, et le départ de l’administration du président George Bush qui est considéré comme le président EU le plus proche de l’état hébreu et le plus docile pour servir ses intérêts.Deuxièmement : La crise financière actuelle a affaibli le lobby pro-israélien qui utilise l’argent comme une arme politique pour dominer les gouvernements occidentaux. De plus, le capitalisme occidental dans sa forme actuelle a subi un coup fracassant, et cette crise a créé une faille qui s’élargit jour après jour entre les Etats-Unis, déjà soupçonnées sur les conditions de leur naissance, et les états occidentaux et européens.Troisièmement : Il y a une certitude qui prédomine dans différents milieux EU et européens que la guerre sur le terrorisme lancée par Washington contre l’Irak et l’Afghanistan durant les sept années passées, et qui a coûté à la trésorerie EU une somme de 750 milliards de dollars jusqu’à maintenant, est l’une des plus importantes raisons qui ont conduit à l’écroulement économique du monde capitaliste, en faveur de nouvelles grandes puissances non occidentales qui émergent comme la Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil.Quatrièmement : Israël est conscient que les guerres EU en Afghanistan et en Irak sont complètement perdantes, et vont conduire à une grande défaite de l’Occident, à l’instar de la défaite de l’Union Soviétique il y a une vingtaine d’années. Cette défaite imminente entrainera un changement dans les équations stratégiques internationales, car elle apporte la preuve sur la force de la guerre de guérilla et des milices armées, et de leur capacité à faire la différence sur le terrain, et sur l’échec des armées classiques à atteindre ce même objectif en face de cette force.Cinquièmement : La guerre de juillet 2006 au Liban a démontré la fausseté de la théorie de la supériorité militaire israélienne devant des forces de foi non classiques, et la fin du rôle de la suprématie aérienne pour gagner la guerre, devant l’évolution qualitative des capacités des missiles en face.Sixièmement : Les Arabes, notamment ceux du Golfe, possèdent des cartes stratégiques majeures qui auront une influence internationale si elles sont utilisées intelligemment. Les plus importantes sont l’arme du pétrole qui regagne son efficacité précédente, et la possession des fortunes immenses des recettes pétrolières, actuellement estimées à un trillion de dollars par an, et ceci sans prendre en compte les autres revenus du gaz, des minéraux et des industries et produits agricoles.***Avec notre respect et considération de l’importance des toutes ces raisons et facteurs précédents, et de leur rôle à induire un changement dans la réflexion israélienne, nous ajoutons une raison qui semble bien plus importante, et qu’on peut résumer en l’existence d’une tendance arabe grandissante pour former une coalition arabe-sunnite en face de l’Iran chiite et d’autres membres dans son axe comme la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. L’objectif de cette coalition serait de neutraliser l’Iran sur le plan nucléaire, que ce soit en créant un front militaire uni pour détruire ses programmes ambitieux à ce sujet, ou bien en encourageant des mouvements de rébellion intérieurs par les minorités sunnites, arabes et non perses en général, et ceci en s’inspirant de l’expérience de l’encerclement de l’Irak avant que son régime arabe ne soit balayé.Il y a plusieurs indicateurs qui soutiennent cette réflexion et qui commencent à émerger tout récemment. Nous pouvons les résumer en ces points :Premièrement : L’appel du ministre des affaires étrangère du Bahreïn, le cheikh Khaled Âl Khalifah, à créer une coalition régionale incluant Israël, la Turquie, l’Iran et les Arabes, pour traiter les problèmes courants de la région, à l’instar de l’Union Européenne.Deuxièmement : Pour la première fois une rencontre publique israélo-saoudien a eu lieu à Oxford en Angleterre à l’invitation du groupe d’Oxford. La partie israélienne a été représentée par le général Dan Rothschild, l’ex-coordinateur de la colonisation en Cisjordanie, et du côté saoudien a participé le prince Turki al-Fayçal, l’ex-directeur des services des renseignements saoudiens et l’ex-ambassadeur de son pays à Washington et à Londres.Troisièmement : La multiplication des avis religieux exprimés par des honorables savants sunnites comme le cheik Youssof al-Qaradawi, Salman al-Odeh, et Mohsen al-Awwaji et bien d’autres, qui mettent en garde contre l’école chiite et l’accusent de prosélytisme envers les sunnites dans les pays arabes. Ceci en plus de centaines de millions de dollars investis pour financer des chaînes de télévisions, des journaux et des sites électroniques pour mobiliser les sunnites contre l’Iran et les chiites.Ce que nous voulons dire c’est que l’administration EU a clairement dit à ses alliés arabes qu’ils ne feraient pas la guerre contre l’Iran pour les débarrasser de son régime et de ses programmes nucléaires, comme ils l’ont fait contre Saddam Hussein en Irak et contre le gouvernement des Talibans en Afghanistan, et qu’ils (les Arabes, Ndt) doivent compter sur Israël pour atteindre cet objectif, étant donné que l’Iran est l’ennemi des deux camps.L’entrée dans une coalition avec Israël contre un état musulman a besoin d’une « feuille de figuier », exactement de la même manière que lorsque les Arabes sont entrés en coalition militaire avec les Etats-Unis contre l’Irak, l’état arabe musulman. Cette feuille de figuier est l’accomplissement de la paix entre les Arabes et les Israéliens. C’est ce qu’a fait George Bush père avant sa destruction de l’Irak en 1991 sous le titre de « libération du Koweït », et c’est ce qu’a refait son fils en promettant de créer un état palestinien avant 2005 afin de terminer ce qu’avait commencé son père, c.-à-d. l’occupation de l’Irak.Nous sommes devant une nouvelle tromperie qui pourrait s’avérer bien plus dangereuse que toutes les précédentes tromperies. Car elle va fonder un nouveau pacte dont Israël sera le président, un pacte qui va diviser les Musulmans sur des critères sectaires, et qui va allumer une guerre entre les Arabes et le Iraniens. Une guerre qui pourrait finir par anéantir ou affaiblir les deux côtés, ce qui aboutirait au renforcement d’Israël et à sa domination complète sur la région, après qu’il ait compris que l’Occident commençait à se rendre compte quelle lourde charge cet état représentait pour lui, sur tous les plans sécuritaire, politique et économique.Abdul-Bâri Atwân dimanche 26 octobre 2008
dimanche 22 mars 2009
Okampo, ou est tu??
Israël aurait violé les lois de la guerre
Ces témoignages sont d'autant plus troublants qu'ils viennent conforter les accusations des Palestiniens et des organisations de défense des droits de l'Homme, selon lesquelles Israël aurait violé les lois de la guerre à Gaza.
Ces témoignages ont été publiés dans la lettre d'information en ligne d'une école militaire, transmise aux journaux israéliens Haaretz et Maariv, qui en ont publié des extraits jeudi et vendredi, et que l'agence de presse américaine Associated Press a obtenus dans leur intégralité.
Le directeur de l'institut militaire, Danny Zamir, a qualifié la discussion entre soldats "d'instructive", mais également "consternante et déprimante": "vous êtes en train de décrire une armée avec des normes très basses".
L'un des soldats décrit comment une Palestinienne et ses deux enfants ont été tués, atteints par un sniper, pour avoir mal compris ce qu'un soldat israélien leur ordonnait et pris le mauvais chemin: le tireur embusqué n'avait pas été informé que les civils avaient reçu l'autorisation de sortir de la maison qu'il surveillait, et a donc ouvert le feu quand il les a vus approcher.
Une vieille femme abattue
Un autre raconte la mort d'une vieille femme, abattue alors qu'elle marchait sur la route et qu'il n'était pas clair qu'elle constitue un danger. "J'ai simplement eu l'impression que c'était un meurtre de sang froid", raconte le soldat identifié uniquement sous le nom d'"Aviv".
Et "Aviv" de raconter également comment sa propre unité a reçu ordre d'investir une maison par la force et de tirer à vue sur toute personne s'y trouvant. "J'appelle ça meurtre", a estimé le soldat. "En haut, ils disaient que c'était autorisé, parce que quiconque restait dans le secteur et dans la ville de Gaza était dans les faits condamné, et un terroriste, parce qu'ils n'avaient pas fui".
Le jeune homme explique ensuite qu'il a insisté pour qu'on donne cinq minutes aux habitants pour évacuer, une attitude qui a déclenché des protestations parmi ses camarades. Selon lui, les soldats se comportaient comme si "à l'intérieur de Gaza, vous avez le droit de faire ce que vous voulez, d'enfoncer les portes des maisons sans autre raison que le fait que c'est cool". "Ecrire 'Mort aux Arabes' sur les murs, prendre les photos de famille et leur cracher dessus, juste parce que vous pouvez le faire", a-t-il ajouté.
Pamphlet religieux
Un autre soldat, "Ram", décrit ce qui semble être une querelle entre soldats laïcs et soldats religieux, et le "fossé profond" entre les informations préalables à l'opération fournies par l'armée et celles fournies par le rabbinat militaire, donnant le sentiment d'une "mission quasi-religieuse". "Leur message était très clair: 'Nous sommes le peuple juif, nous sommes venus sur cette terre grâce à un miracle. Dieu nous a ramenés sur cette terre, et maintenant nous devons nous battre pour chasser ceux qui interfèrent avec notre conquête de cette terre sainte'", dit-il.
Un peu plus tôt cette année, Tsahal avait déjà sérieusement réprimandé un officier pour avoir distribué un pamphlet religieux appelant les soldats à n'avoir aucune pitié avec leurs ennemis: ce document était basé sur les écrits d'un rabbin ultranationaliste, et pas approuvé par le rabbinat militaire, a expliqué l'armée israélienne.
L'offensive militaire israélienne a fait en 22 jours 1.417 morts côté palestinien, dont 926 civils, selon le Centre palestinien pour les Droits de l'homme.
Ces témoignages sont d'autant plus troublants qu'ils viennent conforter les accusations des Palestiniens et des organisations de défense des droits de l'Homme, selon lesquelles Israël aurait violé les lois de la guerre à Gaza.
Ces témoignages ont été publiés dans la lettre d'information en ligne d'une école militaire, transmise aux journaux israéliens Haaretz et Maariv, qui en ont publié des extraits jeudi et vendredi, et que l'agence de presse américaine Associated Press a obtenus dans leur intégralité.
Le directeur de l'institut militaire, Danny Zamir, a qualifié la discussion entre soldats "d'instructive", mais également "consternante et déprimante": "vous êtes en train de décrire une armée avec des normes très basses".
L'un des soldats décrit comment une Palestinienne et ses deux enfants ont été tués, atteints par un sniper, pour avoir mal compris ce qu'un soldat israélien leur ordonnait et pris le mauvais chemin: le tireur embusqué n'avait pas été informé que les civils avaient reçu l'autorisation de sortir de la maison qu'il surveillait, et a donc ouvert le feu quand il les a vus approcher.
Une vieille femme abattue
Un autre raconte la mort d'une vieille femme, abattue alors qu'elle marchait sur la route et qu'il n'était pas clair qu'elle constitue un danger. "J'ai simplement eu l'impression que c'était un meurtre de sang froid", raconte le soldat identifié uniquement sous le nom d'"Aviv".
Et "Aviv" de raconter également comment sa propre unité a reçu ordre d'investir une maison par la force et de tirer à vue sur toute personne s'y trouvant. "J'appelle ça meurtre", a estimé le soldat. "En haut, ils disaient que c'était autorisé, parce que quiconque restait dans le secteur et dans la ville de Gaza était dans les faits condamné, et un terroriste, parce qu'ils n'avaient pas fui".
Le jeune homme explique ensuite qu'il a insisté pour qu'on donne cinq minutes aux habitants pour évacuer, une attitude qui a déclenché des protestations parmi ses camarades. Selon lui, les soldats se comportaient comme si "à l'intérieur de Gaza, vous avez le droit de faire ce que vous voulez, d'enfoncer les portes des maisons sans autre raison que le fait que c'est cool". "Ecrire 'Mort aux Arabes' sur les murs, prendre les photos de famille et leur cracher dessus, juste parce que vous pouvez le faire", a-t-il ajouté.
Pamphlet religieux
Un autre soldat, "Ram", décrit ce qui semble être une querelle entre soldats laïcs et soldats religieux, et le "fossé profond" entre les informations préalables à l'opération fournies par l'armée et celles fournies par le rabbinat militaire, donnant le sentiment d'une "mission quasi-religieuse". "Leur message était très clair: 'Nous sommes le peuple juif, nous sommes venus sur cette terre grâce à un miracle. Dieu nous a ramenés sur cette terre, et maintenant nous devons nous battre pour chasser ceux qui interfèrent avec notre conquête de cette terre sainte'", dit-il.
Un peu plus tôt cette année, Tsahal avait déjà sérieusement réprimandé un officier pour avoir distribué un pamphlet religieux appelant les soldats à n'avoir aucune pitié avec leurs ennemis: ce document était basé sur les écrits d'un rabbin ultranationaliste, et pas approuvé par le rabbinat militaire, a expliqué l'armée israélienne.
L'offensive militaire israélienne a fait en 22 jours 1.417 morts côté palestinien, dont 926 civils, selon le Centre palestinien pour les Droits de l'homme.
samedi 21 mars 2009
peine nommé par Obama, le nouveau directeur du National Intelligence Council, Charles Freeman, a dû se retirer. A cause des lobbies pro-israéliens qui avaient lancé une campagne contre lui.
Quand la Maison Blanche de Barack Obama a exigé de Charles Freeman qu’il se retire le 10 mars de son nouveau poste de Directeur du National Intelligence Council (NIC), les lobbys pro-israéliens ont remporté une importante victoire qui en dit long sur la politique du nouveau président américain au Moyen-Orient.
Le NIC collecte et analyse pour le président les informations venant de seize agences de renseignement. Il prépare aussi le National Intelligence Estimate (Rapport national du renseignement) et son directeur occupe donc une fonction clé. Mais Charles Freeman représentait un gros problème pour les amis américains de la droite israélienne. Et, dès que sa nomination a été rendue publique, les lobbies pro-israéliens ont commencé à s’agiter.
Obama ligoté ?
© Moreno
Un proche de l’AIPAC lance la charge contre Freeman
La campagne contre Freeman a été lancée par Steve Rosen, ancien lobbyiste-en-chef du puissant American Israël Public Affairs Commette (l’AIPAC, le riche lobby pro-israélien très proche de l’ambassade d’Israël) dans une série d’articles vicelards sur son blog « Obama Mideast Monitor ».
Rosen n’est autre qu’un des dirigeants de l’AIPAC inculpés pour espionnage et dont le procès débute en mai prochain pour avoir subtilisé au Pentagone des renseignements classés « top secret » avec l’aide d’assistants néo-conservateurs de Donald Rumsfeld.
Rosen a aussi avoué au Washington Post qu’il avait contacté bon nombre de journalistes pour dénoncer le choix de Freeman. Et bien que le porte-parole de l’AIPAC, Josh Block, prétende qu’il n’a rien fait pour s’opposer à la nomination de ce dernier, le Washington Post du 12 mars a rapporté que Block avait fourni des billes contre Freeman à des journalistes, « mais toujours en off, à savoir que ses dires ne pouvaient pas lui être attribués, selon trois journalistes qui ont parlé avec lui ».
Les néo-conservateurs passent à l’attaque
D’autres néo-conservateurs ont ensuite pris le relais, comme des sbires de l’American Enterprise Institute (think-tank néoconservateur), des chroniqueurs pour le Wall Street Journal, ou le servile pro-israélien Martin Peretz, riche propriétaire et rédacteur-en-chef de l’influent hebdomadaire The New Republic, qui a faussement étiqueté Freeman comme « pas un ami des juifs en général ». Cette accusation d’antisémitisme larvé contre Freeman était de la calomnie pure et dure.
L’émeute anti-Freeman des lobbyistes, blogueurs et commentateurs pro-israéliens a vite touché le Congrès où des sénateurs aussi enthousiastes dans leur soutien à Israël que le démocrate Charles Schumer de l’Etat de New York ou l’ex-démocrate Joseph Lieberman du Connecticut, ont pris la relève pour mener la charge contre Freeman.
Même le Speaker de la Chambre de Représentants, Nancy Pelosi, sous pression des riches donateurs juifs au parti démocrate, s’est opposée à la nomination de Freeman, en déclarant que les critiques du diplomate envers Israël « dépassent les bornes de l’acceptable » !
Rares sont ceux qui osent défendre Freeman
Les défenseurs de Freeman étaient rares, mais de taille. Comme le doyen des chroniqueurs politique du Washington Post, le très respecté David Broder, pour qui Freeman « a une des carrières internationales au sein du gouvernement américain parmi les plus distinguées. Jeune homme parlant couramment le chinois, il a été le traducteur de Richard Nixon lors de son premier voyage en Chine. Plus tard, Freeman a été diplomate en Afrique et en Asie, puis sous-secrétaire de Défense pour l’expansion de l’OTAN, avant d’ajouter l’arabe à son répertoire linguistique et devenir ambassadeur en Arabie Saoudite peu avant la Guerre du Golfe. Comme me l’a dit à la veille du retrait de Freeman l’ancien amiral Dennis Blair, le nouveau directeur du renseignement d’Obama, “Avec les défis auxquels nous sommes confrontés en Asie et au Moyen-Orient, nous avons la chance d’avoir pu persuader Freeman de revenir au gouvernement.” Mais maintenant, le pays a perdu un haut-fonctionnaire très doué dans un domaine où le président Obama n’a que peu d’expérience, le traitement du renseignement. »
Chroniqueur lucide
Et dans le prestigieux quotidien Baltimore Sun, réputé pour sa couverture des affaires étrangères, le chroniquer Ron Smith avait bien raison d’écrire qu’« il y avait beaucoup de supporters de Barack Obama qui ont cru que le message d’“espoir et de changement” du candidat comprenait aussi le remaniement de la politique étrangère de l’Amérique afin d’adopter une vision plus équilibrée du conflit entre Israël et les Palestiniens, une attitude éloignée du soutien inconditionnel et non critique de tout ce que fait le gouvernement israélien… Mais pour ceux qui croient que toutes les mesures prises par Israël ne vont pas dans l’intérêt des Etats-Unis, le retrait de Freeman, dû essentiellement à un véto du lobby pro-israélien, représente la continuation du statu quo et la fin de tout « espoir » de tout « changement » ».
Quand la Maison Blanche de Barack Obama a exigé de Charles Freeman qu’il se retire le 10 mars de son nouveau poste de Directeur du National Intelligence Council (NIC), les lobbys pro-israéliens ont remporté une importante victoire qui en dit long sur la politique du nouveau président américain au Moyen-Orient.
Le NIC collecte et analyse pour le président les informations venant de seize agences de renseignement. Il prépare aussi le National Intelligence Estimate (Rapport national du renseignement) et son directeur occupe donc une fonction clé. Mais Charles Freeman représentait un gros problème pour les amis américains de la droite israélienne. Et, dès que sa nomination a été rendue publique, les lobbies pro-israéliens ont commencé à s’agiter.
Obama ligoté ?
© Moreno
Un proche de l’AIPAC lance la charge contre Freeman
La campagne contre Freeman a été lancée par Steve Rosen, ancien lobbyiste-en-chef du puissant American Israël Public Affairs Commette (l’AIPAC, le riche lobby pro-israélien très proche de l’ambassade d’Israël) dans une série d’articles vicelards sur son blog « Obama Mideast Monitor ».
Rosen n’est autre qu’un des dirigeants de l’AIPAC inculpés pour espionnage et dont le procès débute en mai prochain pour avoir subtilisé au Pentagone des renseignements classés « top secret » avec l’aide d’assistants néo-conservateurs de Donald Rumsfeld.
Rosen a aussi avoué au Washington Post qu’il avait contacté bon nombre de journalistes pour dénoncer le choix de Freeman. Et bien que le porte-parole de l’AIPAC, Josh Block, prétende qu’il n’a rien fait pour s’opposer à la nomination de ce dernier, le Washington Post du 12 mars a rapporté que Block avait fourni des billes contre Freeman à des journalistes, « mais toujours en off, à savoir que ses dires ne pouvaient pas lui être attribués, selon trois journalistes qui ont parlé avec lui ».
Les néo-conservateurs passent à l’attaque
D’autres néo-conservateurs ont ensuite pris le relais, comme des sbires de l’American Enterprise Institute (think-tank néoconservateur), des chroniqueurs pour le Wall Street Journal, ou le servile pro-israélien Martin Peretz, riche propriétaire et rédacteur-en-chef de l’influent hebdomadaire The New Republic, qui a faussement étiqueté Freeman comme « pas un ami des juifs en général ». Cette accusation d’antisémitisme larvé contre Freeman était de la calomnie pure et dure.
L’émeute anti-Freeman des lobbyistes, blogueurs et commentateurs pro-israéliens a vite touché le Congrès où des sénateurs aussi enthousiastes dans leur soutien à Israël que le démocrate Charles Schumer de l’Etat de New York ou l’ex-démocrate Joseph Lieberman du Connecticut, ont pris la relève pour mener la charge contre Freeman.
Même le Speaker de la Chambre de Représentants, Nancy Pelosi, sous pression des riches donateurs juifs au parti démocrate, s’est opposée à la nomination de Freeman, en déclarant que les critiques du diplomate envers Israël « dépassent les bornes de l’acceptable » !
Rares sont ceux qui osent défendre Freeman
Les défenseurs de Freeman étaient rares, mais de taille. Comme le doyen des chroniqueurs politique du Washington Post, le très respecté David Broder, pour qui Freeman « a une des carrières internationales au sein du gouvernement américain parmi les plus distinguées. Jeune homme parlant couramment le chinois, il a été le traducteur de Richard Nixon lors de son premier voyage en Chine. Plus tard, Freeman a été diplomate en Afrique et en Asie, puis sous-secrétaire de Défense pour l’expansion de l’OTAN, avant d’ajouter l’arabe à son répertoire linguistique et devenir ambassadeur en Arabie Saoudite peu avant la Guerre du Golfe. Comme me l’a dit à la veille du retrait de Freeman l’ancien amiral Dennis Blair, le nouveau directeur du renseignement d’Obama, “Avec les défis auxquels nous sommes confrontés en Asie et au Moyen-Orient, nous avons la chance d’avoir pu persuader Freeman de revenir au gouvernement.” Mais maintenant, le pays a perdu un haut-fonctionnaire très doué dans un domaine où le président Obama n’a que peu d’expérience, le traitement du renseignement. »
Chroniqueur lucide
Et dans le prestigieux quotidien Baltimore Sun, réputé pour sa couverture des affaires étrangères, le chroniquer Ron Smith avait bien raison d’écrire qu’« il y avait beaucoup de supporters de Barack Obama qui ont cru que le message d’“espoir et de changement” du candidat comprenait aussi le remaniement de la politique étrangère de l’Amérique afin d’adopter une vision plus équilibrée du conflit entre Israël et les Palestiniens, une attitude éloignée du soutien inconditionnel et non critique de tout ce que fait le gouvernement israélien… Mais pour ceux qui croient que toutes les mesures prises par Israël ne vont pas dans l’intérêt des Etats-Unis, le retrait de Freeman, dû essentiellement à un véto du lobby pro-israélien, représente la continuation du statu quo et la fin de tout « espoir » de tout « changement » ».
vendredi 13 mars 2009
Pourquoi El Bachir et pas Powell ??
Les renseignements que je vous ai présentés sur ces terribles armes et sur le refus continuel de l’Irak de respecter ses obligations en vertu de la résolution 1441 du Conseil de sécurité sont liés à un sujet auquel je veux maintenant consacrer un peu de temps et qui a trait au terrorisme.
Ce ne sont pas seulement ces armes illicites qui nous inquiètent mais la façon dont elles peuvent être associées aux activités des terroristes et aux organisations terroristes qui n’ont aucun scrupule à les utiliser contre des innocents à travers le monde.
Les liens entre l’Irak et le terrorisme remontent à plusieurs décennies. Bagdad entraîne des membres du Front de libération de la Palestine au maniement des armes et des explosifs. Saddam Hussein utilise le Front de libération pour acheminer de l’argent aux familles des kamikazes palestiniens dans le but de prolonger l’Intifada. Et la participation des services de renseignements de Saddam Hussein à des douzaines d’attaques ou de tentatives d’assassinat, dans les années 1990, n’a rien de secret.
Mais ce que je veux porter à votre attention aujourd’hui, c’est la connexion, éventuellement bien plus sinistre, qui existe entre l’Irak et le réseau terroriste al-Qaïda, connexion qui allie les organisations terroristes classiques aux méthodes modernes d’assassinat. L’Irak héberge aujourd’hui un réseau terroriste meurtrier dirigé par Abou Moussab Zarkaoui, partenaire et collaborateur d’Oussama ben Laden et de ses lieutenants d’al-Qaïda.
Palestinien natif de Jordanie, Abou Zarkaoui avait combattu lors de la guerre d’Afghanistan il y a plus de dix ans. À son retour en Afghanistan, en 2000, il a dirigé un camp d’entraînement de terroristes. L’une de ses spécialités, et l’une des spécialités de ce camp, est le poison.
Lorsque notre coalition a chassé les talibans, le réseau d’Abou Zarkaoui a aidé à établir un autre camp de formation des spécialistes du poison et des explosifs et ce camp est situé dans le nord-est de l’Irak. Voici une photo de ce camp.
Ce réseau apprend à ses membres à produire du ricin et d’autres poisons. Permettez-moi de vous appeler les effets du ricin. Moins d’une pincée de ricin - imaginez une pincée de sel - ajoutée à votre nourriture entraînerait un choc, suivi d’un arrêt de la circulation sanguine. La mort survient dans les 72 heures, et il n’existe ni antidote ni traitement. La mort s’ensuit inévitablement.
Ceux qui aident à administrer ce camp sont des lieutenants d’Abou Zarkaoui qui opèrent dans les enclaves kurdes du Nord, en dehors du territoire irakien contrôlé par Saddam Hussein. Mais Bagdad a un agent au sommet de la hiérarchie de l’organisation extrémiste Ansar al-Islam qui contrôle ce coin de l’Irak. En 2002, cet agent a offert un refuge dans la région aux membres d’Al-Qaïda.
Lorsque nous avons débarrassé l’Afghanistan d’Al-Qaïda, certains de ses membres ont accepté ce refuge. Ils s’y trouvent encore aujourd’hui.
Les activités d’Abou Zarkaoui ne se limitent pas à ce petit coin du nord de l’Irak. Il s’est rendu à Bagdad en mai 2002 pour un traitement médical et a résidé dans la capitale irakienne pendant deux mois durant sa convalescence, avant de reprendre le combat.
Durant son séjour, près de deux douzaines d’extrémistes ont convergé sur Bagdad et y ont établi une base d’opérations. Ces partisans d’Al-Qaïda basés à Bagdad coordonnent à présent les mouvements de personnes, d’argent et de ravitaillement à leur entrée en Irak et à l’intérieur du pays pour son réseau et ils opèrent maintenant librement dans la capitale depuis plus de huit mois.
Les milieux officiels irakiens nient les accusations de liens avec Al-Qaïda. Mais ces démentis ne sont absolument pas crédibles. L’an dernier, un membre d’Al-Qaïda s’est vanté de la situation « favorable » qui régnait à Bagdad, du fait que l’on pouvait rapidement transiter par cette ville.
Nous savons que ces membres ont des liens avec Abou Zarkaoui parce qu’ils restent, même maintenant, en contact permanent avec ses subordonnés directs, y compris les membres de la cellule qui organise la fabrication de poison. Et ils ne déplacent pas que de l’argent et du matériel. L’an dernier, 2 agents soupçonnés d’appartenir à al-Qaïda ont été arrêtés alors qu’ils passaient de l’Irak en Arabie saoudite. Ils étaient liés à des membres de la cellule de Bagdad, et l’un d’eux avait été formé en Afghanistan à l’utilisation du cyanure.
De son réseau terroriste en Irak, Abou Zarkaoui peut diriger les activités de ce réseau au Proche-Orient et au-delà. Nous tous aux États-Unis, le département d’État et l’Agence des États-Unis pour le développement international, avons perdu un ami cher avec l’assassinat de Lawrence Foley à Amman, en Jordanie, en octobre dernier. Un acte ignoble a été commis ce jour là : l’assassinat d’un être dont la seule mission consistait à aider le peuple jordanien. À son arrestation, l’assassin a indiqué que sa cellule avait reçu de l’argent et des armes d’Abou Zarkaoui en paiement de cet assassinat. Après l’attaque, un comparse de l’assassin a quitté la Jordanie pour l’Irak afin d’obtenir des armes et des explosifs pour de nouvelles opérations.
Les responsables irakiens prétendent qu’ils ne savent pas où Abou Zarkaoui ou ses comparses se trouvent. De nouveau, ces dénégations ne sont pas plausibles. Nous sommes au courant des activités d’Abou Zarkaoui à Badgad. Je viens de vous les décrire.
Je tiens maintenant à faire état d’un autre fait. Nous avons demandé au service de sécurité d’un pays ami de faire des démarches auprès de Bagdad en vue de l’extradition d’Abou Zarkaoui et de la fourniture de renseignements à son sujet et au sujet de ses complices. Ce service est entré en relation avec des responsables irakiens à deux reprises et nous avons communiqué des détails qui auraient dû permettre de trouver Abou Zarkaoui. Le réseau est encore à Bagdad. Abou Zarkaoui est encore libre d’aller et venir.
Comme le savent mes collègues autour de cette table et comme le savent les citoyens qu’ils représentent en Europe, les activités terroristes d’Abou Zarkaoui ne sont pas limitées au Proche-Orient. Abou Zarkaoui et son réseau ont préparé des actes de terrorisme contre des pays tels que la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la Russie.
Selon des détenus, Abou Atia, qui a reçu une formation dans le camp d’entraînement des terroristes d’Abou Zarkaoui en Afghanistan, a chargé en 2001 au moins 9 extrémistes nord-africains de se rendre en Europe pour exécuter des attentats au poison et à l’explosif.
Depuis l’an dernier, des membres de ce réseau ont été arrêtés en France, en Grande-Bretagne, en Espagne et en Italie. Selon notre dernier recensement, 116 agents relevant de ce réseau mondial ont été arrêtés. Le graphique que vous voyez montre l’étendue de ce réseau en Europe.
Nous sommes au courant de ce réseau européen et de ses liens avec Abou Zarkaoui parce que les détenus qui ont fourni des renseignements sur les objectifs des attentats ont aussi fourni les noms des membres du réseau. Trois d’entre eux ont été arrêtés en France en décembre dernier. Les autorités ont trouvé dans les appartements des terroristes des circuits pour des engins explosifs et une liste d’ingrédients pour fabriquer des toxines.
Le détenu qui a contribué à rassembler ces informations a déclaré que la tentative d’attentat visait aussi la Grande-Bretagne. Des renseignements obtenus par la suite ont prouvé de nouveau qu’il avait raison. Lorsque les Britanniques ont découvert une cellule dans leur pays le mois dernier, un officier de police britannique a été assassiné au cours de la destruction de cette cellule.
Nous savons aussi que les collègues d’Abou Zarkaoui ont joué un rôle actif dans la vallée de Pankisi (Géorgie) et en Tchétchénie (Russie). Les complots auxquels ils sont liés ne sont pas de simples bavardages. Les membres du réseau d’Abou Zarkaoui ont dit que leur objectif était de tuer des Russes à l’aide de toxines.
Nous ne sommes pas surpris que l’Irak abrite Abou Zarkaoui et ses subordonnés. Cette entente se fonde sur une expérience qui remonte à des décennies pour ce qui est des liens entre l’Irak et Al-Qaïda. Au début des années 1990 et jusqu’en 1995 environ, alors qu’Oussama ben Laden était établi au Soudan, une source d’Al-Qaïda nous a dit que Saddam Hussein et Oussama ben Laden étaient parvenus à un accord en vertu duquel Al-Qaïda ne soutiendrait plus les activités dirigées contre Bagdad. Des liens ont été noués entre de hauts responsables des services irakiens de renseignements et Al-Qaïda.
Nous savons que des membres de ces deux organismes se sont réunis à de multiples reprises, notamment à huit reprises aux niveaux les plus élevés depuis le début des années 1990. En 1996, un service de sécurité étranger nous a dit qu’Oussama ben Laden s’était entretenu avec un haut responsable des services irakiens de renseignements à Khartoum, puis avec le directeur de ces services quelque temps plus tard.
Saddam Hussein est devenu plus intéressé lorsqu’il a vu les attaques effroyables du réseau Al-Qaïda. Des membres de ce réseau qui sont en détention nous ont dit que Saddam Hussein était plus que disposé à aider Al-Qaïda après les attentats de 1998 contre nos ambassades au Kenya et en Tanzanie. Saddam Hussein a été aussi impressionné par l’attentat d’Al-Qaïda contre le destroyer américain Cole qui a eu lieu au Yémen, en octobre 2000.
Les Irakiens ont continué de rendre visite à Oussama ben Laden dans sa nouvelle résidence en Afghanistan. Un des anciens chefs des services de renseignements de Bagdad en Europe qui a fait défection a déclaré que Saddam Hussein avait envoyé ses agents en Afghanistan au milieu des années 1990 pour dispenser une formation à des membres d’Al-Qaïda en matière de contrefaçon de documents.
De la fin des années 1990 à 2001, l’ambassade de l’Irak au Pakistan a joué le rôle de liaison avec le réseau Al-Qaïda.
Certains sont convaincus ou prétendent que ces contacts ne veulent pas dire grand chose. Ils disent que la tyrannie laïque de Saddam Hussein et la tyrannie religieuse d’Al-Qaïda ne se mélangent pas. Cette idée ne me réconforte pas. L’ambition et la haine sont suffisantes pour rapprocher l’Irak d’Al-Qaïda, suffisantes pour qu’Al-Qaïda puisse apprendre à fabriquer des bombes plus perfectionnées et à forger des documents, suffisantes enfin pour qu’Al-Qaïda s’adresse à l’Irak pour l’aider à acquérir les connaissances nécessaires dans le domaine des armes de destruction massive.
Et le bilan de la coopération de Saddam Hussein avec d’autres groupes terroristes islamistes est clair. Le Hamas, par exemple, a ouvert un bureau à Bagdad en 1999, et l’Irak a accueilli des conférences auxquelles ont assisté des membres du Djihad islamique de Palestine. Ces groupes sont les principaux organisateurs des attentats suicide contre Israël.
Al-Qaïda continue de porter un grand intérêt à l’acquisition d’armes de destruction massive. Tout comme pour Abou Zarkaoui et son réseau, je peux relater le récit d’un agent terroriste de haut rang qui a indiqué comment l’Irak avait appris à Al-Qaïda à se servir de ces armes. Heureusement, cet agent est maintenant en détention et il a dit ce qu’il savait. Je vais vous relater maintenant ce qu’il a décrit.
Ce membre de haut rang d’Al-Qaïda était chargé de l’un des camps d’entraînement de ce réseau en Afghanistan. Ses renseignements proviennent de sa participation aux réunions des hauts échelons d’Al-Qaïda. Selon lui, Oussama ben Laden et son principal adjoint en Afghanistan, Mohammed Atef, qui est mort entre temps, ne pensaient pas que les laboratoires d’Al-Qaïda en Afghanistan étaient en mesure de produire ces agents chimiques ou biologiques. Ils estimaient nécessaire d’aller ailleurs et de rechercher une aide en dehors de l’Afghanistan.
Où sont-ils allés ? Ils sont allés en Irak. Le soutien qu’il a décrit consistait en une formation en matière d’armes chimiques ou biologiques dispensée à deux membres d’Al-Qaïda à partir de décembre 2000. Il a dit qu’un militant du nom d’Abdoullah al-Araki avait été envoyé en Irak à plusieurs reprises de 1997 à 2000 pour obtenir une aide en ce qui concerne l’acquisition de poisons et de gaz. Abdoullah al-Araki a qualifié les rapports qu’il avait établis avec des responsables irakiens de très bons.
Comme je l’ai dit dès le début, rien de tout cela ne devrait surprendre aucun d’entre nous. Le terrorisme constitue un instrument dont Saddam Hussein se sert depuis des décennies. Ce dernier a soutenu le terrorisme bien avant que ces réseaux de terroristes aient un nom, et ce soutien se poursuit. Le lien entre les poisons et le terrorisme est nouveau. Le lien entre l’Irak et le terrorisme est ancien. Cette alliance est mortelle.
Vu ce bilan, les dénégations de l’Irak quant à son soutien du terrorisme doivent être rangées avec les autres dénégations de l’Irak au sujet des armes de destruction massive. C’est là un tissu de mensonges.
Lorsque nous faisons face à un gouvernement qui nourrit une ambition de domination régionale, qui cache des armes de destruction massive et qui donne un asile et un soutien actif aux terroristes, nous ne faisons pas face au passé, mais au présent. Et si nous n’agissons pas, nous aurons à faire face à un avenir encore plus effrayant.
Traduction française : Département d’État.
Discours intégral du secrétaire d’État des Etats-Unis, Colin Powell, au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, le 11 février 2003
dimanche 15 février 2009
Lord Bernadotte
L'assassinat du Comte Bernadotte Médiateur de l'ONU.Groupe Stern - Lehi . 17 septembre 1948 .
La situation sur place .Depuis le 19 novembre 1947 , jour du vote de la Résolution 181 recommandant le partage de la Palestine entre deux Etats séparés (juif, et arabe), la guerre civile fait rage en Palestine .Le 14 mai 1948, dernier jour du Mandat britannique en Palestine et veille de la déclaration d’indépendance d’Israël, le Comte Folke Bernadotte est nommé par l'ONU., "Médiateur pour la Palestine". Sa mission est immense : faire cesser les combats et superviser la mise en application du partage territorial ...Le choix de l'ONU concernant Bernadotte a été on ne peut plus indiqué ;Bernadotte s’était illustré par son action humanitaire à la direction de la Croix Rouge Internationale durant la Seconde guerre mondiale, et une de ses actions, en particulier, lui valut une immense popularité : dans les dernières semaines de la guerre, il facilita et organisa la libération de milliers de juifs, de chrétiens et de prisonniers de guerre alliés des camps de concentration et de prisonniers de guerre. Neveu du Roi de Suède, parlant couramment six langues, il était mondialement respecté en tant que bienfaiteur humanitaire honorable et efficient, d’une totale neutralité politique. Sa candidature à la responsabilité de Médiateur avait été proposée par les Etats-Unis, et sa nomination avait été votée à l’unanimité.Durant ses quatre mois de médiation, Bernadotte dépensa une énergie folle à l'accomplissement de sa mission .Il rencontra tout le monde,constata de lui même les problèmes et tenta d'y remédier .Ce programme échevelé ne l’empêcha jamais de coucher ses observations quotidiennes dans son journal personnel, dans lequel on peut lire ses réflexions et aussi, de temps en temps, ses indignations acerbes devant la belligérance israélienne. Déclaration "imprudente "...Le comte Bernadotte,déclarait à la veille de son assassinat : « L’exode des Arabes de Palestine a été provoqué par la panique résultant des combats ou par des rumeurs rapportant des actes de terrorisme réels ou supposés, ou par des mesures d’expulsion. »,et il soulignait : « L’avenir de ces réfugiés arabes est l’un des problèmes litigieux et sa solution présente de graves difficultés ... » Réçit de la journée de l'attentat :Après l’atterrissage à Kalandia- Jérusalem, Bernadotte et ses accompagnateurs se rendent en voiture à Jérusalem.Au programme du jour,deux choses : rencontrer les Observateurs de la Trêve,et faire un choix pour l'emplacement d’un nouveau quartier général,car jusque là Bernadotte et son équipe opéraient depuis l’Hôtel des Roses, situé sur l’île grecque de Rhodes, laquelle était, à ses yeux, beaucoup trop loin de la zone de guerre. Après avoir rencontré les observateurs de la trêve et visité quelques emplacements possibles pour le bâtiment du quartier général, le convoi de Bernadotte, composé de trois voitures, entra dans le quartier Katamon de Jérusalem. Chaque voiture arborait les drapeaux des Nations Unies et de la Croix Rouge,et personne, dans ce convoi, n’était armé.Bernadotte quant à lui avait refusé à plusieurs reprises le gilet pare-balle qu’on lui proposait.Dans la voiture du Médiateur, sur la banquette arrière, avaient pris place : Bernadotte, le colonel français André Sérot, chef des observateurs des Nations Unies à Jérusalem, et le général suédois Aage Lundstrom ,chef de la supervision de la trêve en Palestine, et représentant personnel de Bernadotte.à gaucheLe quartier de Katamon, sous contrôle de l’armée israélienne, était presque désert ;les habitants chrétiens de cette partie de Jérusalem naguère encore aisée avaient été expulsés à la pointe des baïonnettes par les forces armées sionistes, fin avril.Peu après avoir franchi un checkpoint de l’armée israélienne, le convoi est arrêté par une jeep qui lui barre le passage. Trois hommes armés, revêtus de l’uniforme de l’armée israélienne, surgissent de cette jeep tandis que le conducteur reste au volant .Les 3 voitures sont arrosées de balles. Bernadotte est abattu à bout portant de 6 rafales de mitraillette Schmesseir.Dans leur déclaration dactylographiée, reconnaissant leur responsabilité dans le double assassinat, les tueurs demandent qu’on veuille bien les excuser d’avoir abattu Sérot « par erreur ». Les suites de l'attentat :L’assassinat de Bernadotte suscita une condamnation universelle.Suspectant que le Lehi, connu également sous le nom de Groupe Stern, était à l’origine du double assassinat, le Premier ministre israélien David Ben-Gourion ordonna que ses membres fussent recherchés et leur organisation dissoute. Les quatre tueurs étaient bien, en effet, des hommes du Groupe Stern : trois tireurs et un chauffeur. Ils furent identifiés, et leurs noms figurent dans le livre de Kati Marton, « A Death in Jerusalem » . Les trois tireurs étaient Yitzhak Ben-Moshe, « Gingi » Zinger et Yehoshua Cohen,le conducteur de la jeep s'appelait quant à lui : Meshulam Makover. Des trois dirigeants du groupe Stern qui avaient envoyé les tueurs en mission,à savoir Israël Eldad, Natan Yalin-Mor et Yitzhak Shamir, seul Yalon-Mor passa en jugement .Il fut condamné non pas pour avoir assassiné Bernadotte, mais pour appartenance à une organisation terroriste. Deux semaine après sa condamnation,il bénéficia de l' amnistie générale décrétée par Ben-Gourion.Le sort des hommes du commando allait démontrer que ce genre d'affaire n'a guère d'incidence sur son avenir ; Natan Yalin-Mor fut élu député à la Knesset ,le tireur, Yehoshua Cohen, devint le garde du corps personnel de Ben-Gourion,et quant à Yitzhak Shamir, il succéda à Menahem Begin au poste de Premier ministre en 1983. L'ONU se fache ... Très fort ... Une fois de plus ...
La résolution No. 57 du18 septembre 1948 Le Conseil de la Sécurité exprime son choc profond à l'assassinat du médiateur des Nations Unies en Palestine, Le Comte Folk Bernadotte dans un acte lâche exécuté par un groupe criminel des terroristes à Jérusalem.
La résolution. No. 59 du 19 octobre 1948 Le Conseil exprime son inquiétude sur le fait qu’Israël n'a pas soumis son rapport sur l'assassinat du Comte Bernadotte.
Va y avoir "des suites"... Ca c'est sûr ....
La situation sur place .Depuis le 19 novembre 1947 , jour du vote de la Résolution 181 recommandant le partage de la Palestine entre deux Etats séparés (juif, et arabe), la guerre civile fait rage en Palestine .Le 14 mai 1948, dernier jour du Mandat britannique en Palestine et veille de la déclaration d’indépendance d’Israël, le Comte Folke Bernadotte est nommé par l'ONU., "Médiateur pour la Palestine". Sa mission est immense : faire cesser les combats et superviser la mise en application du partage territorial ...Le choix de l'ONU concernant Bernadotte a été on ne peut plus indiqué ;Bernadotte s’était illustré par son action humanitaire à la direction de la Croix Rouge Internationale durant la Seconde guerre mondiale, et une de ses actions, en particulier, lui valut une immense popularité : dans les dernières semaines de la guerre, il facilita et organisa la libération de milliers de juifs, de chrétiens et de prisonniers de guerre alliés des camps de concentration et de prisonniers de guerre. Neveu du Roi de Suède, parlant couramment six langues, il était mondialement respecté en tant que bienfaiteur humanitaire honorable et efficient, d’une totale neutralité politique. Sa candidature à la responsabilité de Médiateur avait été proposée par les Etats-Unis, et sa nomination avait été votée à l’unanimité.Durant ses quatre mois de médiation, Bernadotte dépensa une énergie folle à l'accomplissement de sa mission .Il rencontra tout le monde,constata de lui même les problèmes et tenta d'y remédier .Ce programme échevelé ne l’empêcha jamais de coucher ses observations quotidiennes dans son journal personnel, dans lequel on peut lire ses réflexions et aussi, de temps en temps, ses indignations acerbes devant la belligérance israélienne. Déclaration "imprudente "...Le comte Bernadotte,déclarait à la veille de son assassinat : « L’exode des Arabes de Palestine a été provoqué par la panique résultant des combats ou par des rumeurs rapportant des actes de terrorisme réels ou supposés, ou par des mesures d’expulsion. »,et il soulignait : « L’avenir de ces réfugiés arabes est l’un des problèmes litigieux et sa solution présente de graves difficultés ... » Réçit de la journée de l'attentat :Après l’atterrissage à Kalandia- Jérusalem, Bernadotte et ses accompagnateurs se rendent en voiture à Jérusalem.Au programme du jour,deux choses : rencontrer les Observateurs de la Trêve,et faire un choix pour l'emplacement d’un nouveau quartier général,car jusque là Bernadotte et son équipe opéraient depuis l’Hôtel des Roses, situé sur l’île grecque de Rhodes, laquelle était, à ses yeux, beaucoup trop loin de la zone de guerre. Après avoir rencontré les observateurs de la trêve et visité quelques emplacements possibles pour le bâtiment du quartier général, le convoi de Bernadotte, composé de trois voitures, entra dans le quartier Katamon de Jérusalem. Chaque voiture arborait les drapeaux des Nations Unies et de la Croix Rouge,et personne, dans ce convoi, n’était armé.Bernadotte quant à lui avait refusé à plusieurs reprises le gilet pare-balle qu’on lui proposait.Dans la voiture du Médiateur, sur la banquette arrière, avaient pris place : Bernadotte, le colonel français André Sérot, chef des observateurs des Nations Unies à Jérusalem, et le général suédois Aage Lundstrom ,chef de la supervision de la trêve en Palestine, et représentant personnel de Bernadotte.à gaucheLe quartier de Katamon, sous contrôle de l’armée israélienne, était presque désert ;les habitants chrétiens de cette partie de Jérusalem naguère encore aisée avaient été expulsés à la pointe des baïonnettes par les forces armées sionistes, fin avril.Peu après avoir franchi un checkpoint de l’armée israélienne, le convoi est arrêté par une jeep qui lui barre le passage. Trois hommes armés, revêtus de l’uniforme de l’armée israélienne, surgissent de cette jeep tandis que le conducteur reste au volant .Les 3 voitures sont arrosées de balles. Bernadotte est abattu à bout portant de 6 rafales de mitraillette Schmesseir.Dans leur déclaration dactylographiée, reconnaissant leur responsabilité dans le double assassinat, les tueurs demandent qu’on veuille bien les excuser d’avoir abattu Sérot « par erreur ». Les suites de l'attentat :L’assassinat de Bernadotte suscita une condamnation universelle.Suspectant que le Lehi, connu également sous le nom de Groupe Stern, était à l’origine du double assassinat, le Premier ministre israélien David Ben-Gourion ordonna que ses membres fussent recherchés et leur organisation dissoute. Les quatre tueurs étaient bien, en effet, des hommes du Groupe Stern : trois tireurs et un chauffeur. Ils furent identifiés, et leurs noms figurent dans le livre de Kati Marton, « A Death in Jerusalem » . Les trois tireurs étaient Yitzhak Ben-Moshe, « Gingi » Zinger et Yehoshua Cohen,le conducteur de la jeep s'appelait quant à lui : Meshulam Makover. Des trois dirigeants du groupe Stern qui avaient envoyé les tueurs en mission,à savoir Israël Eldad, Natan Yalin-Mor et Yitzhak Shamir, seul Yalon-Mor passa en jugement .Il fut condamné non pas pour avoir assassiné Bernadotte, mais pour appartenance à une organisation terroriste. Deux semaine après sa condamnation,il bénéficia de l' amnistie générale décrétée par Ben-Gourion.Le sort des hommes du commando allait démontrer que ce genre d'affaire n'a guère d'incidence sur son avenir ; Natan Yalin-Mor fut élu député à la Knesset ,le tireur, Yehoshua Cohen, devint le garde du corps personnel de Ben-Gourion,et quant à Yitzhak Shamir, il succéda à Menahem Begin au poste de Premier ministre en 1983. L'ONU se fache ... Très fort ... Une fois de plus ...
La résolution No. 57 du18 septembre 1948 Le Conseil de la Sécurité exprime son choc profond à l'assassinat du médiateur des Nations Unies en Palestine, Le Comte Folk Bernadotte dans un acte lâche exécuté par un groupe criminel des terroristes à Jérusalem.
La résolution. No. 59 du 19 octobre 1948 Le Conseil exprime son inquiétude sur le fait qu’Israël n'a pas soumis son rapport sur l'assassinat du Comte Bernadotte.
Va y avoir "des suites"... Ca c'est sûr ....
jeudi 5 février 2009
PALESTINE
Massacre à Beit Hanoun
dimanche 5 novembre 2006 par Silvia Cattori
« Beit Hanoun, avec ses 30 000 habitants, était déjà l’objet d’agressions quotidiennes et de frappes aériennes depuis le 25 juin. Maintenant elle est assiégée par des troupes israéliennes au sol. Nous avons vu les chars avancer, se mettre en place. Nous sommes maintenant encerclés par environ 70 chars et au moins 450 soldats qui ont annoncé que la ville est « zone militaire fermée ». Ce qui veut dire que personne ne peut sortir. Personne ne peut s’enfuir. C’est une offensive sur le mode de celles menées en 2002 en Cisjordanie.
Nous n’avons pas d’eau, pas d’électricité. On se terre dans des coins reculés de la maison. Les ambulances ne sont pas autorisées à entrer dans cette zone occupée et fermée. Les soldats ont encerclé les maisons qu’ils voulaient investir. Ils ont occupé des maisons et ils ont enfermé dans une pièce les familles. Maintenant, ils s’en servent comme d’un fortin. Ils percent des murs à l’explosif, font sauter les portes, et les gens sont terrorisés. Ils tirent sur toute personne qui bouge.
Hier, ils ont tiré sur des gens qui cherchaient à se mettre à l’abri, qui n’étaient pas armés, pas en position de combat. Ils leur ont tiré dans le dos et quand celui qui était blessé a voulu s’enfuir, ils l’ont tué ; et ceux qui ont voulu ramasser son corps ont été visés aussi. Dans de nombreux cas, les ambulances n’ont pas pu aller au secours des blessés. Les enfants qui échappent à la vigilance de leurs parents ou qui regardent par la fenêtre sont tués par les soldats israéliens postés sur les toits et les balcons des maisons qu’ils occupent.
Ils ont le feu vert de Bush pour nous tuer et de ces politiciens qui ont affirmé qu’Israël « a le droit de se défendre ». Ils font usage d’armes qui transforment les morts et les blessés en quelque chose de monstrueux. C’est très impressionnant les blessures provoquées par les missiles lâchés par les drones. Ce sont des coupures comme au rasoir, des jambes, des pieds, des mains coupées net ; elles sont tout aussi effrayantes que les blessures des fusils M 16. Les soldats ont l’ordre de tirer sur le haut du corps : ils visent la poitrine, près du cœur, la tête.
Les victimes sont pour la plupart, des civils, tués, ou blessés à la gorge, au cou, à la poitrine, à la tête, alors qu’ils étaient dans leur maison. Ils tirent contre des gens qui s’enfuient de peur ; ils tirent sur des blessés qui cherchent à se sauver. Nous avons perdu la notion du temps, nous ne savons plus depuis combien de temps nous sommes pris dans cette guerre. On se sent perdus. Il y a des avions qui bombardent, des drones qui sont prêts à tirer leurs missiles au dessus de nos têtes. Ils contrôlent toute la zone. Avec les bourdonnements des drones, on a le sentiment d’avoir tout le temps une abeille dans l’oreille. C’est vraiment très pénible.
Il n’y a personne pour nous défendre. Nous n’avons pas d’armée. Nous n’avons que nos parents pour nous défendre sachant qu’ils vont à la mort, qu’ils ne peuvent pas nous défendre. Cette nouvelle agression est terrible pour les petits enfants surtout, très nombreux ici, qui sont contraints de rester enfermés, qui sont terrorisés et qui crient quand il y a des bombardements. Nous apprenons à tout moment qu’il y a des tués, qu’il y a des blessés qui baignent dans leur sang, que les gens ne savent pas comment arrêter l’hémorragie, et que les ambulances ne peuvent pas aller les secourir. Il faudrait que la Croix rouge oblige les Israéliens à accepter que les ambulances palestiniennes puissent aller au secours des blessés sans entraves.
Les Israéliens disent qu’ils mènent cette offensive pour empêcher l’entrée des armes par l’Egypte. C’est faux. Rien ne peut rentrer. Il n’y a à Gaza que des fusils qui ne peuvent rien contre les Apaches et les chars Merkawa de l’armée israélienne. Les armes de guerre qui sont entrées à Gaza, ce sont celles qu’Israël et les Etats-Unis ont livrées à Dahlan, qui est l’homme d’Abou Mazen, l’homme le plus redouté ici à Gaza. Il est à la tête des forces qui, depuis des mois, créent des troubles pour faire tomber le gouvernement du Hamas.
Hier, les soldats ont sommé, par hauts parleurs tous les hommes dès l’âge de 15 de sortir des maisons. Ils ont, par endroit, ratissé maison après maison, menottés et embarqués des centaines d’hommes dans un lieu où ils dû les obliger à se déshabiller, comme ils l’ont fait à Betlaya en juin. Ils laissent les hommes en slips. Pour un oriental c’est la plus insupportable des humiliations. Autant nous tuer.
Nous pensons qu’après Beit Hanoun ils vont s’attaquer à Betlaya, et ensuite à Jabaliya et vont faire ce qu’ils font ici : fouiller maison après maison. Beit Hanoun comme Rafah sont des zones très vulnérables, parce que séparées géographiquement des autres zones habitées, donc plus faciles à isoler du reste de Gaza.
Ce matin, les femmes sont sorties pour voler au secours de leurs fils ou maris menacés par les blindés qui encerclaient la mosquée. Les femmes ont défié les Apaches et les chars. Ce fut pour nous un moment formidable. On s’est senti comme enveloppé dans un voile d’humanité. C’était un moment très fort de voir ces femmes prêtes à aller à la mort pour sauver la vie de leur fils, de leur mari. Elles ont continué sans hésiter et les soldats, qui ne s’y attendaient pas, ont été désorientés. Grâce à cet effet de surprise elles ont réussi, sauvé la vie de ces combattants. Elles ont montré que la plus grande armée du monde peut être vaincue par des gens aux mains nues. Nous avons perçu cela comme un message adressé aux hommes des pays arabes qui restent silencieux. Ces femmes ont dit, par leur geste : « Voila, face à votre lâcheté, les femmes palestinienne sont seules en train lutter pour libérer leurs hommes assiégés par l’ennemi des Arabes, Israël ». (Fin du témoignage)
Ils font la guerre à des civils et le monde ne le sait pas.
Ce jeune palestinien qui nous a raconté tout cela à voix basse nous a déchiré le cœur. Il ne pouvait rendre un meilleur hommage à ces femmes héroïques. Je crois que tous ceux qui ont vu les images de ces femmes ont été bouleversés. Elles se sont jetées le long de cette immense avenue, à découvert, mains nues, défiant hélicoptères et blindés pour protéger leurs hommes. Les soldats, leur ont tiré dessus mais elles ont continué et atteint leur but. Les soldats qui tiraient depuis leurs blindés sur ces femmes inoffensives, sont des monstres.
« Israël a le droit de se défendre » répondait ce matin l’ancien ambassadeur Elie Barnavi au journaliste de France culture qui lui demandait ce que signifiait l’offensive israélienne au nord de Gaza. Mais le droit de se défendre contre quoi ? Il n’y a pas d’armée palestinienne en face. Il y a un peuple massacré jour après jour par l’armée la mieux équipée du monde. Et les Palestiniens n’ont pas le droit se défendre.
C’est au peuple palestinien victime des massacres qu’il conviendrait de demander ce que signifie vivre sous offensive militaire israélienne, et non pas aux ambassadeurs de l’Etat juif d’Israël. Des ambassadeurs qui ne vous diront jamais, quand il s’agit de vies arabes, la souffrance et l’angoisse des enfants jetés dans l’effroi, des femmes qui ne savent pas comment les protéger, des vieillards qui subissent impuissants, des bébés qui hurlent, des femmes enceintes qui craignent pour leur grossesse, des blessés, des morts, des mères qui pleurent les leurs des hommes qui se sentent humiliés de ne pas pouvoir défendre leurs enfants des médecins qui n’en peuvent plus de voir tout ce sang couler et les blessés s’ajouter aux blessés de leurs hôpitaux mal équipés.
Ces « terroristes », ces « activistes » qu’Israël combat, ce sont des Palestiniens, ce sont les authentiques résidents d’une nation qu’Israël a rayée de la carte, un peuple chassé de sa terre, enfermé dans des camps miséreux. Ce sont des femmes de tout âge qui bravent les tanks pour protéger leurs fils. Ce sont des enfants qui meurent dans leur lit ou en jouant devant leur porte. Ce sont des pères, des frères, des cousins, des époux sommairement exécutés parce que mis par Israël sur la liste des « wanted ». Ce sont des jeunes gens désespérés avec, pour défendre leur dignité, des fusils et des roquettes rudimentaires, et qui savent qu’ils vont à la mort quand ils mettent le nez dehors. Comme l’enfant Bara’ Riyad Fayyad, 4 ans, tué jeudi devant la porte de sa maison. Ce sont des gens tout à fait normaux qui ont voté de façon tout à fait démocratique contre les autorités corrompues du Fatah.
« Où sont nos frères arabes ? » criait une Palestinienne face à une camera.
Oui, où est le monde ? « La « communauté internationale se tait » s’étonnent les gens qui regardent tout cela avec effroi et ne comprennent pas ce silence. Mais la « communauté internationale », si souvent invoquée, n’est qu’un mot vide de sens. Et l’ONU, depuis l’écroulement de l’URSS n’est plus qu’un instrument entre les mains de la superpuissance américaine.
En fait, la « communauté internationale » c’est nous tous ; ce sont ces associations qui sont malheureusement davantage attachées à protéger les acquis de l’Etat juif d’Israël que le droit des Palestiniens à exister, donc à revenir chez eux ; ce sont ces partis politiques, toutes tendances confondues, trop occupés à se placer sur l’échiquier électoral ; ce sont ces élus qui n’osent pas critiquer Israël de peur de se faire accuser d’antisémitisme ; ce sont ces journalistes qui désinforment l’opinion et couvrent les crimes d’Etat.
Massacre à Beit Hanoun
dimanche 5 novembre 2006 par Silvia Cattori
« Beit Hanoun, avec ses 30 000 habitants, était déjà l’objet d’agressions quotidiennes et de frappes aériennes depuis le 25 juin. Maintenant elle est assiégée par des troupes israéliennes au sol. Nous avons vu les chars avancer, se mettre en place. Nous sommes maintenant encerclés par environ 70 chars et au moins 450 soldats qui ont annoncé que la ville est « zone militaire fermée ». Ce qui veut dire que personne ne peut sortir. Personne ne peut s’enfuir. C’est une offensive sur le mode de celles menées en 2002 en Cisjordanie.
Nous n’avons pas d’eau, pas d’électricité. On se terre dans des coins reculés de la maison. Les ambulances ne sont pas autorisées à entrer dans cette zone occupée et fermée. Les soldats ont encerclé les maisons qu’ils voulaient investir. Ils ont occupé des maisons et ils ont enfermé dans une pièce les familles. Maintenant, ils s’en servent comme d’un fortin. Ils percent des murs à l’explosif, font sauter les portes, et les gens sont terrorisés. Ils tirent sur toute personne qui bouge.
Hier, ils ont tiré sur des gens qui cherchaient à se mettre à l’abri, qui n’étaient pas armés, pas en position de combat. Ils leur ont tiré dans le dos et quand celui qui était blessé a voulu s’enfuir, ils l’ont tué ; et ceux qui ont voulu ramasser son corps ont été visés aussi. Dans de nombreux cas, les ambulances n’ont pas pu aller au secours des blessés. Les enfants qui échappent à la vigilance de leurs parents ou qui regardent par la fenêtre sont tués par les soldats israéliens postés sur les toits et les balcons des maisons qu’ils occupent.
Ils ont le feu vert de Bush pour nous tuer et de ces politiciens qui ont affirmé qu’Israël « a le droit de se défendre ». Ils font usage d’armes qui transforment les morts et les blessés en quelque chose de monstrueux. C’est très impressionnant les blessures provoquées par les missiles lâchés par les drones. Ce sont des coupures comme au rasoir, des jambes, des pieds, des mains coupées net ; elles sont tout aussi effrayantes que les blessures des fusils M 16. Les soldats ont l’ordre de tirer sur le haut du corps : ils visent la poitrine, près du cœur, la tête.
Les victimes sont pour la plupart, des civils, tués, ou blessés à la gorge, au cou, à la poitrine, à la tête, alors qu’ils étaient dans leur maison. Ils tirent contre des gens qui s’enfuient de peur ; ils tirent sur des blessés qui cherchent à se sauver. Nous avons perdu la notion du temps, nous ne savons plus depuis combien de temps nous sommes pris dans cette guerre. On se sent perdus. Il y a des avions qui bombardent, des drones qui sont prêts à tirer leurs missiles au dessus de nos têtes. Ils contrôlent toute la zone. Avec les bourdonnements des drones, on a le sentiment d’avoir tout le temps une abeille dans l’oreille. C’est vraiment très pénible.
Il n’y a personne pour nous défendre. Nous n’avons pas d’armée. Nous n’avons que nos parents pour nous défendre sachant qu’ils vont à la mort, qu’ils ne peuvent pas nous défendre. Cette nouvelle agression est terrible pour les petits enfants surtout, très nombreux ici, qui sont contraints de rester enfermés, qui sont terrorisés et qui crient quand il y a des bombardements. Nous apprenons à tout moment qu’il y a des tués, qu’il y a des blessés qui baignent dans leur sang, que les gens ne savent pas comment arrêter l’hémorragie, et que les ambulances ne peuvent pas aller les secourir. Il faudrait que la Croix rouge oblige les Israéliens à accepter que les ambulances palestiniennes puissent aller au secours des blessés sans entraves.
Les Israéliens disent qu’ils mènent cette offensive pour empêcher l’entrée des armes par l’Egypte. C’est faux. Rien ne peut rentrer. Il n’y a à Gaza que des fusils qui ne peuvent rien contre les Apaches et les chars Merkawa de l’armée israélienne. Les armes de guerre qui sont entrées à Gaza, ce sont celles qu’Israël et les Etats-Unis ont livrées à Dahlan, qui est l’homme d’Abou Mazen, l’homme le plus redouté ici à Gaza. Il est à la tête des forces qui, depuis des mois, créent des troubles pour faire tomber le gouvernement du Hamas.
Hier, les soldats ont sommé, par hauts parleurs tous les hommes dès l’âge de 15 de sortir des maisons. Ils ont, par endroit, ratissé maison après maison, menottés et embarqués des centaines d’hommes dans un lieu où ils dû les obliger à se déshabiller, comme ils l’ont fait à Betlaya en juin. Ils laissent les hommes en slips. Pour un oriental c’est la plus insupportable des humiliations. Autant nous tuer.
Nous pensons qu’après Beit Hanoun ils vont s’attaquer à Betlaya, et ensuite à Jabaliya et vont faire ce qu’ils font ici : fouiller maison après maison. Beit Hanoun comme Rafah sont des zones très vulnérables, parce que séparées géographiquement des autres zones habitées, donc plus faciles à isoler du reste de Gaza.
Ce matin, les femmes sont sorties pour voler au secours de leurs fils ou maris menacés par les blindés qui encerclaient la mosquée. Les femmes ont défié les Apaches et les chars. Ce fut pour nous un moment formidable. On s’est senti comme enveloppé dans un voile d’humanité. C’était un moment très fort de voir ces femmes prêtes à aller à la mort pour sauver la vie de leur fils, de leur mari. Elles ont continué sans hésiter et les soldats, qui ne s’y attendaient pas, ont été désorientés. Grâce à cet effet de surprise elles ont réussi, sauvé la vie de ces combattants. Elles ont montré que la plus grande armée du monde peut être vaincue par des gens aux mains nues. Nous avons perçu cela comme un message adressé aux hommes des pays arabes qui restent silencieux. Ces femmes ont dit, par leur geste : « Voila, face à votre lâcheté, les femmes palestinienne sont seules en train lutter pour libérer leurs hommes assiégés par l’ennemi des Arabes, Israël ». (Fin du témoignage)
Ils font la guerre à des civils et le monde ne le sait pas.
Ce jeune palestinien qui nous a raconté tout cela à voix basse nous a déchiré le cœur. Il ne pouvait rendre un meilleur hommage à ces femmes héroïques. Je crois que tous ceux qui ont vu les images de ces femmes ont été bouleversés. Elles se sont jetées le long de cette immense avenue, à découvert, mains nues, défiant hélicoptères et blindés pour protéger leurs hommes. Les soldats, leur ont tiré dessus mais elles ont continué et atteint leur but. Les soldats qui tiraient depuis leurs blindés sur ces femmes inoffensives, sont des monstres.
« Israël a le droit de se défendre » répondait ce matin l’ancien ambassadeur Elie Barnavi au journaliste de France culture qui lui demandait ce que signifiait l’offensive israélienne au nord de Gaza. Mais le droit de se défendre contre quoi ? Il n’y a pas d’armée palestinienne en face. Il y a un peuple massacré jour après jour par l’armée la mieux équipée du monde. Et les Palestiniens n’ont pas le droit se défendre.
C’est au peuple palestinien victime des massacres qu’il conviendrait de demander ce que signifie vivre sous offensive militaire israélienne, et non pas aux ambassadeurs de l’Etat juif d’Israël. Des ambassadeurs qui ne vous diront jamais, quand il s’agit de vies arabes, la souffrance et l’angoisse des enfants jetés dans l’effroi, des femmes qui ne savent pas comment les protéger, des vieillards qui subissent impuissants, des bébés qui hurlent, des femmes enceintes qui craignent pour leur grossesse, des blessés, des morts, des mères qui pleurent les leurs des hommes qui se sentent humiliés de ne pas pouvoir défendre leurs enfants des médecins qui n’en peuvent plus de voir tout ce sang couler et les blessés s’ajouter aux blessés de leurs hôpitaux mal équipés.
Ces « terroristes », ces « activistes » qu’Israël combat, ce sont des Palestiniens, ce sont les authentiques résidents d’une nation qu’Israël a rayée de la carte, un peuple chassé de sa terre, enfermé dans des camps miséreux. Ce sont des femmes de tout âge qui bravent les tanks pour protéger leurs fils. Ce sont des enfants qui meurent dans leur lit ou en jouant devant leur porte. Ce sont des pères, des frères, des cousins, des époux sommairement exécutés parce que mis par Israël sur la liste des « wanted ». Ce sont des jeunes gens désespérés avec, pour défendre leur dignité, des fusils et des roquettes rudimentaires, et qui savent qu’ils vont à la mort quand ils mettent le nez dehors. Comme l’enfant Bara’ Riyad Fayyad, 4 ans, tué jeudi devant la porte de sa maison. Ce sont des gens tout à fait normaux qui ont voté de façon tout à fait démocratique contre les autorités corrompues du Fatah.
« Où sont nos frères arabes ? » criait une Palestinienne face à une camera.
Oui, où est le monde ? « La « communauté internationale se tait » s’étonnent les gens qui regardent tout cela avec effroi et ne comprennent pas ce silence. Mais la « communauté internationale », si souvent invoquée, n’est qu’un mot vide de sens. Et l’ONU, depuis l’écroulement de l’URSS n’est plus qu’un instrument entre les mains de la superpuissance américaine.
En fait, la « communauté internationale » c’est nous tous ; ce sont ces associations qui sont malheureusement davantage attachées à protéger les acquis de l’Etat juif d’Israël que le droit des Palestiniens à exister, donc à revenir chez eux ; ce sont ces partis politiques, toutes tendances confondues, trop occupés à se placer sur l’échiquier électoral ; ce sont ces élus qui n’osent pas critiquer Israël de peur de se faire accuser d’antisémitisme ; ce sont ces journalistes qui désinforment l’opinion et couvrent les crimes d’Etat.
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