L'assassinat du Comte Bernadotte Médiateur de l'ONU.Groupe Stern - Lehi . 17 septembre 1948 .
La situation sur place .Depuis le 19 novembre 1947 , jour du vote de la Résolution 181 recommandant le partage de la Palestine entre deux Etats séparés (juif, et arabe), la guerre civile fait rage en Palestine .Le 14 mai 1948, dernier jour du Mandat britannique en Palestine et veille de la déclaration d’indépendance d’Israël, le Comte Folke Bernadotte est nommé par l'ONU., "Médiateur pour la Palestine". Sa mission est immense : faire cesser les combats et superviser la mise en application du partage territorial ...Le choix de l'ONU concernant Bernadotte a été on ne peut plus indiqué ;Bernadotte s’était illustré par son action humanitaire à la direction de la Croix Rouge Internationale durant la Seconde guerre mondiale, et une de ses actions, en particulier, lui valut une immense popularité : dans les dernières semaines de la guerre, il facilita et organisa la libération de milliers de juifs, de chrétiens et de prisonniers de guerre alliés des camps de concentration et de prisonniers de guerre. Neveu du Roi de Suède, parlant couramment six langues, il était mondialement respecté en tant que bienfaiteur humanitaire honorable et efficient, d’une totale neutralité politique. Sa candidature à la responsabilité de Médiateur avait été proposée par les Etats-Unis, et sa nomination avait été votée à l’unanimité.Durant ses quatre mois de médiation, Bernadotte dépensa une énergie folle à l'accomplissement de sa mission .Il rencontra tout le monde,constata de lui même les problèmes et tenta d'y remédier .Ce programme échevelé ne l’empêcha jamais de coucher ses observations quotidiennes dans son journal personnel, dans lequel on peut lire ses réflexions et aussi, de temps en temps, ses indignations acerbes devant la belligérance israélienne. Déclaration "imprudente "...Le comte Bernadotte,déclarait à la veille de son assassinat : « L’exode des Arabes de Palestine a été provoqué par la panique résultant des combats ou par des rumeurs rapportant des actes de terrorisme réels ou supposés, ou par des mesures d’expulsion. »,et il soulignait : « L’avenir de ces réfugiés arabes est l’un des problèmes litigieux et sa solution présente de graves difficultés ... » Réçit de la journée de l'attentat :Après l’atterrissage à Kalandia- Jérusalem, Bernadotte et ses accompagnateurs se rendent en voiture à Jérusalem.Au programme du jour,deux choses : rencontrer les Observateurs de la Trêve,et faire un choix pour l'emplacement d’un nouveau quartier général,car jusque là Bernadotte et son équipe opéraient depuis l’Hôtel des Roses, situé sur l’île grecque de Rhodes, laquelle était, à ses yeux, beaucoup trop loin de la zone de guerre. Après avoir rencontré les observateurs de la trêve et visité quelques emplacements possibles pour le bâtiment du quartier général, le convoi de Bernadotte, composé de trois voitures, entra dans le quartier Katamon de Jérusalem. Chaque voiture arborait les drapeaux des Nations Unies et de la Croix Rouge,et personne, dans ce convoi, n’était armé.Bernadotte quant à lui avait refusé à plusieurs reprises le gilet pare-balle qu’on lui proposait.Dans la voiture du Médiateur, sur la banquette arrière, avaient pris place : Bernadotte, le colonel français André Sérot, chef des observateurs des Nations Unies à Jérusalem, et le général suédois Aage Lundstrom ,chef de la supervision de la trêve en Palestine, et représentant personnel de Bernadotte.à gaucheLe quartier de Katamon, sous contrôle de l’armée israélienne, était presque désert ;les habitants chrétiens de cette partie de Jérusalem naguère encore aisée avaient été expulsés à la pointe des baïonnettes par les forces armées sionistes, fin avril.Peu après avoir franchi un checkpoint de l’armée israélienne, le convoi est arrêté par une jeep qui lui barre le passage. Trois hommes armés, revêtus de l’uniforme de l’armée israélienne, surgissent de cette jeep tandis que le conducteur reste au volant .Les 3 voitures sont arrosées de balles. Bernadotte est abattu à bout portant de 6 rafales de mitraillette Schmesseir.Dans leur déclaration dactylographiée, reconnaissant leur responsabilité dans le double assassinat, les tueurs demandent qu’on veuille bien les excuser d’avoir abattu Sérot « par erreur ». Les suites de l'attentat :L’assassinat de Bernadotte suscita une condamnation universelle.Suspectant que le Lehi, connu également sous le nom de Groupe Stern, était à l’origine du double assassinat, le Premier ministre israélien David Ben-Gourion ordonna que ses membres fussent recherchés et leur organisation dissoute. Les quatre tueurs étaient bien, en effet, des hommes du Groupe Stern : trois tireurs et un chauffeur. Ils furent identifiés, et leurs noms figurent dans le livre de Kati Marton, « A Death in Jerusalem » . Les trois tireurs étaient Yitzhak Ben-Moshe, « Gingi » Zinger et Yehoshua Cohen,le conducteur de la jeep s'appelait quant à lui : Meshulam Makover. Des trois dirigeants du groupe Stern qui avaient envoyé les tueurs en mission,à savoir Israël Eldad, Natan Yalin-Mor et Yitzhak Shamir, seul Yalon-Mor passa en jugement .Il fut condamné non pas pour avoir assassiné Bernadotte, mais pour appartenance à une organisation terroriste. Deux semaine après sa condamnation,il bénéficia de l' amnistie générale décrétée par Ben-Gourion.Le sort des hommes du commando allait démontrer que ce genre d'affaire n'a guère d'incidence sur son avenir ; Natan Yalin-Mor fut élu député à la Knesset ,le tireur, Yehoshua Cohen, devint le garde du corps personnel de Ben-Gourion,et quant à Yitzhak Shamir, il succéda à Menahem Begin au poste de Premier ministre en 1983. L'ONU se fache ... Très fort ... Une fois de plus ...
La résolution No. 57 du18 septembre 1948 Le Conseil de la Sécurité exprime son choc profond à l'assassinat du médiateur des Nations Unies en Palestine, Le Comte Folk Bernadotte dans un acte lâche exécuté par un groupe criminel des terroristes à Jérusalem.
La résolution. No. 59 du 19 octobre 1948 Le Conseil exprime son inquiétude sur le fait qu’Israël n'a pas soumis son rapport sur l'assassinat du Comte Bernadotte.
Va y avoir "des suites"... Ca c'est sûr ....
dimanche 15 février 2009
jeudi 5 février 2009
PALESTINE
Massacre à Beit Hanoun
dimanche 5 novembre 2006 par Silvia Cattori
« Beit Hanoun, avec ses 30 000 habitants, était déjà l’objet d’agressions quotidiennes et de frappes aériennes depuis le 25 juin. Maintenant elle est assiégée par des troupes israéliennes au sol. Nous avons vu les chars avancer, se mettre en place. Nous sommes maintenant encerclés par environ 70 chars et au moins 450 soldats qui ont annoncé que la ville est « zone militaire fermée ». Ce qui veut dire que personne ne peut sortir. Personne ne peut s’enfuir. C’est une offensive sur le mode de celles menées en 2002 en Cisjordanie.
Nous n’avons pas d’eau, pas d’électricité. On se terre dans des coins reculés de la maison. Les ambulances ne sont pas autorisées à entrer dans cette zone occupée et fermée. Les soldats ont encerclé les maisons qu’ils voulaient investir. Ils ont occupé des maisons et ils ont enfermé dans une pièce les familles. Maintenant, ils s’en servent comme d’un fortin. Ils percent des murs à l’explosif, font sauter les portes, et les gens sont terrorisés. Ils tirent sur toute personne qui bouge.
Hier, ils ont tiré sur des gens qui cherchaient à se mettre à l’abri, qui n’étaient pas armés, pas en position de combat. Ils leur ont tiré dans le dos et quand celui qui était blessé a voulu s’enfuir, ils l’ont tué ; et ceux qui ont voulu ramasser son corps ont été visés aussi. Dans de nombreux cas, les ambulances n’ont pas pu aller au secours des blessés. Les enfants qui échappent à la vigilance de leurs parents ou qui regardent par la fenêtre sont tués par les soldats israéliens postés sur les toits et les balcons des maisons qu’ils occupent.
Ils ont le feu vert de Bush pour nous tuer et de ces politiciens qui ont affirmé qu’Israël « a le droit de se défendre ». Ils font usage d’armes qui transforment les morts et les blessés en quelque chose de monstrueux. C’est très impressionnant les blessures provoquées par les missiles lâchés par les drones. Ce sont des coupures comme au rasoir, des jambes, des pieds, des mains coupées net ; elles sont tout aussi effrayantes que les blessures des fusils M 16. Les soldats ont l’ordre de tirer sur le haut du corps : ils visent la poitrine, près du cœur, la tête.
Les victimes sont pour la plupart, des civils, tués, ou blessés à la gorge, au cou, à la poitrine, à la tête, alors qu’ils étaient dans leur maison. Ils tirent contre des gens qui s’enfuient de peur ; ils tirent sur des blessés qui cherchent à se sauver. Nous avons perdu la notion du temps, nous ne savons plus depuis combien de temps nous sommes pris dans cette guerre. On se sent perdus. Il y a des avions qui bombardent, des drones qui sont prêts à tirer leurs missiles au dessus de nos têtes. Ils contrôlent toute la zone. Avec les bourdonnements des drones, on a le sentiment d’avoir tout le temps une abeille dans l’oreille. C’est vraiment très pénible.
Il n’y a personne pour nous défendre. Nous n’avons pas d’armée. Nous n’avons que nos parents pour nous défendre sachant qu’ils vont à la mort, qu’ils ne peuvent pas nous défendre. Cette nouvelle agression est terrible pour les petits enfants surtout, très nombreux ici, qui sont contraints de rester enfermés, qui sont terrorisés et qui crient quand il y a des bombardements. Nous apprenons à tout moment qu’il y a des tués, qu’il y a des blessés qui baignent dans leur sang, que les gens ne savent pas comment arrêter l’hémorragie, et que les ambulances ne peuvent pas aller les secourir. Il faudrait que la Croix rouge oblige les Israéliens à accepter que les ambulances palestiniennes puissent aller au secours des blessés sans entraves.
Les Israéliens disent qu’ils mènent cette offensive pour empêcher l’entrée des armes par l’Egypte. C’est faux. Rien ne peut rentrer. Il n’y a à Gaza que des fusils qui ne peuvent rien contre les Apaches et les chars Merkawa de l’armée israélienne. Les armes de guerre qui sont entrées à Gaza, ce sont celles qu’Israël et les Etats-Unis ont livrées à Dahlan, qui est l’homme d’Abou Mazen, l’homme le plus redouté ici à Gaza. Il est à la tête des forces qui, depuis des mois, créent des troubles pour faire tomber le gouvernement du Hamas.
Hier, les soldats ont sommé, par hauts parleurs tous les hommes dès l’âge de 15 de sortir des maisons. Ils ont, par endroit, ratissé maison après maison, menottés et embarqués des centaines d’hommes dans un lieu où ils dû les obliger à se déshabiller, comme ils l’ont fait à Betlaya en juin. Ils laissent les hommes en slips. Pour un oriental c’est la plus insupportable des humiliations. Autant nous tuer.
Nous pensons qu’après Beit Hanoun ils vont s’attaquer à Betlaya, et ensuite à Jabaliya et vont faire ce qu’ils font ici : fouiller maison après maison. Beit Hanoun comme Rafah sont des zones très vulnérables, parce que séparées géographiquement des autres zones habitées, donc plus faciles à isoler du reste de Gaza.
Ce matin, les femmes sont sorties pour voler au secours de leurs fils ou maris menacés par les blindés qui encerclaient la mosquée. Les femmes ont défié les Apaches et les chars. Ce fut pour nous un moment formidable. On s’est senti comme enveloppé dans un voile d’humanité. C’était un moment très fort de voir ces femmes prêtes à aller à la mort pour sauver la vie de leur fils, de leur mari. Elles ont continué sans hésiter et les soldats, qui ne s’y attendaient pas, ont été désorientés. Grâce à cet effet de surprise elles ont réussi, sauvé la vie de ces combattants. Elles ont montré que la plus grande armée du monde peut être vaincue par des gens aux mains nues. Nous avons perçu cela comme un message adressé aux hommes des pays arabes qui restent silencieux. Ces femmes ont dit, par leur geste : « Voila, face à votre lâcheté, les femmes palestinienne sont seules en train lutter pour libérer leurs hommes assiégés par l’ennemi des Arabes, Israël ». (Fin du témoignage)
Ils font la guerre à des civils et le monde ne le sait pas.
Ce jeune palestinien qui nous a raconté tout cela à voix basse nous a déchiré le cœur. Il ne pouvait rendre un meilleur hommage à ces femmes héroïques. Je crois que tous ceux qui ont vu les images de ces femmes ont été bouleversés. Elles se sont jetées le long de cette immense avenue, à découvert, mains nues, défiant hélicoptères et blindés pour protéger leurs hommes. Les soldats, leur ont tiré dessus mais elles ont continué et atteint leur but. Les soldats qui tiraient depuis leurs blindés sur ces femmes inoffensives, sont des monstres.
« Israël a le droit de se défendre » répondait ce matin l’ancien ambassadeur Elie Barnavi au journaliste de France culture qui lui demandait ce que signifiait l’offensive israélienne au nord de Gaza. Mais le droit de se défendre contre quoi ? Il n’y a pas d’armée palestinienne en face. Il y a un peuple massacré jour après jour par l’armée la mieux équipée du monde. Et les Palestiniens n’ont pas le droit se défendre.
C’est au peuple palestinien victime des massacres qu’il conviendrait de demander ce que signifie vivre sous offensive militaire israélienne, et non pas aux ambassadeurs de l’Etat juif d’Israël. Des ambassadeurs qui ne vous diront jamais, quand il s’agit de vies arabes, la souffrance et l’angoisse des enfants jetés dans l’effroi, des femmes qui ne savent pas comment les protéger, des vieillards qui subissent impuissants, des bébés qui hurlent, des femmes enceintes qui craignent pour leur grossesse, des blessés, des morts, des mères qui pleurent les leurs des hommes qui se sentent humiliés de ne pas pouvoir défendre leurs enfants des médecins qui n’en peuvent plus de voir tout ce sang couler et les blessés s’ajouter aux blessés de leurs hôpitaux mal équipés.
Ces « terroristes », ces « activistes » qu’Israël combat, ce sont des Palestiniens, ce sont les authentiques résidents d’une nation qu’Israël a rayée de la carte, un peuple chassé de sa terre, enfermé dans des camps miséreux. Ce sont des femmes de tout âge qui bravent les tanks pour protéger leurs fils. Ce sont des enfants qui meurent dans leur lit ou en jouant devant leur porte. Ce sont des pères, des frères, des cousins, des époux sommairement exécutés parce que mis par Israël sur la liste des « wanted ». Ce sont des jeunes gens désespérés avec, pour défendre leur dignité, des fusils et des roquettes rudimentaires, et qui savent qu’ils vont à la mort quand ils mettent le nez dehors. Comme l’enfant Bara’ Riyad Fayyad, 4 ans, tué jeudi devant la porte de sa maison. Ce sont des gens tout à fait normaux qui ont voté de façon tout à fait démocratique contre les autorités corrompues du Fatah.
« Où sont nos frères arabes ? » criait une Palestinienne face à une camera.
Oui, où est le monde ? « La « communauté internationale se tait » s’étonnent les gens qui regardent tout cela avec effroi et ne comprennent pas ce silence. Mais la « communauté internationale », si souvent invoquée, n’est qu’un mot vide de sens. Et l’ONU, depuis l’écroulement de l’URSS n’est plus qu’un instrument entre les mains de la superpuissance américaine.
En fait, la « communauté internationale » c’est nous tous ; ce sont ces associations qui sont malheureusement davantage attachées à protéger les acquis de l’Etat juif d’Israël que le droit des Palestiniens à exister, donc à revenir chez eux ; ce sont ces partis politiques, toutes tendances confondues, trop occupés à se placer sur l’échiquier électoral ; ce sont ces élus qui n’osent pas critiquer Israël de peur de se faire accuser d’antisémitisme ; ce sont ces journalistes qui désinforment l’opinion et couvrent les crimes d’Etat.
Massacre à Beit Hanoun
dimanche 5 novembre 2006 par Silvia Cattori
« Beit Hanoun, avec ses 30 000 habitants, était déjà l’objet d’agressions quotidiennes et de frappes aériennes depuis le 25 juin. Maintenant elle est assiégée par des troupes israéliennes au sol. Nous avons vu les chars avancer, se mettre en place. Nous sommes maintenant encerclés par environ 70 chars et au moins 450 soldats qui ont annoncé que la ville est « zone militaire fermée ». Ce qui veut dire que personne ne peut sortir. Personne ne peut s’enfuir. C’est une offensive sur le mode de celles menées en 2002 en Cisjordanie.
Nous n’avons pas d’eau, pas d’électricité. On se terre dans des coins reculés de la maison. Les ambulances ne sont pas autorisées à entrer dans cette zone occupée et fermée. Les soldats ont encerclé les maisons qu’ils voulaient investir. Ils ont occupé des maisons et ils ont enfermé dans une pièce les familles. Maintenant, ils s’en servent comme d’un fortin. Ils percent des murs à l’explosif, font sauter les portes, et les gens sont terrorisés. Ils tirent sur toute personne qui bouge.
Hier, ils ont tiré sur des gens qui cherchaient à se mettre à l’abri, qui n’étaient pas armés, pas en position de combat. Ils leur ont tiré dans le dos et quand celui qui était blessé a voulu s’enfuir, ils l’ont tué ; et ceux qui ont voulu ramasser son corps ont été visés aussi. Dans de nombreux cas, les ambulances n’ont pas pu aller au secours des blessés. Les enfants qui échappent à la vigilance de leurs parents ou qui regardent par la fenêtre sont tués par les soldats israéliens postés sur les toits et les balcons des maisons qu’ils occupent.
Ils ont le feu vert de Bush pour nous tuer et de ces politiciens qui ont affirmé qu’Israël « a le droit de se défendre ». Ils font usage d’armes qui transforment les morts et les blessés en quelque chose de monstrueux. C’est très impressionnant les blessures provoquées par les missiles lâchés par les drones. Ce sont des coupures comme au rasoir, des jambes, des pieds, des mains coupées net ; elles sont tout aussi effrayantes que les blessures des fusils M 16. Les soldats ont l’ordre de tirer sur le haut du corps : ils visent la poitrine, près du cœur, la tête.
Les victimes sont pour la plupart, des civils, tués, ou blessés à la gorge, au cou, à la poitrine, à la tête, alors qu’ils étaient dans leur maison. Ils tirent contre des gens qui s’enfuient de peur ; ils tirent sur des blessés qui cherchent à se sauver. Nous avons perdu la notion du temps, nous ne savons plus depuis combien de temps nous sommes pris dans cette guerre. On se sent perdus. Il y a des avions qui bombardent, des drones qui sont prêts à tirer leurs missiles au dessus de nos têtes. Ils contrôlent toute la zone. Avec les bourdonnements des drones, on a le sentiment d’avoir tout le temps une abeille dans l’oreille. C’est vraiment très pénible.
Il n’y a personne pour nous défendre. Nous n’avons pas d’armée. Nous n’avons que nos parents pour nous défendre sachant qu’ils vont à la mort, qu’ils ne peuvent pas nous défendre. Cette nouvelle agression est terrible pour les petits enfants surtout, très nombreux ici, qui sont contraints de rester enfermés, qui sont terrorisés et qui crient quand il y a des bombardements. Nous apprenons à tout moment qu’il y a des tués, qu’il y a des blessés qui baignent dans leur sang, que les gens ne savent pas comment arrêter l’hémorragie, et que les ambulances ne peuvent pas aller les secourir. Il faudrait que la Croix rouge oblige les Israéliens à accepter que les ambulances palestiniennes puissent aller au secours des blessés sans entraves.
Les Israéliens disent qu’ils mènent cette offensive pour empêcher l’entrée des armes par l’Egypte. C’est faux. Rien ne peut rentrer. Il n’y a à Gaza que des fusils qui ne peuvent rien contre les Apaches et les chars Merkawa de l’armée israélienne. Les armes de guerre qui sont entrées à Gaza, ce sont celles qu’Israël et les Etats-Unis ont livrées à Dahlan, qui est l’homme d’Abou Mazen, l’homme le plus redouté ici à Gaza. Il est à la tête des forces qui, depuis des mois, créent des troubles pour faire tomber le gouvernement du Hamas.
Hier, les soldats ont sommé, par hauts parleurs tous les hommes dès l’âge de 15 de sortir des maisons. Ils ont, par endroit, ratissé maison après maison, menottés et embarqués des centaines d’hommes dans un lieu où ils dû les obliger à se déshabiller, comme ils l’ont fait à Betlaya en juin. Ils laissent les hommes en slips. Pour un oriental c’est la plus insupportable des humiliations. Autant nous tuer.
Nous pensons qu’après Beit Hanoun ils vont s’attaquer à Betlaya, et ensuite à Jabaliya et vont faire ce qu’ils font ici : fouiller maison après maison. Beit Hanoun comme Rafah sont des zones très vulnérables, parce que séparées géographiquement des autres zones habitées, donc plus faciles à isoler du reste de Gaza.
Ce matin, les femmes sont sorties pour voler au secours de leurs fils ou maris menacés par les blindés qui encerclaient la mosquée. Les femmes ont défié les Apaches et les chars. Ce fut pour nous un moment formidable. On s’est senti comme enveloppé dans un voile d’humanité. C’était un moment très fort de voir ces femmes prêtes à aller à la mort pour sauver la vie de leur fils, de leur mari. Elles ont continué sans hésiter et les soldats, qui ne s’y attendaient pas, ont été désorientés. Grâce à cet effet de surprise elles ont réussi, sauvé la vie de ces combattants. Elles ont montré que la plus grande armée du monde peut être vaincue par des gens aux mains nues. Nous avons perçu cela comme un message adressé aux hommes des pays arabes qui restent silencieux. Ces femmes ont dit, par leur geste : « Voila, face à votre lâcheté, les femmes palestinienne sont seules en train lutter pour libérer leurs hommes assiégés par l’ennemi des Arabes, Israël ». (Fin du témoignage)
Ils font la guerre à des civils et le monde ne le sait pas.
Ce jeune palestinien qui nous a raconté tout cela à voix basse nous a déchiré le cœur. Il ne pouvait rendre un meilleur hommage à ces femmes héroïques. Je crois que tous ceux qui ont vu les images de ces femmes ont été bouleversés. Elles se sont jetées le long de cette immense avenue, à découvert, mains nues, défiant hélicoptères et blindés pour protéger leurs hommes. Les soldats, leur ont tiré dessus mais elles ont continué et atteint leur but. Les soldats qui tiraient depuis leurs blindés sur ces femmes inoffensives, sont des monstres.
« Israël a le droit de se défendre » répondait ce matin l’ancien ambassadeur Elie Barnavi au journaliste de France culture qui lui demandait ce que signifiait l’offensive israélienne au nord de Gaza. Mais le droit de se défendre contre quoi ? Il n’y a pas d’armée palestinienne en face. Il y a un peuple massacré jour après jour par l’armée la mieux équipée du monde. Et les Palestiniens n’ont pas le droit se défendre.
C’est au peuple palestinien victime des massacres qu’il conviendrait de demander ce que signifie vivre sous offensive militaire israélienne, et non pas aux ambassadeurs de l’Etat juif d’Israël. Des ambassadeurs qui ne vous diront jamais, quand il s’agit de vies arabes, la souffrance et l’angoisse des enfants jetés dans l’effroi, des femmes qui ne savent pas comment les protéger, des vieillards qui subissent impuissants, des bébés qui hurlent, des femmes enceintes qui craignent pour leur grossesse, des blessés, des morts, des mères qui pleurent les leurs des hommes qui se sentent humiliés de ne pas pouvoir défendre leurs enfants des médecins qui n’en peuvent plus de voir tout ce sang couler et les blessés s’ajouter aux blessés de leurs hôpitaux mal équipés.
Ces « terroristes », ces « activistes » qu’Israël combat, ce sont des Palestiniens, ce sont les authentiques résidents d’une nation qu’Israël a rayée de la carte, un peuple chassé de sa terre, enfermé dans des camps miséreux. Ce sont des femmes de tout âge qui bravent les tanks pour protéger leurs fils. Ce sont des enfants qui meurent dans leur lit ou en jouant devant leur porte. Ce sont des pères, des frères, des cousins, des époux sommairement exécutés parce que mis par Israël sur la liste des « wanted ». Ce sont des jeunes gens désespérés avec, pour défendre leur dignité, des fusils et des roquettes rudimentaires, et qui savent qu’ils vont à la mort quand ils mettent le nez dehors. Comme l’enfant Bara’ Riyad Fayyad, 4 ans, tué jeudi devant la porte de sa maison. Ce sont des gens tout à fait normaux qui ont voté de façon tout à fait démocratique contre les autorités corrompues du Fatah.
« Où sont nos frères arabes ? » criait une Palestinienne face à une camera.
Oui, où est le monde ? « La « communauté internationale se tait » s’étonnent les gens qui regardent tout cela avec effroi et ne comprennent pas ce silence. Mais la « communauté internationale », si souvent invoquée, n’est qu’un mot vide de sens. Et l’ONU, depuis l’écroulement de l’URSS n’est plus qu’un instrument entre les mains de la superpuissance américaine.
En fait, la « communauté internationale » c’est nous tous ; ce sont ces associations qui sont malheureusement davantage attachées à protéger les acquis de l’Etat juif d’Israël que le droit des Palestiniens à exister, donc à revenir chez eux ; ce sont ces partis politiques, toutes tendances confondues, trop occupés à se placer sur l’échiquier électoral ; ce sont ces élus qui n’osent pas critiquer Israël de peur de se faire accuser d’antisémitisme ; ce sont ces journalistes qui désinforment l’opinion et couvrent les crimes d’Etat.
Le massacre de Jenine 2002
Un énorme bulldozer de fabrication japonaise entame la destruction d’un immeuble de trois étages qui menacede s’écrouleret d’où pendent quelques vêtements d’enfants. A l’extérieur, cachée derrièreune pancarte en plastique installée par la municipalitépour éloigner les curieux, la propriétaire des lieux regarde le bulldozer en sanglotant amèrement eten se cachant le visagederrière ses doigts ridés.Son visage se tord, comme si c’était son propre corps que le bulldozer abattait. Hind Awwas est mère dedix enfants. Unecentaine de soldats ont fait irruption dans sa maison, explique-t-elle. Ils sont restés cinq jours et ont tout détruit.C’estl’un des épisodes scandaleux de l’opération Rempart. Selon tous les témoignages, les soldatsont agi avec sauvagerie et sansjustification. Ils parlaient grossièrement, détruisaient tout, inscrivaient les noms de leurs unitéssur les murs, volaientl’argent et les biens de valeur. Les habitants arrêtés pour interrogatoire parlent de conditions humiliantes: ils étaientobligés de se coucher à même le sol des journées entières, ne pouvaient garder que leurssous-vêtements, tandis que leursmains étaient liées, et les Israéliens les frappaient.
Les soldats qui ont investi la maison de Hind Awwas ont demandé aux habitants de quitter les lieux. Awwas a refusé:elle n’avaitnul endroit où se réfugier, tandis que l’on tirait dehors. Les soldats se sont d’abord contentésdes deux étages supérieursavant de réitérer, le lendemain, leur ordre d’évacuation. Awwas a de nouveau refusé. Un soldats’est emparé de son neveu,un enfant d’un an et demi, l’a coincé sous son bras et, avec l’autre main, lui a placé un pistoletsur la tempe. Dans un arabeapproximatif, il a menacé de tuer l’enfant si les gens n’évacuaient pas les lieux. Alors, elle s’estenfuie avec les enfants.
Ce n’était pas un officier, dit-elle, mais elle ne pourrait pas le reconnaître. Comme tous les soldats,il s’était recouvertle visage de peinture noire, peut-être pour éviter toute identification qui pourrait le conduire devant un tribunalchargéd’instruire des crimes de guerre. Mais elle se rappelle l’unité : les soldats ont peint un graffiti noiraux armes de l’unitéd’infanterie des Golani. Avant de quitter la maison, ils y ont mis le feu.Le bulldozer municipal continue son travail de sape. Awwas se met à insulter Ariel Sharon, George Bush et le mondeentier,coupable de rester silencieux. Elle se dit fière du courage des combattants du camp, qui ont essayé d’arrêterles envahisseurs,ainsi que de la municipalité, qui s’active pour réintroduire un semblant de vie normale. Avant d’envoyerses équipes de réfectiondans le camp, la municipalité avait tout d’abord envisagé de le laisser en l’état, comme unmonument de la honte. Cependant,la plupart des sans-abri voulaient retourner chez eux et on trouvait parmi eux de nombreux anciens habitants d’Haïfaet deses environs, qu’ils avaient fui en 1948. En attendant que leurs maisons soient reconstruites, ils vivront sous des tentes.“Ce sera le premier camp de tentes du XXIe siècle”, affirme un fonctionnaire palestinien.C’est une histoire sale et cruelle. Le nom que l’on peut lui donner n’a pas tellement d’importance. Onpeut oublier le terme“massacre” ou considérer que tout meurtre de civils est un massacre, quels que soient le nombre des tuéset les circonstances.Mais le plus important, c’est l’énergie déployée pour reconstruire le plus vite possible lesmaisons détruites. Parce que,une chose est sûre : dans six mois, la pluie reviendra.
Tout un site ne suffirait pas à rapporter les horreurs pépetrées à Jénine.Cliquez sur cette url pour prendre connaissance du rapport complet de Human Right Watch sur Jénine:
The full report of Human Rights Watch on Jenin
Les soldats qui ont investi la maison de Hind Awwas ont demandé aux habitants de quitter les lieux. Awwas a refusé:elle n’avaitnul endroit où se réfugier, tandis que l’on tirait dehors. Les soldats se sont d’abord contentésdes deux étages supérieursavant de réitérer, le lendemain, leur ordre d’évacuation. Awwas a de nouveau refusé. Un soldats’est emparé de son neveu,un enfant d’un an et demi, l’a coincé sous son bras et, avec l’autre main, lui a placé un pistoletsur la tempe. Dans un arabeapproximatif, il a menacé de tuer l’enfant si les gens n’évacuaient pas les lieux. Alors, elle s’estenfuie avec les enfants.
Ce n’était pas un officier, dit-elle, mais elle ne pourrait pas le reconnaître. Comme tous les soldats,il s’était recouvertle visage de peinture noire, peut-être pour éviter toute identification qui pourrait le conduire devant un tribunalchargéd’instruire des crimes de guerre. Mais elle se rappelle l’unité : les soldats ont peint un graffiti noiraux armes de l’unitéd’infanterie des Golani. Avant de quitter la maison, ils y ont mis le feu.Le bulldozer municipal continue son travail de sape. Awwas se met à insulter Ariel Sharon, George Bush et le mondeentier,coupable de rester silencieux. Elle se dit fière du courage des combattants du camp, qui ont essayé d’arrêterles envahisseurs,ainsi que de la municipalité, qui s’active pour réintroduire un semblant de vie normale. Avant d’envoyerses équipes de réfectiondans le camp, la municipalité avait tout d’abord envisagé de le laisser en l’état, comme unmonument de la honte. Cependant,la plupart des sans-abri voulaient retourner chez eux et on trouvait parmi eux de nombreux anciens habitants d’Haïfaet deses environs, qu’ils avaient fui en 1948. En attendant que leurs maisons soient reconstruites, ils vivront sous des tentes.“Ce sera le premier camp de tentes du XXIe siècle”, affirme un fonctionnaire palestinien.C’est une histoire sale et cruelle. Le nom que l’on peut lui donner n’a pas tellement d’importance. Onpeut oublier le terme“massacre” ou considérer que tout meurtre de civils est un massacre, quels que soient le nombre des tuéset les circonstances.Mais le plus important, c’est l’énergie déployée pour reconstruire le plus vite possible lesmaisons détruites. Parce que,une chose est sûre : dans six mois, la pluie reviendra.
Tout un site ne suffirait pas à rapporter les horreurs pépetrées à Jénine.Cliquez sur cette url pour prendre connaissance du rapport complet de Human Right Watch sur Jénine:
The full report of Human Rights Watch on Jenin
Si Ghaza m'était contée...
La guerre impitoyable menée fin 2008 contre le peuple palestinien de Ghaza aurai au moins démontré le cynisme des israéliens, la couardise des arabes et l'infinie hypocrisie des occidentaux...
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