Israël aurait violé les lois de la guerre
Ces témoignages sont d'autant plus troublants qu'ils viennent conforter les accusations des Palestiniens et des organisations de défense des droits de l'Homme, selon lesquelles Israël aurait violé les lois de la guerre à Gaza.
Ces témoignages ont été publiés dans la lettre d'information en ligne d'une école militaire, transmise aux journaux israéliens Haaretz et Maariv, qui en ont publié des extraits jeudi et vendredi, et que l'agence de presse américaine Associated Press a obtenus dans leur intégralité.
Le directeur de l'institut militaire, Danny Zamir, a qualifié la discussion entre soldats "d'instructive", mais également "consternante et déprimante": "vous êtes en train de décrire une armée avec des normes très basses".
L'un des soldats décrit comment une Palestinienne et ses deux enfants ont été tués, atteints par un sniper, pour avoir mal compris ce qu'un soldat israélien leur ordonnait et pris le mauvais chemin: le tireur embusqué n'avait pas été informé que les civils avaient reçu l'autorisation de sortir de la maison qu'il surveillait, et a donc ouvert le feu quand il les a vus approcher.
Une vieille femme abattue
Un autre raconte la mort d'une vieille femme, abattue alors qu'elle marchait sur la route et qu'il n'était pas clair qu'elle constitue un danger. "J'ai simplement eu l'impression que c'était un meurtre de sang froid", raconte le soldat identifié uniquement sous le nom d'"Aviv".
Et "Aviv" de raconter également comment sa propre unité a reçu ordre d'investir une maison par la force et de tirer à vue sur toute personne s'y trouvant. "J'appelle ça meurtre", a estimé le soldat. "En haut, ils disaient que c'était autorisé, parce que quiconque restait dans le secteur et dans la ville de Gaza était dans les faits condamné, et un terroriste, parce qu'ils n'avaient pas fui".
Le jeune homme explique ensuite qu'il a insisté pour qu'on donne cinq minutes aux habitants pour évacuer, une attitude qui a déclenché des protestations parmi ses camarades. Selon lui, les soldats se comportaient comme si "à l'intérieur de Gaza, vous avez le droit de faire ce que vous voulez, d'enfoncer les portes des maisons sans autre raison que le fait que c'est cool". "Ecrire 'Mort aux Arabes' sur les murs, prendre les photos de famille et leur cracher dessus, juste parce que vous pouvez le faire", a-t-il ajouté.
Pamphlet religieux
Un autre soldat, "Ram", décrit ce qui semble être une querelle entre soldats laïcs et soldats religieux, et le "fossé profond" entre les informations préalables à l'opération fournies par l'armée et celles fournies par le rabbinat militaire, donnant le sentiment d'une "mission quasi-religieuse". "Leur message était très clair: 'Nous sommes le peuple juif, nous sommes venus sur cette terre grâce à un miracle. Dieu nous a ramenés sur cette terre, et maintenant nous devons nous battre pour chasser ceux qui interfèrent avec notre conquête de cette terre sainte'", dit-il.
Un peu plus tôt cette année, Tsahal avait déjà sérieusement réprimandé un officier pour avoir distribué un pamphlet religieux appelant les soldats à n'avoir aucune pitié avec leurs ennemis: ce document était basé sur les écrits d'un rabbin ultranationaliste, et pas approuvé par le rabbinat militaire, a expliqué l'armée israélienne.
L'offensive militaire israélienne a fait en 22 jours 1.417 morts côté palestinien, dont 926 civils, selon le Centre palestinien pour les Droits de l'homme.
dimanche 22 mars 2009
samedi 21 mars 2009
peine nommé par Obama, le nouveau directeur du National Intelligence Council, Charles Freeman, a dû se retirer. A cause des lobbies pro-israéliens qui avaient lancé une campagne contre lui.
Quand la Maison Blanche de Barack Obama a exigé de Charles Freeman qu’il se retire le 10 mars de son nouveau poste de Directeur du National Intelligence Council (NIC), les lobbys pro-israéliens ont remporté une importante victoire qui en dit long sur la politique du nouveau président américain au Moyen-Orient.
Le NIC collecte et analyse pour le président les informations venant de seize agences de renseignement. Il prépare aussi le National Intelligence Estimate (Rapport national du renseignement) et son directeur occupe donc une fonction clé. Mais Charles Freeman représentait un gros problème pour les amis américains de la droite israélienne. Et, dès que sa nomination a été rendue publique, les lobbies pro-israéliens ont commencé à s’agiter.
Obama ligoté ?
© Moreno
Un proche de l’AIPAC lance la charge contre Freeman
La campagne contre Freeman a été lancée par Steve Rosen, ancien lobbyiste-en-chef du puissant American Israël Public Affairs Commette (l’AIPAC, le riche lobby pro-israélien très proche de l’ambassade d’Israël) dans une série d’articles vicelards sur son blog « Obama Mideast Monitor ».
Rosen n’est autre qu’un des dirigeants de l’AIPAC inculpés pour espionnage et dont le procès débute en mai prochain pour avoir subtilisé au Pentagone des renseignements classés « top secret » avec l’aide d’assistants néo-conservateurs de Donald Rumsfeld.
Rosen a aussi avoué au Washington Post qu’il avait contacté bon nombre de journalistes pour dénoncer le choix de Freeman. Et bien que le porte-parole de l’AIPAC, Josh Block, prétende qu’il n’a rien fait pour s’opposer à la nomination de ce dernier, le Washington Post du 12 mars a rapporté que Block avait fourni des billes contre Freeman à des journalistes, « mais toujours en off, à savoir que ses dires ne pouvaient pas lui être attribués, selon trois journalistes qui ont parlé avec lui ».
Les néo-conservateurs passent à l’attaque
D’autres néo-conservateurs ont ensuite pris le relais, comme des sbires de l’American Enterprise Institute (think-tank néoconservateur), des chroniqueurs pour le Wall Street Journal, ou le servile pro-israélien Martin Peretz, riche propriétaire et rédacteur-en-chef de l’influent hebdomadaire The New Republic, qui a faussement étiqueté Freeman comme « pas un ami des juifs en général ». Cette accusation d’antisémitisme larvé contre Freeman était de la calomnie pure et dure.
L’émeute anti-Freeman des lobbyistes, blogueurs et commentateurs pro-israéliens a vite touché le Congrès où des sénateurs aussi enthousiastes dans leur soutien à Israël que le démocrate Charles Schumer de l’Etat de New York ou l’ex-démocrate Joseph Lieberman du Connecticut, ont pris la relève pour mener la charge contre Freeman.
Même le Speaker de la Chambre de Représentants, Nancy Pelosi, sous pression des riches donateurs juifs au parti démocrate, s’est opposée à la nomination de Freeman, en déclarant que les critiques du diplomate envers Israël « dépassent les bornes de l’acceptable » !
Rares sont ceux qui osent défendre Freeman
Les défenseurs de Freeman étaient rares, mais de taille. Comme le doyen des chroniqueurs politique du Washington Post, le très respecté David Broder, pour qui Freeman « a une des carrières internationales au sein du gouvernement américain parmi les plus distinguées. Jeune homme parlant couramment le chinois, il a été le traducteur de Richard Nixon lors de son premier voyage en Chine. Plus tard, Freeman a été diplomate en Afrique et en Asie, puis sous-secrétaire de Défense pour l’expansion de l’OTAN, avant d’ajouter l’arabe à son répertoire linguistique et devenir ambassadeur en Arabie Saoudite peu avant la Guerre du Golfe. Comme me l’a dit à la veille du retrait de Freeman l’ancien amiral Dennis Blair, le nouveau directeur du renseignement d’Obama, “Avec les défis auxquels nous sommes confrontés en Asie et au Moyen-Orient, nous avons la chance d’avoir pu persuader Freeman de revenir au gouvernement.” Mais maintenant, le pays a perdu un haut-fonctionnaire très doué dans un domaine où le président Obama n’a que peu d’expérience, le traitement du renseignement. »
Chroniqueur lucide
Et dans le prestigieux quotidien Baltimore Sun, réputé pour sa couverture des affaires étrangères, le chroniquer Ron Smith avait bien raison d’écrire qu’« il y avait beaucoup de supporters de Barack Obama qui ont cru que le message d’“espoir et de changement” du candidat comprenait aussi le remaniement de la politique étrangère de l’Amérique afin d’adopter une vision plus équilibrée du conflit entre Israël et les Palestiniens, une attitude éloignée du soutien inconditionnel et non critique de tout ce que fait le gouvernement israélien… Mais pour ceux qui croient que toutes les mesures prises par Israël ne vont pas dans l’intérêt des Etats-Unis, le retrait de Freeman, dû essentiellement à un véto du lobby pro-israélien, représente la continuation du statu quo et la fin de tout « espoir » de tout « changement » ».
Quand la Maison Blanche de Barack Obama a exigé de Charles Freeman qu’il se retire le 10 mars de son nouveau poste de Directeur du National Intelligence Council (NIC), les lobbys pro-israéliens ont remporté une importante victoire qui en dit long sur la politique du nouveau président américain au Moyen-Orient.
Le NIC collecte et analyse pour le président les informations venant de seize agences de renseignement. Il prépare aussi le National Intelligence Estimate (Rapport national du renseignement) et son directeur occupe donc une fonction clé. Mais Charles Freeman représentait un gros problème pour les amis américains de la droite israélienne. Et, dès que sa nomination a été rendue publique, les lobbies pro-israéliens ont commencé à s’agiter.
Obama ligoté ?
© Moreno
Un proche de l’AIPAC lance la charge contre Freeman
La campagne contre Freeman a été lancée par Steve Rosen, ancien lobbyiste-en-chef du puissant American Israël Public Affairs Commette (l’AIPAC, le riche lobby pro-israélien très proche de l’ambassade d’Israël) dans une série d’articles vicelards sur son blog « Obama Mideast Monitor ».
Rosen n’est autre qu’un des dirigeants de l’AIPAC inculpés pour espionnage et dont le procès débute en mai prochain pour avoir subtilisé au Pentagone des renseignements classés « top secret » avec l’aide d’assistants néo-conservateurs de Donald Rumsfeld.
Rosen a aussi avoué au Washington Post qu’il avait contacté bon nombre de journalistes pour dénoncer le choix de Freeman. Et bien que le porte-parole de l’AIPAC, Josh Block, prétende qu’il n’a rien fait pour s’opposer à la nomination de ce dernier, le Washington Post du 12 mars a rapporté que Block avait fourni des billes contre Freeman à des journalistes, « mais toujours en off, à savoir que ses dires ne pouvaient pas lui être attribués, selon trois journalistes qui ont parlé avec lui ».
Les néo-conservateurs passent à l’attaque
D’autres néo-conservateurs ont ensuite pris le relais, comme des sbires de l’American Enterprise Institute (think-tank néoconservateur), des chroniqueurs pour le Wall Street Journal, ou le servile pro-israélien Martin Peretz, riche propriétaire et rédacteur-en-chef de l’influent hebdomadaire The New Republic, qui a faussement étiqueté Freeman comme « pas un ami des juifs en général ». Cette accusation d’antisémitisme larvé contre Freeman était de la calomnie pure et dure.
L’émeute anti-Freeman des lobbyistes, blogueurs et commentateurs pro-israéliens a vite touché le Congrès où des sénateurs aussi enthousiastes dans leur soutien à Israël que le démocrate Charles Schumer de l’Etat de New York ou l’ex-démocrate Joseph Lieberman du Connecticut, ont pris la relève pour mener la charge contre Freeman.
Même le Speaker de la Chambre de Représentants, Nancy Pelosi, sous pression des riches donateurs juifs au parti démocrate, s’est opposée à la nomination de Freeman, en déclarant que les critiques du diplomate envers Israël « dépassent les bornes de l’acceptable » !
Rares sont ceux qui osent défendre Freeman
Les défenseurs de Freeman étaient rares, mais de taille. Comme le doyen des chroniqueurs politique du Washington Post, le très respecté David Broder, pour qui Freeman « a une des carrières internationales au sein du gouvernement américain parmi les plus distinguées. Jeune homme parlant couramment le chinois, il a été le traducteur de Richard Nixon lors de son premier voyage en Chine. Plus tard, Freeman a été diplomate en Afrique et en Asie, puis sous-secrétaire de Défense pour l’expansion de l’OTAN, avant d’ajouter l’arabe à son répertoire linguistique et devenir ambassadeur en Arabie Saoudite peu avant la Guerre du Golfe. Comme me l’a dit à la veille du retrait de Freeman l’ancien amiral Dennis Blair, le nouveau directeur du renseignement d’Obama, “Avec les défis auxquels nous sommes confrontés en Asie et au Moyen-Orient, nous avons la chance d’avoir pu persuader Freeman de revenir au gouvernement.” Mais maintenant, le pays a perdu un haut-fonctionnaire très doué dans un domaine où le président Obama n’a que peu d’expérience, le traitement du renseignement. »
Chroniqueur lucide
Et dans le prestigieux quotidien Baltimore Sun, réputé pour sa couverture des affaires étrangères, le chroniquer Ron Smith avait bien raison d’écrire qu’« il y avait beaucoup de supporters de Barack Obama qui ont cru que le message d’“espoir et de changement” du candidat comprenait aussi le remaniement de la politique étrangère de l’Amérique afin d’adopter une vision plus équilibrée du conflit entre Israël et les Palestiniens, une attitude éloignée du soutien inconditionnel et non critique de tout ce que fait le gouvernement israélien… Mais pour ceux qui croient que toutes les mesures prises par Israël ne vont pas dans l’intérêt des Etats-Unis, le retrait de Freeman, dû essentiellement à un véto du lobby pro-israélien, représente la continuation du statu quo et la fin de tout « espoir » de tout « changement » ».
vendredi 13 mars 2009
Pourquoi El Bachir et pas Powell ??
Les renseignements que je vous ai présentés sur ces terribles armes et sur le refus continuel de l’Irak de respecter ses obligations en vertu de la résolution 1441 du Conseil de sécurité sont liés à un sujet auquel je veux maintenant consacrer un peu de temps et qui a trait au terrorisme.
Ce ne sont pas seulement ces armes illicites qui nous inquiètent mais la façon dont elles peuvent être associées aux activités des terroristes et aux organisations terroristes qui n’ont aucun scrupule à les utiliser contre des innocents à travers le monde.
Les liens entre l’Irak et le terrorisme remontent à plusieurs décennies. Bagdad entraîne des membres du Front de libération de la Palestine au maniement des armes et des explosifs. Saddam Hussein utilise le Front de libération pour acheminer de l’argent aux familles des kamikazes palestiniens dans le but de prolonger l’Intifada. Et la participation des services de renseignements de Saddam Hussein à des douzaines d’attaques ou de tentatives d’assassinat, dans les années 1990, n’a rien de secret.
Mais ce que je veux porter à votre attention aujourd’hui, c’est la connexion, éventuellement bien plus sinistre, qui existe entre l’Irak et le réseau terroriste al-Qaïda, connexion qui allie les organisations terroristes classiques aux méthodes modernes d’assassinat. L’Irak héberge aujourd’hui un réseau terroriste meurtrier dirigé par Abou Moussab Zarkaoui, partenaire et collaborateur d’Oussama ben Laden et de ses lieutenants d’al-Qaïda.
Palestinien natif de Jordanie, Abou Zarkaoui avait combattu lors de la guerre d’Afghanistan il y a plus de dix ans. À son retour en Afghanistan, en 2000, il a dirigé un camp d’entraînement de terroristes. L’une de ses spécialités, et l’une des spécialités de ce camp, est le poison.
Lorsque notre coalition a chassé les talibans, le réseau d’Abou Zarkaoui a aidé à établir un autre camp de formation des spécialistes du poison et des explosifs et ce camp est situé dans le nord-est de l’Irak. Voici une photo de ce camp.
Ce réseau apprend à ses membres à produire du ricin et d’autres poisons. Permettez-moi de vous appeler les effets du ricin. Moins d’une pincée de ricin - imaginez une pincée de sel - ajoutée à votre nourriture entraînerait un choc, suivi d’un arrêt de la circulation sanguine. La mort survient dans les 72 heures, et il n’existe ni antidote ni traitement. La mort s’ensuit inévitablement.
Ceux qui aident à administrer ce camp sont des lieutenants d’Abou Zarkaoui qui opèrent dans les enclaves kurdes du Nord, en dehors du territoire irakien contrôlé par Saddam Hussein. Mais Bagdad a un agent au sommet de la hiérarchie de l’organisation extrémiste Ansar al-Islam qui contrôle ce coin de l’Irak. En 2002, cet agent a offert un refuge dans la région aux membres d’Al-Qaïda.
Lorsque nous avons débarrassé l’Afghanistan d’Al-Qaïda, certains de ses membres ont accepté ce refuge. Ils s’y trouvent encore aujourd’hui.
Les activités d’Abou Zarkaoui ne se limitent pas à ce petit coin du nord de l’Irak. Il s’est rendu à Bagdad en mai 2002 pour un traitement médical et a résidé dans la capitale irakienne pendant deux mois durant sa convalescence, avant de reprendre le combat.
Durant son séjour, près de deux douzaines d’extrémistes ont convergé sur Bagdad et y ont établi une base d’opérations. Ces partisans d’Al-Qaïda basés à Bagdad coordonnent à présent les mouvements de personnes, d’argent et de ravitaillement à leur entrée en Irak et à l’intérieur du pays pour son réseau et ils opèrent maintenant librement dans la capitale depuis plus de huit mois.
Les milieux officiels irakiens nient les accusations de liens avec Al-Qaïda. Mais ces démentis ne sont absolument pas crédibles. L’an dernier, un membre d’Al-Qaïda s’est vanté de la situation « favorable » qui régnait à Bagdad, du fait que l’on pouvait rapidement transiter par cette ville.
Nous savons que ces membres ont des liens avec Abou Zarkaoui parce qu’ils restent, même maintenant, en contact permanent avec ses subordonnés directs, y compris les membres de la cellule qui organise la fabrication de poison. Et ils ne déplacent pas que de l’argent et du matériel. L’an dernier, 2 agents soupçonnés d’appartenir à al-Qaïda ont été arrêtés alors qu’ils passaient de l’Irak en Arabie saoudite. Ils étaient liés à des membres de la cellule de Bagdad, et l’un d’eux avait été formé en Afghanistan à l’utilisation du cyanure.
De son réseau terroriste en Irak, Abou Zarkaoui peut diriger les activités de ce réseau au Proche-Orient et au-delà. Nous tous aux États-Unis, le département d’État et l’Agence des États-Unis pour le développement international, avons perdu un ami cher avec l’assassinat de Lawrence Foley à Amman, en Jordanie, en octobre dernier. Un acte ignoble a été commis ce jour là : l’assassinat d’un être dont la seule mission consistait à aider le peuple jordanien. À son arrestation, l’assassin a indiqué que sa cellule avait reçu de l’argent et des armes d’Abou Zarkaoui en paiement de cet assassinat. Après l’attaque, un comparse de l’assassin a quitté la Jordanie pour l’Irak afin d’obtenir des armes et des explosifs pour de nouvelles opérations.
Les responsables irakiens prétendent qu’ils ne savent pas où Abou Zarkaoui ou ses comparses se trouvent. De nouveau, ces dénégations ne sont pas plausibles. Nous sommes au courant des activités d’Abou Zarkaoui à Badgad. Je viens de vous les décrire.
Je tiens maintenant à faire état d’un autre fait. Nous avons demandé au service de sécurité d’un pays ami de faire des démarches auprès de Bagdad en vue de l’extradition d’Abou Zarkaoui et de la fourniture de renseignements à son sujet et au sujet de ses complices. Ce service est entré en relation avec des responsables irakiens à deux reprises et nous avons communiqué des détails qui auraient dû permettre de trouver Abou Zarkaoui. Le réseau est encore à Bagdad. Abou Zarkaoui est encore libre d’aller et venir.
Comme le savent mes collègues autour de cette table et comme le savent les citoyens qu’ils représentent en Europe, les activités terroristes d’Abou Zarkaoui ne sont pas limitées au Proche-Orient. Abou Zarkaoui et son réseau ont préparé des actes de terrorisme contre des pays tels que la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la Russie.
Selon des détenus, Abou Atia, qui a reçu une formation dans le camp d’entraînement des terroristes d’Abou Zarkaoui en Afghanistan, a chargé en 2001 au moins 9 extrémistes nord-africains de se rendre en Europe pour exécuter des attentats au poison et à l’explosif.
Depuis l’an dernier, des membres de ce réseau ont été arrêtés en France, en Grande-Bretagne, en Espagne et en Italie. Selon notre dernier recensement, 116 agents relevant de ce réseau mondial ont été arrêtés. Le graphique que vous voyez montre l’étendue de ce réseau en Europe.
Nous sommes au courant de ce réseau européen et de ses liens avec Abou Zarkaoui parce que les détenus qui ont fourni des renseignements sur les objectifs des attentats ont aussi fourni les noms des membres du réseau. Trois d’entre eux ont été arrêtés en France en décembre dernier. Les autorités ont trouvé dans les appartements des terroristes des circuits pour des engins explosifs et une liste d’ingrédients pour fabriquer des toxines.
Le détenu qui a contribué à rassembler ces informations a déclaré que la tentative d’attentat visait aussi la Grande-Bretagne. Des renseignements obtenus par la suite ont prouvé de nouveau qu’il avait raison. Lorsque les Britanniques ont découvert une cellule dans leur pays le mois dernier, un officier de police britannique a été assassiné au cours de la destruction de cette cellule.
Nous savons aussi que les collègues d’Abou Zarkaoui ont joué un rôle actif dans la vallée de Pankisi (Géorgie) et en Tchétchénie (Russie). Les complots auxquels ils sont liés ne sont pas de simples bavardages. Les membres du réseau d’Abou Zarkaoui ont dit que leur objectif était de tuer des Russes à l’aide de toxines.
Nous ne sommes pas surpris que l’Irak abrite Abou Zarkaoui et ses subordonnés. Cette entente se fonde sur une expérience qui remonte à des décennies pour ce qui est des liens entre l’Irak et Al-Qaïda. Au début des années 1990 et jusqu’en 1995 environ, alors qu’Oussama ben Laden était établi au Soudan, une source d’Al-Qaïda nous a dit que Saddam Hussein et Oussama ben Laden étaient parvenus à un accord en vertu duquel Al-Qaïda ne soutiendrait plus les activités dirigées contre Bagdad. Des liens ont été noués entre de hauts responsables des services irakiens de renseignements et Al-Qaïda.
Nous savons que des membres de ces deux organismes se sont réunis à de multiples reprises, notamment à huit reprises aux niveaux les plus élevés depuis le début des années 1990. En 1996, un service de sécurité étranger nous a dit qu’Oussama ben Laden s’était entretenu avec un haut responsable des services irakiens de renseignements à Khartoum, puis avec le directeur de ces services quelque temps plus tard.
Saddam Hussein est devenu plus intéressé lorsqu’il a vu les attaques effroyables du réseau Al-Qaïda. Des membres de ce réseau qui sont en détention nous ont dit que Saddam Hussein était plus que disposé à aider Al-Qaïda après les attentats de 1998 contre nos ambassades au Kenya et en Tanzanie. Saddam Hussein a été aussi impressionné par l’attentat d’Al-Qaïda contre le destroyer américain Cole qui a eu lieu au Yémen, en octobre 2000.
Les Irakiens ont continué de rendre visite à Oussama ben Laden dans sa nouvelle résidence en Afghanistan. Un des anciens chefs des services de renseignements de Bagdad en Europe qui a fait défection a déclaré que Saddam Hussein avait envoyé ses agents en Afghanistan au milieu des années 1990 pour dispenser une formation à des membres d’Al-Qaïda en matière de contrefaçon de documents.
De la fin des années 1990 à 2001, l’ambassade de l’Irak au Pakistan a joué le rôle de liaison avec le réseau Al-Qaïda.
Certains sont convaincus ou prétendent que ces contacts ne veulent pas dire grand chose. Ils disent que la tyrannie laïque de Saddam Hussein et la tyrannie religieuse d’Al-Qaïda ne se mélangent pas. Cette idée ne me réconforte pas. L’ambition et la haine sont suffisantes pour rapprocher l’Irak d’Al-Qaïda, suffisantes pour qu’Al-Qaïda puisse apprendre à fabriquer des bombes plus perfectionnées et à forger des documents, suffisantes enfin pour qu’Al-Qaïda s’adresse à l’Irak pour l’aider à acquérir les connaissances nécessaires dans le domaine des armes de destruction massive.
Et le bilan de la coopération de Saddam Hussein avec d’autres groupes terroristes islamistes est clair. Le Hamas, par exemple, a ouvert un bureau à Bagdad en 1999, et l’Irak a accueilli des conférences auxquelles ont assisté des membres du Djihad islamique de Palestine. Ces groupes sont les principaux organisateurs des attentats suicide contre Israël.
Al-Qaïda continue de porter un grand intérêt à l’acquisition d’armes de destruction massive. Tout comme pour Abou Zarkaoui et son réseau, je peux relater le récit d’un agent terroriste de haut rang qui a indiqué comment l’Irak avait appris à Al-Qaïda à se servir de ces armes. Heureusement, cet agent est maintenant en détention et il a dit ce qu’il savait. Je vais vous relater maintenant ce qu’il a décrit.
Ce membre de haut rang d’Al-Qaïda était chargé de l’un des camps d’entraînement de ce réseau en Afghanistan. Ses renseignements proviennent de sa participation aux réunions des hauts échelons d’Al-Qaïda. Selon lui, Oussama ben Laden et son principal adjoint en Afghanistan, Mohammed Atef, qui est mort entre temps, ne pensaient pas que les laboratoires d’Al-Qaïda en Afghanistan étaient en mesure de produire ces agents chimiques ou biologiques. Ils estimaient nécessaire d’aller ailleurs et de rechercher une aide en dehors de l’Afghanistan.
Où sont-ils allés ? Ils sont allés en Irak. Le soutien qu’il a décrit consistait en une formation en matière d’armes chimiques ou biologiques dispensée à deux membres d’Al-Qaïda à partir de décembre 2000. Il a dit qu’un militant du nom d’Abdoullah al-Araki avait été envoyé en Irak à plusieurs reprises de 1997 à 2000 pour obtenir une aide en ce qui concerne l’acquisition de poisons et de gaz. Abdoullah al-Araki a qualifié les rapports qu’il avait établis avec des responsables irakiens de très bons.
Comme je l’ai dit dès le début, rien de tout cela ne devrait surprendre aucun d’entre nous. Le terrorisme constitue un instrument dont Saddam Hussein se sert depuis des décennies. Ce dernier a soutenu le terrorisme bien avant que ces réseaux de terroristes aient un nom, et ce soutien se poursuit. Le lien entre les poisons et le terrorisme est nouveau. Le lien entre l’Irak et le terrorisme est ancien. Cette alliance est mortelle.
Vu ce bilan, les dénégations de l’Irak quant à son soutien du terrorisme doivent être rangées avec les autres dénégations de l’Irak au sujet des armes de destruction massive. C’est là un tissu de mensonges.
Lorsque nous faisons face à un gouvernement qui nourrit une ambition de domination régionale, qui cache des armes de destruction massive et qui donne un asile et un soutien actif aux terroristes, nous ne faisons pas face au passé, mais au présent. Et si nous n’agissons pas, nous aurons à faire face à un avenir encore plus effrayant.
Traduction française : Département d’État.
Discours intégral du secrétaire d’État des Etats-Unis, Colin Powell, au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, le 11 février 2003
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