Un rapport d'enquête de l'ONU, partiellement publié mardi 5 mai, tient le gouvernement israélien pour "responsable" de la mort de dizaines de civils qui, durant la guerre à Gaza, en janvier, avaient trouvé refuge dans des écoles et un dispensaire des Nations unies. Contredisant les arguments avancés par Israël pour justifier ces frappes, le document affirme "qu'aucune activité militaire n'a été menée depuis les enceintes de l'ONU" par le Hamas ou d'autres groupes palestiniens.
Israël a immédiatement rejeté ces conclusions, jugées "partiales", accusant le Hamas d'avoir "intimidé" les habitants de Gaza et ainsi "dupé les enquêteurs, l'ONU et l'opinion publique".
Commandé par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le rapport revient sur l'attaque du 6 janvier, à proximité immédiate de l'école de l'Unrwa (agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens), à Jabaliya, qui avait fait entre 30 et 40 morts. Contrairement à ce qu'avaient affirmé les autorités israéliennes, il n'y a eu, selon les enquêteurs, "aucun tir" de mortier par le Hamas depuis l'enceinte de l'école, ni "aucun explosif" stocké sur place.
La commission, dont le mandat se limitait aux pertes occasionnées dans les enceintes de l'ONU, n'a pas pu "conclure" si des mortiers avaient tiré contre Tsahal depuis "les alentours" de l'école. Elle précise toutefois que "la majorité" des témoignages indique que "cela n'a pas été le cas". Les coordonnées GPS de l'établissement avaient par ailleurs été communiquées à l'armée israélienne.
Evoquant l'attaque du 17 janvier contre l'école de Beit Lahia, également gérée par l'Unrwa, et où deux enfants âgés de 5 et 7 ans avaient péri, les enquêteurs estiment que le tir par Tsahal de "projectiles contenant du phosphore blanc" (une substance incendiaire) "s'apparentait à un mépris irresponsable pour les vies et la sécurité de ceux qui avaient trouvé refuge dans l'école".
DÉDOMMAGEMENTS
Au total, la commission "a conclu que le gouvernement israélien (était) responsable des morts et blessures occasionnés dans les enceintes de l'ONU" dans six des neuf incidents étudiés, y compris l'incendie des entrepôts du siège de l'organisation à Gaza, le 15 janvier.
Seuls les dommages occasionnés à un hangar du Programme alimentaire mondial (PAM) sont attribués à "une faction palestinienne, probablement le Hamas". L'utilisation par les militants palestiniens de roquettes artisanales révèle, précise le rapport, une "intention de causer des pertes humaines civiles".
Le rapport recommande à l'ONU d'exiger qu'Israël rétablisse la vérité, en reconnaissant que le Hamas n'a pas opéré depuis les enceintes de l'ONU. Il préconise que l'Etat juif paye des dédommagements (estimés à plus de 8 millions d'euros). Ban Ki-moon a toutefois rejeté les recommandations visant à établir une commission au mandat élargi pour, notamment, enquêter sur l'utilisation par l'armée israélienne de munitions au phosphore blanc, prohibées dans les zones densément peuplées...
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