mercredi 22 juillet 2009

L'horreur made by USA

Les forces spéciales américaines déployées en Afghanistan ont-elles laissé leurs alliés locaux constituer des convois de la mort dans lesquels près d’un millier de prisonniers talibans ont trouvé la mort asphyxiés, fin novembre 2001 ? Depuis la publication en début de semaine d’une enquête de l’hebdomadaire Newsweek et la découverte d’une grande fosse commune dams le désert de Dasht-e-Leili, la question est posée.

Dans un article très fouillé, Newsweek raconte comment, à la suite de la prise de Kunduz par les forces de l’Alliance du Nord des seigneurs de la guerre Rachid Dostom (de l’ethnie ouzbek) et Atta Mohammed (Tadjik), de très nombreux captifs talibans ont été entassés en toute connaissance de cause dans des conteneurs juchés sur des camions que la chaleur a transformés en effroyables mouroirs. Citant des survivants, des chauffeurs et des combattants de l’ex-Alliance du Nord aujourd’hui au pouvoir à Kaboul, l’hebdomadaire raconte l’horreur de ce convoi durant lequel les prisonniers, enfermés, entassés les uns sur les autres et sans eau, sont morts dans d’atroces souffrances. A Washington, le département d’Etat a, dès mardi, pressé le gouvernement afghan « d’enquêter sur ces crimes de guerre présumés ».

La question, toutefois, ne concerne pas que Kaboul. Newsweek affirme que des militaires américains se trouvaient sur place et côtoyaient de très près les commanditaires de cette funeste opération. Rien, écrit le journal, ne suggère que ces derniers savaient ni qu’ils auraient pu intervenir. Mais rien, non plus, ne permet d’affirmer qu’ils ne savaient pas et qu’ils n’ont pas fermé les yeux sur ce crime de guerre passible de la justice internationale (lire ci-dessous). Signe de l’importance de ces révélations, des réactions contradictoires se sont succédé mercredi : le ministre afghan de la Défense, Mohammed Fahim, a démenti l’existence du charnier tandis que son gouvernement décidait l’envoi d’une mission d’enquête. L’ONU affirme de son côté avoir annoncé dès mai l’existence d’un charnier et ordonné à son bureau de Mazar de protéger le site.

L’information sur l’existence dudit convoi n’est pas nouvelle. Comme d’autres observateurs alors présents à Kunduz, dans la région de Mazar-i-Charif, la journaliste suisse Ariane Perret avait à l’époque eu vent de ces camions remplis de talibans. « On savait que ces convois manquaient de tout, comme les prisons. L’horreur de ces conteneurs était connue », confirme-t-elle. De longue date, ces derniers ont été utilisés en Afghanistan comme des cages où l’on torture et laisse crever l’ennemi. Mais dans le cas des convois, l’investigation de Newsweek démontre qu’il y a eu préméditation et crime de guerre. Ses journalistes ont retrouvé le charnier de Dasht-e-Leili, découvert par des enquêteurs de l’organisation Médecins pour les droits de l’homme basée à Boston. Les témoignages qu’ils ont recueillis montrent que les commandants afghans pro-américains ont organisé ce convoi, sachant que les talibans allaient mourir en masse. « Le général Dostom avait obtenu, en présence de soldats américains, leur reddition en échange de promesses généreuses. Les combattants afghans pro-talibans pourraient rentrer chez eux [...] les Arabes et étrangers seraient remis aux Nations unies », affirme l’hebdomadaire. En lieu et place, tous seront entassés dans les conteneurs, condamnés à mourir ou jetés dans les prisons surpeuplées de Sheberghan et Qala Jangi, la fameuse forteresse où éclata le 25 novembre une émeute très meurtrière.

L’accusation relance le débat sur la réalité de la guerre contre le terrorisme présentée comme « propre » par les Etats-Unis, face à l’indéniable horreur des attentats du 11 septembre. Elle pose aussi, en ricochet, la question du rôle du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). A l’époque, le CICR ne dispose que de trois délégués expatriés dans les parages. L’insécurité règne. La situation est chaotique. Deux d’entre eux manquent d’être tués lors de l’émeute de Qala Jangi : « Dès notre première visite le 3 décembre à la prison surpeuplée de Sheberghan - plus de 3500 détenus pour 800 places - nous avons mis en place une énorme opération de sanitation et de ravitaillement en eau et nourriture. Du jamais vu. L’ampleur de ce dispositif démontre la gravité de la situation », a expliqué au Temps Bosisio Eros, l’un de ses porte-parole. Certes. Mais quid des fameux convois ? Le CICR a-t-il appris leur existence ? Ses équipes, qui ont évacué de nombreux prisonniers talibans morts ou blessés après les émeutes de Qala Jangi, sont-ils tombés sur les victimes des conteneurs de la mort ?

« Enquête criminelle »

Ligotée par son obligation de confidentialité, l’organisation peine à répondre à ces révélations : « Notre première et constante préoccupation a été d’accéder aux détenus. Nous avions des raisons de craindre le pire. Nous avons pour cela négocié avec tout le monde », poursuit Bosisio Eros. Sauf que Newsweek laisse entendre que des membres de la Croix-Rouge, écœurés, auraient discrètement alerté Médecins pour les droits de l’homme, dont l’enquête a tout déclenché. La responsabilité de l’ONU est aussi en cause : un mémorandum prouverait que les Nations unies estiment que les investigations sur le charnier « justifient une enquête criminelle ».

Pour sa part, l’armée américaine nie : « Nos soldats affirment qu’ils n’ont vu transporter des prisonniers que dans des camions découverts et que les détenus recevaient eau et nourriture [...]. Tous ont appris que s’ils étaient témoins d’atrocités, ils devraient agir pour y mettre fin », a déclaré au Monde l’un de ses porte-parole, le lieutenant colonel David Lapan. Dont acte ? Newsweek démontre pourtant qu’un peloton d’élite de bérets verts, l’équipe 595A, suivait presque pas à pas le seigneur de la guerre Dostom, devenu ministre. Des bérets verts si efficaces et héroïques que leur capitaine a reçu, en avril, les honneurs officiels de son Etat du Kansas.

Richard Werly Jeudi 22 août 2002


--------------------------------------------------------------------------------

Washington se trouve dans le collimateur

Pierre Hazan

La responsabilité pénale des Etats-Unis pourrait être directement engagée dans les crimes commis par leurs alliés afghans.

C’est encore purement hypothétique, mais déjà diablement embarrassant pour les Etats-Unis, venus en libérateurs en Afghanistan. Si les allégations de l’organisation Médecins pour les droits de l’homme reprises et étayées par Newsweek se vérifient, Washington risque de se retrouver dans le collimateur de la justice internationale : « Les Etats-Unis verraient leur responsabilité directement engagée par les crimes commis par leurs protégés et alliés », affirme au Temps Antoine Bernard, secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). « Ils en seraient même complices. »

A l’appui de son analyse, le patron de la FIDH cite la jurisprudence du Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie, - une Cour soutenue par les Etats-Unis - qui dans le jugement de l’affaire Furundjia, paragraphe 207, affirme : « Un spectateur approbateur qui est tenu par les autres acteurs du crime en si haute estime que sa seule présence vaut encouragement peut être reconnu coupable de complicité. » Pour Antoine Bernard, les Américains sont donc, si la présence sur place de leurs troupes au moment des faits est avérée, non seulement responsables de leur inaction, mais aussi complices.

« Accusation de complicité »

Un avis que ne partagent pas d’autres juristes : contacté par Le Temps, le spécialiste genevois de droit pénal Marc Henzelin estime, lui, que le point clef est de savoir si les forces du seigneur de la guerre afghan Dostom, présumés responsables des containers mouroirs remplis de prisonniers, étaient, ou non, sous commandement américain. A défaut, « l’accusation de complicité pourrait tomber », affirme le professeur de droit humanitaire, Luigi Condorelli, d’accord avec son collègue. S’ajoute à ces éventuels griefs la question du non respect des Conventions de Genève. L’article 1 commun aux quatre Conventions stipule en effet « l’obligation de faire respecter le droit international humanitaire ». Or s’il est prouvé que les soldats américains ont manqué à cette obligation, leur responsabilité, ainsi que celle de leur gouvernement pourrait être engagée.

Seule bonne nouvelle pour Washington : la Cour pénale internationale qui pourrait en théorie être saisie de ce dossier n’est pas compétente, puisque les crimes se sont produits avant le 3 juillet 2002 - date de son entrée en vigueur - et que ni les Etats-Unis, ni l’Afghanistan n’ont ratifié ses statuts. On peut d’ailleurs parier que la Maison-Blanche va être confortée dans son hostilité à la CPI par cette affaire. George Bush a toujours dit qu’il entendait protéger les militaires américains en opération. Mais il s’est aussi engagé à ce que les Etats-Unis fassent tout pour que les criminels de guerre répondent de leurs actes.

dimanche 19 juillet 2009

Les nouveaux barbares

Ilan Halimi, 23 ans, avait été enlevé dans la nuit du 20 au 21 janvier 2006 dans le but d'obtenir une rançon. Séquestré et torturé trois semaines dans une cité HLM des Hauts-de-Seine, il avait été laissé pour mort le 13 février au bord d'une voie ferrée de l'Essonne. Il était décédé pendant son transfert à l'hôpital. Après deux mois et demi de procès à huis clos, Youssouf Fofana, le chef du «gang des barbares», a été condamné vendredi 10 juillet à la prison à perpétuité avec 22 ans de sûreté. Les coaccusés de Fofana - qui a reconnu être seul responsable des brûlures et coups fatals- ont écopé de peines allant de six mois avec sursis jusqu'à 18 ans de réclusion auxquelles s'ajoutent deux acquittements. Ce jugement n'a pas satisfait la famille de la victime et les organisations juives (le BNVCA, le FSJU, le Consistoire de France et l'UEJF, mais aussi le Conseil représentatif des associations noires (Cran)), qui la soutiennent et ceci pour deux raisons principales : si la condamnation du principal inculpé à la peine maximum leur convient, en revanche, ils reprochent à la justice d'avoir été moins sévère à l'égard des autres accusés, en particulier «la jeune fille qui a servi d'appât», et surtout d'avoir organisé le procès à huis clos, à l'abri des média. Des organisations juives, dont le Crif, avaient appelé à manifester lundi soir pour réclamer un nouveau procès. Le jour-même, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a annoncé avoir demandé au parquet général de «faire appel des condamnations inférieures aux réquisitions de l'avocat général» dans le procès du «gang des barbares». «Ce matin, j'ai demandé au procureur général près la Cour d'appel de Paris de faire appel des condamnations inférieures aux réquisitions de l'avocat général», a-t-elle dit devant la presse à la sortie du conseil des ministres. Aussi crapuleux, mais banal, qu'ait pu être son assassinat, la mort d'un Juif et la punition de son meurtrier doivent toujours être exemplaires. En référence à une sorte de droit «commun» qui n'est commun qu'à l'usage d'une minorité qui tient absolument à ne pas être confondue avec la communauté nationale. La République et le Garde des Sceaux ne peuvent s'y soustraire. A défaut, la communauté juive de France (et d'ailleurs) exerce la pression nécessaire qu'il faut pour le leur rappeler afin qu'ils s'exécutent. C'est-à-dire refaire le procès pour infliger de plus lourdes peines et surtout pour que l'exemplarité de la peine soit à la hauteur de l'exemplarité de la «nature» de la victime. On ne tue pas un Juif impunément, car un Juif n'est pas un homme comme les autres. Cette «distinction» qui avait été condamnée, à raison, lorsqu'elle était le fait des nazis et de leurs collaborateurs, car elle séparait les juifs de leurs concitoyens, ce sont maintenant les Juifs qui «paradoxalement» l'expriment, l'exigent et l'imposent à la nation et à ses institutions, en sollicitant à l'excès les mortifications infligées par l'histoire. Cette attitude ne peut durablement être maintenue sans encourir le risque virtuel d'un désordre de la paix civile. Les hommes ne peuvent accepter que d'autres hommes, aujourd'hui minorité prospère épargnée par les stigmates du passé, reçoivent un traitement différencié, sous prétexte que leurs ancêtres avaient été maltraités en raison de leur «particularités religieuses». Cette singularisation est d'autant plus mal vécue que la crise économique touche l'ensemble de la population européenne et mondiale et ceux qui en souffrent le plus la tolèrent encore moins. Enfin, le soutien indéfectible apporté par les Juifs de France à Israël (alors qu'ils passaient jusque-là beaucoup de temps à expliquer qu'il ne fallait pas confondre «antisémitisme et antisionisme»), face à la solidarité exprimée par les Français d'origine arabe, africaine ou musulmane, aux victimes de la guerre que fait (ordinairement, dans le plus grand silence médiatique) l'armée israélienne aux populations civiles de Palestine, crée un potentiel conflictuel dangereux. La différence de perception des conflits du Proche-Orient, s'ajoute au gouffre économique qui se creuse entre les populations juives d'Europe dont la majorité vivait avant 1945 dans des conditions socio-économiques qui favorisaient les solidarités (par-delà les différences religieuses ou communautaires) et les populations d'origine étrangères qui subissent la crise économique de plein fouet : par exemple les taux de chômage qu'ils connaissent sont nettement supérieurs à la moyenne des taux du reste de la population. De leur côté, les tenants des idéologies racistes du passé trouveraient là un contexte favorable à la diffusion de leurs idées, avec l'espoir secret de les incarner dans une politique. Lorsque les «partis de gouvernement» font la démonstration de leur incapacité à trouver des solutions aux problèmes de l'économie et de la société, la porte est alors ouverte à tous les populistes et à tous les extrémismes. Tout cela explique sans doute (sans le justifier) les jacqueries explosives que connaissent ici ou là les banlieues à la suite du moindre incident ou de la mort d'un jeune «issu de l'immigration». Si on n'y prenait garde, ces réactions reflétant un sentiment victimaire, à tort ou à raison, partagé par toute une population maintenue en marge de la société, pourrait devenir son mode normal «d'expression politique». La sévérité des forces de l'ordre au service de la République gagnerait à s'exercer avec l'intelligence de l'anticipation et la finesse de l'analyse historique, sociologique, politique et économique, en évitant de confondre les causes et les conséquences. L'adage est connu : Punir, c'est bien. Prévenir c'est, mieux. La décision prise de refaire le procès Fofana, à la suite des pressions exercées sur le gouvernement français, crée un précédent fâcheux qui ne contribue pas à créer les conditions d'un retour au calme, mais recèle les germes de troubles futurs. Cela semble être aussi la position du syndicat de la magistrature qui fait part de sa préoccupation : «La justice c'est autre chose que la vengeance», a réagi sur RTL le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) après l'annonce de MAM, l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) la jugeant «inquiétante pour l'avenir». Assimiler la position des organisations juives, non à une quête d'équité, mais à une recherche de «vengeance», montre à quel point l'irritation à leur égard n'affecte pas seulement les banlieues. Au coeur de la société civile française, sourde une opposition plus fondamentale qui ne s'accommode pas d'une évolution politique récente plus ouvertement atlantiste et pro-israélienne. Si cette interprétation est exacte, le procès Fofana peut alors devenir plus que celui d'un «barbare».

mardi 14 juillet 2009

Le bouchon de liége refait surface

Farouk Kadoumi, Secrétaire Général du haut comité central de l’organisation de libération de la Palestine (OLP) a accusé Mahmoud Abbas, président palestinien, "de complicité avec les autorités israéliennes dans l’assassinat du défunt Yasser Arafat".Kadoumi a souligné lors d’une conférence de presse restreinte, organisée dimanche à Amman, que feu Yasser Arafat lui a confié avant sa mort un PV d’une réunion secrète ayant rassemblé Mahmoud Abbas, Mohamed Dahlane, ancien responsable de la sécurité préventive palestinienne, Ariel Sharon, ex-chef du gouvernement israélien, et des officiers des renseignements américains au cours de laquelle, il a été procédé à la planification de l’assassinat d’Arafat et d’autres leaders des factions palestiniennes.Selon une note de synthèse à laquelle Kadoumi a donné lecture, devant les journalistes, Sharon a dit à Abbas et Dahlane, "il faut œuvrer à assassiner tous les dirigeants militaires et politiques du mouvement Hamas, du Jihad islamique, du front populaire de libération de la Palestine, des brigades d’al-Aqsa, aile militaire du mouvement Fatah".Sharon a poursuivi, "le premier pas doit être l’assassinat d’Arafat par empoisonnement, je ne veux pas l’éloigner sauf si le pays qui l’accueillerait s’engage à l’assigner en résidence surveillée. Sinon Arafat va renouer avec la vie en avion", en allusion aux nombreux déplacements qu’effectuait l’ex-Président palestinien dans différents pays du monde.Et Abbas aurait répondu à Sharon, selon la même note, "si Arafat venait à mourir avant que l’on parvienne à avoir le contrôle de la terre, des institutions palestiniennes, du mouvement Fatah et des brigades d’al-Aqsa, l’on va se heurter à de grandes difficultés". Mahmoud Abbas aurait, par ailleurs, proposé "de faire aboutir les plans israéliens à travers Arafat en l’acculant à donner son accord pour la liquidation des dirigeants de la résistance palestinienne et à en assumer les conséquences".Dahlane aurait, à son tour, confié à Sharon, "nous avons procédé à la formation d’un appareil mixte de police et de sécurité préventive, dont l’effectif dépasse les 1800 personnes". Et de poursuivre : "nous avons mis l’ensemble des officiers et des appareils de sécurité devant des décisions difficiles, nous allons resserrer l’étau autour d’eux afin qu’ils se plient aux ordres, et nous tâcherons de limoger tout officier qui serait une pierre d’achoppement devant nous".Farouk Kadoumi a également distribué un communiqué aux journalistes, accusant Abbas "de despotisme dans ses agissements individuels, et d’usurpation des titres d’Arafat."Abbas demande qu’on l’appelle, selon ce communiqué, "guide de la révolution, puis Président de l’Etat palestinien en exil". Le communiqué a accusé Abbas "de coordination et de coopération avec Israël, à travers des rencontres cordiales avec l’ennemi israélien, au nom des négociations politiques, avec l’accord américain".Le communiqué révèle qu’Abbas a ordonné "l’arrestation d’ anciens militants pour les remplacer par de nouveaux agents de sécurité qui ont été entraînés sous la supervision du Général Dayton. Il a, également, mis à la retraite les personnalités chevronnées, qui ont une longue expérience, parmi les civils et les militaires".

dimanche 12 juillet 2009

faux semblants...

En 2008, un Allemand « d’origine russe » et de 28 ans, Alexander W., traite une jeune Égyptienne voilée, Marwa E., d’« islamiste, terroriste et traînée », parce qu’elle a (il est vrai) osé, aaaaah, l’impudente mahométane, lui demander, sur une aire de jeux, « une place sur la balançoire pour son fils de 2 ans ».
(On dira ce qu’on voudra : l’impertinence des musulman(e)s croît ces temps-ci jusqu’à des proportions effarantes.)
La jeune femme porte plainte.
(Son impudence, décidément, dépasse l’entendement.)
Alexander W. prend une amende - mais profite qu’il a de nouveau l’effrontée djihadiste à portée de voix pour lui « réitérer des propos racistes ».
Le gars est un peu vindicatif, et finalement, il y a huit jours, « dans un tribunal de Dresde », il assassine la plaignante à (dix-huit) grands coups de couteau.
Détail démesurément informatif : l’époux de la victime, « tentant de porter secours à sa femme, a été blessé par la balle d’un policier qui l’avait pris pour l’agresseur ».
(J’ai vu un Slave et un Arabe, et cette femme qui hurlait : d’après vous, est-ce que j’ai eu le choix ?)
En soi, déjà : c’est relativement édifiant - pour ce que ça nous apprend de l’époque.
Pour ce que ça nous confirme, devrais-je dire.
Mais ce qui, plus que tout, me ravit ?
C’est l’accroche du papier du Monde (où naquit naguère l’investigation moustachue) : « Marwa E. a-t-elle été victime d’une agression islamophobe ? »
(Le gars s’est pointé, il avait un PP-19, il a hurlé crevez, salopes, et blaaaaam, blaaaaam, blaaaaam, il s’est mis à tirer sur l’autocar de la chorale : est-ce qu’on peut supposer qu’il était vaguement psychopathe ?
N’est-ce pas (beaucoup) trop s’avancer ?)
Journaliste vespéral(e) de référence : un exigeant métier.