dimanche 18 décembre 2011

Quel Bilan peut on tirer de cette guerre, au moment ou le dernier?? soldat US quitte officiellement ce qui était jadis l'Irak, que peuvent eprouver en cet instant les 60.000 Veuves, les 145.000 Orphelins, les 03 Millions de déplacés, les 1,5 Millions de bannis, Quand au 100.000 morts, eux au moins n'ont plus d'état d'ame vue que cette derniére a été otée par les soldats de l'empire, quel leçon tirer de cette expédition, au momment ou la communauté internationale est devenue soudain si tatillone sur la question des droits de l'homme, ne vivons nous pas une époque ou le procureur de la CPI est devenu la hantise des dictateurs et des régimes totalitaristes? mais alors, comment juger El Bachir, exécuter Khadafi, pendre Saddam et assassiner Milosevich tout en restant muet sur les tenants de cette guerre menée contre un état souverain sans aucune couverture légale, et avec de faux arguments et de vrais monsonges, souvenez vous du discour de C. Powell au Nations Unis au mois de février 2003, et des faux documents exhibés par T. Blaire, de l'assassinat flagrand de David Kelly qui avait refuté toutes les allégations Anglo-Américaines sur le détention par le régime de Saddam d'armes de destruction massives...et pourtant Louis Moreno Ocampo ne s'acharne que sur les faibles,

mercredi 14 décembre 2011

A lire absolument...

Avec ses collègues de TeleSur, de Russia Today, du Centre for Research on Globalization et du Réseau Voltaire, Lizzie Phelan (PressTV) est l’une des rares journalistes a avoir pris le risque de rendre compte de la réalité en Libye, à contre-courant de la propagande relayée par les médias dans les pays de la Coalition. Il n’est pas aisé, dans la fureur médiatique déclenchée par la chute de Tripoli et le renversement du gouvernement libyen, de trouver une analyse claire de la manière dont les choses se passent maintenant, sous le nouveau pouvoir. Après être restée cinq jours bloquée à l’hôtel Rixos avec 35 journalistes étrangers, j’ai eu du mal à croire que les rues que nous traversions étaient les mêmes que celles qui m’étaient devenues si familières pendant le mois que j’ai passé dans la capitale libyenne.

Les rues, avant si animées, où les familles allaient à la plage ou en venaient et se préparaient pour le dîner qui devait interrompre le jeûne de ramadan, étaient maintenant vides. Aux drapeaux verts s’étaient substitués ceux des rebelles, et les rares check points —occupés auparavant par des volontaires, hommes et femmes, c’est-à-dire par des voisins— avaient été remplacés par des check points installés tous les 100 mètres et surveillés maintenant par des tanks et des combattants, uniquement des hommes, qui portaient des armes sophistiquées fournies par la force militaire la plus puissante du monde : l’OTAN.

Les fiers jeunes libyens noirs qui avaient assuré la protection des quartiers qu’ils habitaient avaient disparus. Nous allions les revoir ultérieurement, acculés, prisonniers sur des pick-up, comme dans ces images que, dans les mois précédents, on ne pouvait prendre qu’à des endroits comme Bengazhi et Misrata. Ils sont victimes de la rumeur selon laquelle Kadhafi aurait recruté des mercenaires dans les pays subsahariens, allégation largement rejetée par les organisations de défense des droits de l’homme vu qu’aucune preuve n’a été fournie pour l’étayer. Mais, dans la nouvelle Libye, les noirs se trouvent, avec les membres des tribus les plus importantes [en termes de population], comme celles de Warfallah, Washafana, Zlitane et Tarhouna, parmi les populations que les rebelles soupçonnent d’apporter leur soutien a Mouammar Kadhafi, un crime qu’ils punissent de mort, sinon d’une manière pire encore.

Le convoi de la Croix-Rouge internationale dont nous faisions partie arriva finalement à l’hôtel Corinthian. Lors de mon précédent séjour, il y a un mois seulement, il n’y avait dans cet hôtel que deux ou trois gardiens armés à l’entrée. Cette dernière était maintenant bondée d’hommes qui brandissaient les armes envoyées par l’OTAN et le Qatar. Il ne restait du personnel qu’un petit groupe, débordé et épuisé.

J’y ai retrouvé plus tard quelques visages des Libyens dont j’avais fait connaissance, mais la douleur assombrissait leur regard. « Comment ça va ? », ai-je demandé à une employée. « Il est toujours dans nos cœurs », m’a-t-elle répondu. Quand nous avons finalement eu l’occasion de parler sans témoins, elle a fondu en larmes, ce dont elle s’est excusée. Elle m’a dit qu’il lui était impossible de se confier à personne d’autre. « La Libye est comme notre mère, mais nous ne pouvons plus parler à notre mère ». Étant membre de la tribu des Warfallah et provenant de la région de Bani Wallid, elle savait que sa famille et elle-même risquaient d’être arrêtés à tout moment, uniquement en raison du soutien sans faille des Warfallah à celui qu’ils appellent leur « guide », Mouammar Kadhafi. Elle m’a dit : « À Bani Wallid on a toujours été des gens très fiers, généreux, humbles, dignes. Sous ce drapeau [qu’arborent les rebelles] du roi Idris, nous étions obligés de baiser les pieds du roi avant de pouvoir lui adresser un seul mot. Nous sommes revenus à ces temps-là. »

Elle a été une des nombreuses personnes qui m’ont conseillé de ne pas me faire remarquer et de partir au plus vite. J’avais été parmi les rares journalistes qui s’étaient concentrés sur les conséquences de la campagne de bombardements que l’OTAN avait déclenchée sur le pays et qui s’étaient efforcés de faire connaître la très forte participation aux marches populaires de soutien au gouvernement libyen ainsi que les conférences des tribus, faits qui indiquaient que ce gouvernement n’était pas aussi impopulaire qu’on essayait de le faire croire.

J’avais également essayé de dénoncer les liens des rebelles avec Al-Qaida, la même mouvance que l’OTAN combattait dans des pays comme Afghanistan. Depuis que les rebelles avaient reconnu que l’assassinat de l’ex-commandant rebelle Abdel Fattah Younès avait été le fait des groupes liées à Al-Qaida qui se trouvaient dans leurs propres rangs, la présence des extrémistes risquait de devenir de plus en plus évidente, tandis que le gouvernement libyen s’apprêtait à rendre publics des documents et des enregistrements téléphoniques qui démontraient l’implication d’Al-Qaida dans la crise et la manière dont l’Occident avait agi de connivence avec les membres de cette mouvance.

Or, après la chute de Tripoli, seul mon ralliement à la nouvelle Libye pouvait garantir ma propre sécurité, et mon amie Warfallah me pressait de rentrer dans mon pays et d’y faire connaître ce qui se passait [ici].

Alors que les combats faisaient rage sur les routes de l’intérieur du pays, ce qui les rendaient particulièrement dangereuses pour toute personne dépourvue de la protection des rebelles, ma seule possibilité de quitter la Libye consistait à traverser la Méditerranée.

Ce fut, pendant plusieurs jours, une possibilité quasi inexistante. L’agitation des rebelles, parmi lesquels des disputes éclataient régulièrement à l’hôtel sur qui était le véritable chef, s’étendait non seulement au trajet qu’il fallait franchir pour gagner le port et pouvoir quitter Tripoli, mais aussi à une très grande partie de la ville. Pendant quatre jours, on vint nous dire, plusieurs fois par jour —aussi bien à moi qu’à d’autres étrangers— que nous allions pouvoir partir. Et, à chaque fois, la personne qui avait approuvé le départ au port disparaissait ou était remplacée par un nouveau décideur.

À cause de l’existence de tant de groupes différentes, dont le Groupe islamique combattant en Libye, le Front national pour le Salut de la Libye et les divers groupes de déserteurs du gouvernement de Kadhafi, les forces occidentales —qui maintenant s’affichent ouvertement sur le terrain— semblent évoluer sur une terre qu’elles ne connaissent pas.

Au deuxième jour de mon séjour à l’hôtel Corinthian, trois Britanniques qui roulaient des mécaniques répétaient constamment que c’étaient eux qui étaient désormais en charge de la sécurité de l’hôtel. L’un d’eux m’a dit qu’il arrivait de Kabul, où « ça se gâte de plus en plus ». « Vous pensez qu’ici ça va devenir comme à Kabul ? », lui ai-je demandé. « C’est fort probable, avec tous ces groupes différents qui se disputent le pouvoir », m’a-t-il répondu.

Entre-temps, le nombre de vies humaines qu’a coûté la chute de Tripoli n’a reçu que très peu d’attention. Les derniers chiffres connus datent de la deuxième journée de combats à Tripoli. Le ministère de la Santé, encore en fonctionnement à ce moment-là, avait fait savoir que les pertes humaines, après 12 heures de combats et rien que dans la capitale, s’élevaient à 1 300 morts et 900 blessés. Le même ministère avait annoncé la veille plus de 300 morts et 500 blessés. Le total dépasse largement le chiffre de 1 400 personnes massacrées pendant l’attaque, qui avait duré deux semaines, de l’Opération « Plomb durci » déclenchée par Israël contre Gaza et qui avait soulevé une vague mondiale d’indignation.

Après les bombardements et les attaques des hélicoptères Apache sur le quartier le plus pauvre de Tripoli, et l’un des derniers à tomber aux mains des envahisseurs, celui de Abou Salim, des témoins oculaires ont rapporté qu’ils avaient pu voir des piles de corps qui jonchaient les rues. Un proche d’une personne dont on estimait qu’elle pouvait se trouver parmi les victimes fatales s’était rendu dans l’hôpital local, où il n’avait trouvé qu’un médecin et deux infirmières. De même que la grande majorité des travailleurs de la capitale, la plus grande partie du personnel de l’hôpital s’était enfui, se cachait ou avait peut-être été tué. Quand la personne en question avait voulu voir les cadavres, les gardiens lui avaient assuré qu’il n’y en avait aucun. Les proches des personnes portées disparues craignent donc que les corps n’aient été jetés dans des fosses communes dont les emplacements risquent de rester inconnus pour longtemps.

Ce bain de sang ne correspond nullement au discours sur une « Libye libre » où les civils sont « protégés ». Mais, dans une atmosphère si raréfiée par la volonté de contrôler le pays à tout prix, il est presque impossible que ceux qui se trouvent sur le terrain puissent faire preuve d’honnêteté par rapport aux images qui défilent devant leurs yeux, du moins tant qu’ils seront sur le territoire contrôlé par les rebelles.

Un jeune rebelle armé qui arborait le drapeau français sur son battle-dress m’avait demandé d’où je venais. « De Londres », lui ai-je répondu. « Ah, Cameron. Nous aimons Cameron », m’a-t-il dit avec un large sourire. Je me suis efforcée d’esquisser un sourire moi aussi. La moindre critique envers mon propre Premier ministre pouvait être perçue comme un signe de désaffection envers les nouveaux gouvernants de la Libye.

Sur le port, pendant que nous observions le bateau dont les victuailles qu’il transportait devaient être déchargées pour laisser la place aux passagers, un Italien commentait qu’ils étaient « comme des enfants qui dirigent une université » en voyant les nouveaux maîtres des lieux essayer de se servir des grues et des machines nécessaires pour activer la décharge des bateaux et le départ des bateaux.

On nous avait dit que le bateau ne pourrait probablement pas partir avant 5 ou 10 jours et que notre seule option pour le départ par voie maritime était un bateau de pêche long de 20 mètres, conçu pour accueillir uniquement 12 personnes et dépourvu de l’essentiel du matériel devant garantir une navigation sûre.

Quarante-trois personnes se sont préparées à embarquer. Le rebelle chargé de contrôler notre bateau vérifia nos papiers de manière répétée pendant 4 heures en insistant sur le fait qu’aucun Russe, Serbe ou Ukrainien ne serait autorisé à partir, pas plus qu’aucun ressortissant de Cuba ou de l’Équateur, pays dont les relations avec Mouammar Kadhafi avaient été trop bonnes tout au long de la crise.

Finalement, près de minuit, nous avons tous pu embarquer, à l’exception d’un Russe.

Tandis que le vacarme des tanks, les fusillades et l’odeur de la mort qui saturait l’air restaient de plus en plus loin derrière nous, ma mémoire évoquait la ville paisible, accueillante et sûre où j’étais arrivée.

Lizzie Phelan

lundi 12 décembre 2011

exhibi-sionisme...

Newt Gingrich, ancien "speaker" de la chambre des représentants, candidat et désormais favori de l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine, devant Mitt Romney, a déclaré vendredi lors d’un entretien à la chaîne The Jewish Channel, à propos des Palestiniens, "nous sommes en présence d'un peuple palestinien inventé, qui est en fait un peuple arabe, et qui faisait historiquement partie de la communauté arabe". Newt Gingrich, ancien étudiant en histoire, spécialiste de l’Europe à l’époque moderne, a ajouté lors de ce même entretien que les Palestiniens "avaient la possibilité d'aller n'importe où. Mais pour un certain nombre de raisons politiques, nous avons entretenu cette guerre contre Israël depuis les années 1940 et je trouve que c'est tragique". Il a également moqué les efforts pour la paix, pourtant bien timides de l’administration Obama, en déclarant que "être impartial, entre une démocratie qui respecte l'état de droit, et un groupe de terroristes qui lance des missiles tous les jours, ce n'est pas de l'impartialité, cela revient à favoriser les terroristes".

Ces déclarations, - qui s’inscrivent dans le cadre de l’investiture républicaine lors de laquelle chaque candidat doit démontrer son soutien sans faille envers Israë l- ont provoqué un vif débat et bien évidemment nombre de critiques provenant des mouvements proches des Palestiniens. Newt Gingrich n’a toutefois pas renoncé à ses propos, bien au contraire : lors d’un débat le lendemain, il a ainsi qualifié les Palestiniens dans leur ensemble de "terroristes". "Est-ce que ce que j’ai dit [sur la notion de peuple inventé] est factuellement correct ? Oui. Est-ce historiquement vrai ? Oui. Quelqu’un doit avoir le courage de dire la vérité. Ces gens sont des terroristes. Ils apprennent le terrorisme dans leurs écoles. Il est grand temps que quelqu’un ait les tripes de se lever et de dire : assez de mensonges à propos du Moyen-Orient".

Les primaires républicaines doivent avoir lieu dans chaque Etat américain au premier semestre 2012. Selon les derniers sondages, Newt Gingrich fait désormais la course en tête. Le vainqueur affrontera Barack Obama en novembre de la même année.

lundi 5 décembre 2011

les faux bourgeons du printemps arabe

Et maintenant que les courants conservateurs emergent impeux partout dans les pays arabes "post révolutions" , voilà que l'occident verse des larmes de crocodile sur la menace qui pése sur la démocratie balbutiante, qui risque une mort prématurée...
Quel belle hypocrisie de la part de ceux qui ont conclu un pact avec le Wahabisme, déclaré désormais etendard du nouveau grand orient révé par bush et mis en route par obama-Cameron-sarkosy...Décidement, le printemps arabe bourgennera d'épines qui risquent d'étre vénéneuses...Moralité de l'histoire: Qui mange à la gamelle du Diable a besoin d'une longue cuillére...

mardi 22 novembre 2011

BHL, sionisme et "Révolutions"

BHL : la guerre en Libye pour Israël
Par : Mustapha Hammouche

Parlant de “sa” guerre de Libye dimanche dernier devant la Convention du Crif, Bernard-Henry Levy proclame qu’il ne l’aurait pas faite “s’il n’était pas juif”. La révolution libyenne, c’est sa part de guerre israélo-arabe : “J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël.” C’est dans le fait qu’“on avait affaire à l’un des pires ennemis d’Israël” que le philosophe avait trouvé la motivation de son engagement en Libye, un engagement qui lui permettait accessoirement de contribuer à “débarrasser le monde d’une de ses pires tyrannies”. Cette “raison impérieuse” qui ne l’a “jamais lâché”, dit-il, surpassait tout repère chez le philosophe, enthousiasmé d’abord par le fait d’en découdre avec un ennemi d’Israël.
Si la pertinence du calcul stratégique du philosophe reste plus que discutable, on y apprend tout de même que celui-ci n’a débarqué en Libye que parce que “les droits de l’Homme” des Libyens faisaient, pensait-il, l’affaire du dessein sioniste. Ceci enregistré, il reste à évaluer la part d’opportunisme sioniste dans la participation française, maintenant que l’on connaît les intentions de fond de celui qui a pesé dans la qualité et l’intensité de la contribution française dans la guerre contre Kadhafi.
Est-ce à dire que la France et son philosophe stratège se sont tenus à distance des révolutions tunisienne et égyptienne parce que Ben Ali et Moubarak ne comptaient pas “parmi les pires ennemis d’Israël” ? Bien sûr, c’est aux Libyens de reconsidérer le sens politique du rôle de Sarkozy et de son inspirateur dans leur révolution, mais les aveux de BHL posent la question de la sincérité humanitaire du soutien extérieur à la rébellion libyenne.
L’arrière-pensée de celui qui leur a offert son soutien et l’appui de son pays “parce qu’il est juif” et parce qu’il voulait faire triompher “l’étendard sioniste” ne devrait, cependant, pas disqualifier la révolution d’un peuple qui a consenti tant de sacrifices clairement dédiés à sa liberté, tout au long de ces mois de lutte. Au demeurant, il n’est pas acquis que les futures autorités libyennes seraient “moins ennemies d’Israël” que Kadhafi. Il y a des chances que les peuples “arabes” libres seraient bien moins ligotés, dans leur soutien à la cause nationale des Palestiniens, que des peuples tenus en laisse par des dictateurs illégitimes, eux-mêmes téléguidés par les puissances sponsors de l’État juif. Les Israéliens ont eu à le vérifier avec l’Égypte dès le lendemain du départ de Moubarak.
L’ambiguïté stratégique de l’intervention occidentale en Libye ne peut pas discréditer le “Printemps arabe” dans sa pertinence politique et dans sa perspective historique. C’est de bonne guerre que les spéculations du mouvement sioniste et l’opportunisme islamiste, dont on constate, sur le terrain, la convergence stratégique, essaient de remettre en cause le fondement révolutionnaire des insurrections en pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Mais à croire la flamme qui se rallume au Maroc et en Égypte et qui se maintient en Tunisie, en Syrie et au Yémen, le “Printemps arabe” n’a pas encore été corrompu dans sa finalité démocratique.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr

In Liberté Algérie du 22/11/2011

lundi 14 novembre 2011

l'Hopital qui plaint la charité

Syrie : le roi de Jordanie appelle Assad à démissionner
Le roi Abdallah II de Jordanie est le premier dirigeant arabe à réclamer ouvertement le départ du président syrien.
Plutôt discret depuis le début des troubles chez son grand voisin syrien, le roi de Jordanie a fait entendre sa voix: «Si j'étais à sa place, je quitterais le pouvoir», a confié lundi à la BBC le roi Abdallah II en parlant de Bachar el-Assad. «Je quitterais le pouvoir et je m'assurerais que mon successeur soit capable de changer le statu quo auquel nous assistons. Si Bachar veut œuvrer dans l'intérêt de son pays, il devrait démissionner».

Ce désaveu public est une nouvelle pierre dans le jardin du président syrien. Ce weekend, la Ligue arabe a décidé de sanctionner le pays en le suspendant de ses réunions. Après six mois de révolte et de répression, qui ont fait au moins 3500 morts selon l'ONU, la Ligue arabe discute désormais d'un moyen d'assurer la protection des civils. Dès mardi, des représentants de la Ligue doivent rencontrer des responsables de l'opposition syrienne.

Ces opposants sont en train de s'organiser, avec l'aide de la Turquie. Autrefois grande alliée de la Syrie, la Turquie a pris depuis plusieurs mois ses distances avec Damas. Pour la deuxième fois en moins d'un mois, le ministre turc des Affaires étrangères a reçu dimanche des représentants du Conseil national syrien (CNS), qui rassemble une grande partie de l'opposition au régime d'Assad. La Turquie condamne fermement la répression menée par le régime et exhorte la communauté internationale à organiser une réponse commune aux exactions du régime syrien.

Sanctions européennes renforcées
À Damas, les responsables gouvernementaux font la sourde oreille aux appels de la communauté internationale. Le ministre syrien des Affaires étrangères a estimé que «la crise arrive à sa fin». «Le programme des réformes est devenu clair, mais nous sommes en retard en ce qui concerne le dialogue avec l'opposition et nous essayons d'y remédier», a assuré Walid Mouallem lors d'une conférence de presse. La Syrie souhaite prouver d'ici à mercredi que le plan de sortie de crise proposé par la Ligue arabe, qu'il a accepté, commence à être mis en application. Dans les faits, la révolte de l'opposition et la répression par le gouvernement continuent au même rythme, faisant plus de 120 morts à Homs la semaine dernière.

L'Union européenne a renforcé lundi ses sanctions contre la Syrie en gelant les avoirs de 56 personnes et en stoppant des prêts accordés par la Banque d'investissement d'un montant de 1,37 milliard d'euros. L'Europe a enfin décrété un embargo sur les armes à l'encontre du pays, interdit l'importation de produits pétroliers, banni tous les investissements et prêts dans des nouveaux projets pétroliers en Syrie et enfin mis un terme à la fourniture de billets de banques à la banque centrale.

mardi 8 novembre 2011

Amour Idillique

Les embarrassantes confidences entre Sarkozy et Obama
C'est le genre d'erreur qui peut coûter cher. Jeudi dernier, avant une conférence de presse commune à l'occasion du G20 de Cannes, des propos échangés entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy à huis-clos ont été diffusés à tous les journalistes présents. C'est le site Arrêt sur images qui révèle l'épisode. Et il dévoile une facette fort peu diplomatique des relations entre la France, les Etats-Unis et Israël.

Les deux présidents, croyant être seuls, se sont laissés aller à commenter la situation au Proche-Orient. Barack Obama a commencé par reprocher à son homologue français de ne l'avoir pas prévenu du vote de la France en faveur de l'entrée de la Palestine à l'Unesco. Et lui a demandé de ne plus soutenir les Palestiniens dans d'autres instances internationales, selon Reuters, dont un journaliste a également entendu l'échange. «Il faut que tu passes le message aux Palestiniens, qu'ils arrêtent ça tout de suite», a-t-il demandé à Nicolas Sarkozy. Le président français l'aurait assuré que la France ne prendrait pas de «décision unilatérale» lors du vote au Conseil de sécurité sur l'accession de la Palestine au statut d'Etat membre de l'ONU.

«Je ne peux plus le voir»
Les deux hommes ont ensuite évoqué Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien. «Je ne peux plus le voir, c'est un menteur», a taclé Nicolas Sarkozy. «Tu en as marre de lui mais moi, je dois traiter avec lui encore plus souvent que toi, tous les jours», s'est plaint en retour Barack Obama. Deux commentaires qui tranchent radicalement avec l'attitude généralement très policée à l'égard d'Israël.

Cette erreur incroyable aurait été permise par la maladresse d'un membre de l'organisation. Il aurait distribué à la presse les appareils permettant d'écouter les traducteurs, en leur expliquant qu'il ne leur fournirait les casques que plus tard, car ils auraient permis aux journalistes d'entendre la conversation privée des deux chefs d'Etats. Intrigués, certains journalistes présents se sont empressés de brancher leur propres écouteurs sur les appareils. Mais les reporters présents auraient ensuite convenu de ne pas ébruiter le surprenant échange, obtenu par la triche, selon l'un d'eux, interrogé par Arrêt sur images. L'embargo n'aura pas tenu et nul doute qu'à Washington comme à Paris, ces révélations ont déjà causé quelques migraines

samedi 5 novembre 2011

Exécution sommaire

Les forces armées nigerianes ont capturé et abattu le 27 juillet dernier le chef de la secte islamiste Boko Haram, Mohamed Yusuf, après les violents combats qui avaient éclaté depuis le 23 juillet dernier suite à l’arrestation de certains membres de la secte. Les organisations de défense des droits de l'Homme se sont inquiétées des conséquences humanitaires de cette crise qui a entraîné la mort d’au moins 600 Nigerians.

600 morts, c’est le triste bilan des violents combats qui ont éclaté le 23 juillet 2009 entre les forces de l’ordre nigerianes et la secte islamiste Boko Haram dans quatre Etats du Nord du pays.

Les combats ont pris fin le 28 juillet dernier avec l’arrestation et l’exécution de Mohamed Yusuf, le chef du mouvement. Abubakar Shekau, le second leader de la secte a également été tué dans les combats.

L’armée nigériane est parvenue à se déployer en force dans tout le Nord du pays pour sécuriser la zone et prévenir d’autres offensives des membres de la secte.

«Nous allons faire à partir de vendredi une démonstration de force dans toutes les zones» affectées par les violences, avait affirmé le 27 juillet dernier le porte-parole du ministère de la Défense.

Le président Umaru Yar'adua, qui était le 27 juillet dernier en visite officielle au Brésil, avait d'ailleurs ordonné la poursuite de la traque des derniers «talibans» en fuite.

Pour Human Rights Watch (HRW) et Amnesty international, «la mort de Yusuf montre un mépris total envers la loi et les droits de l'Homme les plus fondamentaux».

Ainsi, ils ont demandé aux «autorités nigerianes (...) d’enquêter et d’engager des poursuites à l'encontre des responsables de ce crime arbitraire et de tous les autres», a déclaré Eric Guttschus du HRW.

Les autorités nigerianes ont expliqué qu’il a été tué le 27 juillet dernier au siège de la police alors qu'il tentait de s'évader peu après que l'armée l'eut capturé à Maiduguri.

Le numéro deux de la secte, Abubakar Shekau, a lui aussi été tué dans le 27 juillet dernier en même temps que 200 partisans en tentant de fuir Maiduguri, où l'armée a lancé une vaste offensive pour écraser la résistance islamiste, indique une source policière.

Un responsable local de la Croix-Rouge, Aliyu Maikano, a aussi rapporté que les autorités nigerianes avaient récupéré le 27 juillet dernier pas moins de 300 cadavres dans les rues de Maiduguri à la suite des affrontements, et continuaient à rechercher des corps.

«Le fait que des membres des forces de sécurité n'aient pas à rendre compte de leurs abus les a encouragés à commettre des crimes graves sans craindre d'être poursuivis par la justice», a ajouté monsieur Guttschus.

Un journaliste a compté, au lendemain de la mort du chef de la secte Boko Haram, les corps de 23 personnes abattues par balles devant le siège de la police de Maiduguri, dont celui d'un ancien commissaire régional pour les affaires religieuses, Alhaji Buji Fai.

«Alhaji Buji Fai a été tué avec d'autres qui tentaient de fuir lors d'une fusillade le long de la route Benishek-Maiduguri», a déclaré un porte-parole de la police de Maiduguri.

Pour le délégué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Ibrahim Aliyu, les autorités nigerianes font preuves de négligence face aux conséquences humanitaires de la crise, alors que 4 000 habitants de Maiduguri ont été déplacés par les combats et s'entassent dans des camps de fortune.

Le porte-parole du ministre de la Défense s'est refusé à donner un bilan des pertes humaines. Il a également nié qu'il y ait eu des victimes civiles collatérales.

Le CIRC est «vraiment inquiet sur la possibilité d'apparition de maladies comme le choléra à cause de la présence de corps en décomposition dans les rues», explique Halima Bulama.

Un porte-parole du gouvernement, Usman Chiroma, a affirmé ce 1er août que «le gouvernement est en train de travailler pour évacuer les cadavres des rues de Maiduguri. (...) Nous avons mobilisé des hommes et des équipements pour ce travail. Mais c'est un travail énorme étant donné le manque de moyens humains», a-t-il précisé

mardi 1 novembre 2011

Khadafi exécuté par Washington et Paris

Révélation du Canard Enchaîné : Kadhafi condamné à mort par Washington et Paris
publié le jeudi 27 octobre 2011

Kadhafi condamné à mort par Washington et Paris
Par Claude Angeli (revue de presse : Le Canard Enchaîné – 26/11/11)
Mercredi, 19 octobre en fin d’après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l’un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l’une des priorités actuelles des généraux de l’équipe Obama, l’Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu’il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu’il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.

Depuis quelques jours d’ailleurs, des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. À Paris, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales) les militaires présents à Syrte.

Leur mission : porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier, et, selon le jargon maison utilisé par un officier du CPCO, « ´´traiter´´ le guide libyen et les membres de sa famille ». Une formule codée en cours à la DGSE : « livrer le colis à Renard », et agir en sorte que Kadhafi n’échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisé « Renard ? ».

Hypocrisie internationale

À l’Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l’un de ses fils s’étaient réfugié à Syrte, avec gardes corps et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoît Puga, son chef d’état-major particulier, de superviser la chasse à l’ancien dictateur. Ce qu’il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l’étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d’ailleurs pour évoquer l’ « élimination physique » du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l’Élysée, s’il faut en croire un conseiller du Président.

« La peine de mort n’était pas prévue dans les résolutions de l’ONU qui ont permis à l’OTAN d’intervenir, ironise un diplomate français. Mais il ne faut pas jouer les hypocrites. À plusieurs reprises, des avions français et britanniques avaient déjà tenté de liquider Kadhafi en bombardant certains de ses repaires, à Tripoli ou en détruisant notamment un de ses bureaux. » Et le même de signaler que, lors d’un procès devant la Cours pénale internationale, « ce nouvel ami de l’Occident aurait pu rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l’aide qu’il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu’il offrait aux uns et aux autres. Voire plus grave, sait-on jamais ? ».

Le 20 octobre à 8h 30 du matin, l’objectif allait être atteint. Trois avions de l’OTAN s’approchent de Syrte. Rien à voir avec une mission de reconnaissance effectuée par hasard : une colonne de 75 véhicules fuit la ville à vive allure. Un drone américain Predator tire des roquettes. Un mirage F1CR français de reconnaissance suit un Mirage 200-D qui large deux bombesGBU-12 de 225 kilos guidées au laser. Bilan : 21 véhicules détruits et Kadhafi seulement blessé.

Soupirs de satisfaction

Des forces spéciales françaises sont alors présentes sur les lieux. L’histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec abondance de détails un officier des services militaires de renseignements : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande Allah Akbar » à pleine poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d’autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ».

On connaît la suite, quelques images de ce lynchage suivi d’une exécution par balles sont apparues sur les écrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de Kadhafi n’est pas la fin de l’histoire car, en croire une analyse barbouzarde, « la Libye est entrée dans un no man’s land politique, une zone de turbulences imprévisibles. » Voilà qui devrait inquiéter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction que Kadhafi ne serait jamais la vedette d’un procès international.

vendredi 28 octobre 2011

Un billet en guise de feuille de vigne...

TRIPOLI - Mouatassim, fils du dirigeant déchu libyen Mouammar Kadhafi, a été retrouvé mort à Syrte, où son père a été tué jeudi, a indiqué à l'AFP Mohamed Leith, un commandant des forces du nouveau régime qui combattait dans la ville.
«Nous l'avons retrouvé mort. Nous avons mis son corps ainsi que celui du (ministre de la Défense du régime déchu libyen), Aboubakr Younès Jaber, dans une ambulance pour les emmener à Misrata», a indiqué ce commandant qui avait annoncé plus tôt à l'AFP la capture puis la mort de Mouammar Kadhafi...
From Canoe-Infos
Brrrr, cette hypocrisie qui se perd dans un silence mondial fait froid au dos...

Silence, on execute à l'arme blanche...

Mouatassim Khadafi, le fils du colonel qui a été enterré a ses cotés a été capturé Vivant, et une myriade de vidéo l'attestent sur Youtube, puis il est montré mort, ensanglanté, etonnant qu'aucun, absolument aucun médias ne 'est posé la question sur les circonstances de sa mise à mort, le CPI est t'il un tribunal pour punir les criminels de guerre, ou les vaincus des guerres seulement???
Brrrr, ça fait froid au dos...

mercredi 26 octobre 2011

Que dira la CPI?

L’avocat de la famille de l'ancien dirigeant libyen, Maâmmar El-Gueddafi, a indiqué hier que la famille du défunt envisageait de porter plainte contre l'Otan pour « crime de guerre » auprès de la Cour pénale internationale, à la suite de la mort de l'ex-leader. « L'homicide volontaire est défini comme un crime de guerre par l'article 8 du Statut de Rome de la CPI », a dit Me Marcel sur les ondes de la radio française Europe 1 sans préciser la date du dépôt de la plainte. « L'homicide d'El Gueddafi montre que les Etats membres n'avaient pas pour but de protéger la population mais de renverser le régime », a-t-il dit. La plainte devrait viser « les organes exécutifs de l'Otan qui ont arrêté les conditions d'intervention en Libye », et remonter la chaîne de responsabilités en amont, jusqu'aux chefs d'Etat des pays de la coalition, a-t-il précisé.
Par ailleurs, le président du Conseil national de transition, (CNT) Moustapha Abdeljalil, et les chefs d'état-major des pays engagés militairement en Libye, se réunissaient hier au Qatar, ont rapporté des agences de presse. La réunion devait « débattre des besoins en matière de sécurité de la Libye et de l'aide internationale requise », selon les organisateurs, alors que l'Otan a prévu de mettre fin à ses opérations militaires le 31 octobre...ET EN AVANT LA RAPINE...

samedi 22 octobre 2011

Ces vérités que tout le monde ignore...

N'oubliez Jamais que Khadafi a été intercepté et bléssé par un avion de chasse francais, qui agissait sous couvert de l'OTAN, organisation militaire de l'occident dont le SG est un certain Rasmussen, ex premier ministre Danois qui défendit les imfamantes caricatures du Prophete Mohammed (QSSL) au nom de la liberté de la presse...Chiche que l'OTAN intervienne un jour pour défendre les civiles de Ghaza, ou pour defendre la légalité internationale en Géorgie dont une partie est actuellement occupée par les Russes...

Les dessous de la rebellion en Lybie

Personne, des journalistes du monde n’a douté un instant que la chaine de télévision Qatarie ‘’Al Jazeera’’ est une création ‘’Israélienne’’. Tout le monde croyait la famille de l’Emir du Qatar derrière la fondation et la propulsion de cette chaine.



Or, les investigations, nous orientent avec confirmation, que l’idée de cette création est venue de deux personnalités Franco Israéliennes. Il s’agit des frères David. Non ce n’est pas Bernard-Henri David, mais les frères David et Jean Friedman qui ont insisté, juste après l’assassinat d’Isaak Rabin qu’’il fallait créer une chaine de télévision pour réunir les arabes et les juifs, créer des débats et donner la parole aux deux communautés. Pour cela, une coïncidence de taille surgira quand les négociations entamées entre la société Saoudienne ‘’Orbit’’ et le groupe BBC pour la création d’une chaine de télévision arabe d’informations non stop avaient échouées, alors qu’un groupe de journalistes arabisés a été déjà recrutés. Ce qui a mis la puce à l’oreille des frères Friedman et les a inciter d’avantage à créer leur télévision dans un pays arabe. Ils contactèrent l’Emir du Qatar Hamed Ben Khalifa Al Thani, qui avec l’aide et le soutien des américains et des anglais avaient renversé son père qui était un pro Iranien. Le nouvel Emir comprendra très vite l’intérêt de l’installation de cette chaine de télévision à Doha. Mais d’abord il devrait conclure des relations avec ‘’Israël’’. Pour cela les frères Friedman ont agit rapidement pour décrocher l’accord des deux parties en ouvrant à Doha un bureau ‘’Israélien’’ chargé des relations commerciales (une couverture du Mossad). Il n’y eu aucun problème de financement, les frères Friedman avec leur capital ont obtenu un prêt auprès de l’Emir du Qatar d’une valeur de 150 millions de dollars remboursé sur une période de cinq années. Mais l’Arabie Saoudite a vu d’un mauvais œil cette initiative, et donna ordre de boycotter d’Al Jazeera pour en ce qui concerne les panneaux publicitaires, les pays du golf ont été soumis aux instructions de Riad. L’Emir du Qatar devant cet état de fait n’a pas abandonné Al Jazeera , il a décidé de prendre en charge tous les frais, et devint le grand maestro de la chaine. Le vrai patron.

Khanfar à la tête d’Al Jazeera a fait trembler la CIA et le Mossad
Suite au décès de David Friedman survenu en 2004, l’émir du Qatar décide d’ouvrir d’autres chaines, il commence par ‘’Al Jazeera English’’ et sollicita les services de l’organisme international ‘’JTrack’’ qui est spécialisé dans la formation en média communication et l’enseignement des responsables arabes et d’Asie de l’Est du langage de Davos, c'est-à-dire comment parler aux occidentaux et leur montrer l’image qu’ils désirent voir.. De Rabat à Singapour, la boite ‘’JTrack’’, a formé l’ensemble des responsables politiques soutenus par la Maison Blanche et Tel-Aviv. ‘’JTrack’’ n’avait pas achevé sa mission à Doha, quand son PDG, fut appelé à assurer de hautes fonctions gouvernementales dans un pays du Maghreb. Cependant, avant de quitter Doha, le PDG, a fait appel à un ancien journaliste de la ‘’Voix de l’Amérique’’ et correspondant d’Al Jazeera, pour l’installer à la tête d’Al Jazeera, il s’agit bien de Ouadah Khanfar. À la fois professionnellement compétent et politiquement sûr, Khanfar s’attacha à donner une couleur idéologique à Al-Jazeera. Tout en donnant la parole à Mohamed Hassanein Heikal, l’ancien porte-parole de Nasser, il fit de cheikh Yusuf al-Qaradawi —qui avait été déchu de sa nationalité égyptienne par Nasser— le « conseiller spirituel » de la chaîne. Il ouvre le studio à Benbella, Mokhtar Ould Dada, à Jean Marie le Pen, à la fille du Général Marocain Oufkir,à l’Ancien premier ministre Abdelhamid Brahimi, à Abbasi Madani, à Abdelhalim Kheddam, à Kadhafi, à Abdelillah Benkirane (Maroc) et à d’autres personnalités arabes et étrangères du pouvoir et de l’opposition. Quand les révoltes des peuples se sont déclenchées en Algérie et en Tunisie et dans la péninsule arabique, Ouadah Khanfar a brutalement modifié la ligne éditoriale de sa rédaction. Le Groupe a joué un rôle central dans l’accréditation du mythe du printemps arabe : les peuples, avides de liberté, de vivre dignement, de combattre le chômage et la cherté se seraient soulevés pour renverser des dictateurs et adopter des démocraties parleentaires. En réalité, les Anglo-Saxons se sont efforcés de surfer sur des révoltes populaires pour rejouer le vieil air du printemps arabe qu’ils avaient organisé dans les années 1920 pour s’emparer des anciennes provinces ottomanes et y installer des démocraties parlementaires fantoches sous contrôle mandataire. Al-Jazeera a donc accompagné les révoltes tunisienne et égyptienne pour écarter la tentation révolutionnaire et légitimer de nouveaux gouvernements favorables aux États-Unis et à Israël.

Qui est ‘’JTrack’’ ?
Quoi qu’il en soit, il faut attendre l’épisode libyen pour que les masques tombent. En effet, le patron de JTrack et mentor de Ouadah Kanfhar n’est autre que Mahmoud Jebril (le "J" de "JTrack", c’est "Jibril"). Ce manager aimable, brillant et creux, avait été conseillé à Mouammar Kadhafi par ses nouveaux amis états-uniens pour piloter l’ouverture économique de la Libye après la normalisation de ses relations diplomatiques. Sous le contrôle de Seif el-Islam Kadhafi, il avait été nommé à la fois ministre du Plan et directeur de l’Autorité de développement, devenant de facto le numéro 2 du gouvernement, et ayant autorité sur les autres ministres. Il mena au pas de charge la dérégulation de cette économie socialiste et la privatisation de ses entreprises publiques. Certains le désignent comme un agent de la CIA. Mahmoud Jibril marche en paire avec BHL, chacun représente ses ‘’Services’’ et exécute sur le terrain ses orientations et directives

jeudi 20 octobre 2011

Le début de la fin...

Avec l'assassinat de Khadafi par les avions des "ibérateurs atlantistes", c'et un nouveau pas que le monde vient de franchir vers le nouvel ordre mondial , un ordre sur lequel plane l'ombre des Rotshild-Solomon Brothers, un monde ou les médias feront des laches des héros et des hommes libres des terroristes...triste fin pour l'humanité.

lundi 19 septembre 2011

exhibiti-sionisme!!!

Mais qu'est ce qui peut bien faire courir la centaine de parlementaires de la majorité et de l'opposition, tous embarqués sur la méme galére, pour mettre en garde dimanche, dans une lettre à Nicolas Sarkozy, contre toute "démarche unilatérale" qui serait initiée par les Palestiniens pour adhérer à l'ONU. Ces parlementaires, parmi lesquels figurent Claude Goasguen, Éric Raoult (UMP), ou encore le candidat à la primaire socialiste Jean-Michel Baylet (PRG) ou le député (PS) Jean-Marie Le Guen, affirment leur "engagement en faveur d'une résolution pacifique et négociée du conflit israélo-palestinien, reposant sur le principe de deux États pour deux peuples".
Curieux quand méme, que l'une des premieres nations a avoir reconnu israèl en 1948, en votant son adhésion dans la méme enceinte Onusienne à Manhattan, se retrouve à chercher des arguments nuls pour s'opposer au droit fondamental d'un peuple qui a vu au cours du temps son espace vital réduit a une peau de chagrin...et curieux de voir a quel point le déni du droit peut réunir des étres soit disant ayant des idéaux et des convictions diamétralement opposés, cette démarche, cette offre de service en direction du peuple non pas élu, mais qui graisse la patte des élus, a un nom: L'exhibi-Sionisme

samedi 17 septembre 2011

Libye: Résolution I (1970)

Le Conseil de sécurité,

Se déclarant gravement préoccupé par la situation en Jamahiriya arabe libyenne, et condamnant la violence et l’usage de la force contre des civils,

Regrettant vivement les violations flagrantes et systématiques des droits de l’homme, notamment la répression exercée contre des manifestants pacifiques, exprimant la profonde préoccupation que lui inspire la mort de civils et dénonçant sans équivoque l’incitation à l’hostilité et à la violence émanant du plus haut niveau du Gouvernement libyen et dirigée contre la population civile,

Accueillant avec satisfaction la condamnation, par la Ligue arabe, l’Union africaine et le Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence islamique, des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire qui sont commises en Jamahiriya arabe libyenne,

Prenant note de la lettre datée du 26 février 2011 adressée à son Président par le Représentant permanent de la Jamahiriya arabe libyenne auprès de l’Organisation des Nations Unies,

Accueillant avec satisfaction la résolution A/HRC/S-15/2 du Conseil des droits de l’homme en date du 25 février 2011, notamment la décision d’envoyer d’urgence une commission internationale indépendante pour enquêter sur toutes les violations présumées du droit international des droits de l’homme commises en Jamahiriya arabe libyenne établir les faits et les circonstances de ces violations ainsi que des crimes perpétrés et, dans la mesure du possible, en identifier les responsables,

Considérant que les attaques systématiques et généralisées actuellement commises en Jamahiriya arabe libyenne contre la population civile pourraient constituer des crimes contre l’humanité,

Se déclarant préoccupé par le sort tragique des réfugiés forcés de fuir la violence en Jamahiriya arabe libyenne,

Se déclarant préoccupé également par les informations faisant état de pénuries de fournitures médicales pour soigner les blessés,

Rappelant que les autorités libyennes ont la responsabilité de protéger le peuple libyen,

Soulignant la nécessité de respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression, y compris la liberté de la presse,

Soulignant également que les auteurs des attaques perpétrées contre des civils, y compris les attaques menées par des forces placées sous leur contrôle, doivent être amenés à répondre de leurs actes,

Rappelant l’article 16 du Statut de Rome, selon lequel aucune enquête ni aucune poursuite ne peuvent être engagées ni menées par la Cour pénale internationale pendant les 12 mois qui suivent la date à laquelle le Conseil de sécurité a fait une demande en ce sens,

Se déclarant inquiet pour la sécurité des étrangers et leurs droits en Jamahiriya arabe libyenne,

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la Jamahiriya arabe libyenne,

Conscient de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales qui lui est assignée par la Charte des Nations Unies,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies et prenant des mesures au titre de son article 41,

1. Exige qu’il soit immédiatement mis fin à la violence et demande que des mesures soient prises pour satisfaire les revendications légitimes de la population ;

2. Exhorte les autorités libyennes :
a) À faire preuve de la plus grande retenue, à respecter les droits de l’homme et le droit international humanitaire, et à donner aux observateurs internationaux des droits de l’homme un accès immédiat au pays ;
b) À garantir la sécurité de tous les étrangers et de leurs biens et à faciliter le départ de ceux qui souhaitent quitter le pays ;
c) À veiller à ce que les fournitures médicales et humanitaires et les organismes et travailleurs humanitaires puissent entrer dans le pays en toute sécurité ; et
d) À lever immédiatement les restrictions imposées aux médias de tous types ;

3. Prie tous les États Membres, dans la mesure du possible, de coopérer à l’évacuation des étrangers qui souhaitent quitter le pays ;

Saisine de la Cour pénale internationale

4. Décide de saisir le Procureur de la Cour pénale internationale de la situation qui règne en Jamahiriya arabe libyenne depuis le 15 février 2011 ;

5. Décide que les autorités libyennes doivent coopérer pleinement avec la Cour et le Procureur et leur apporter toute l’assistance voulue, en application de la présente résolution et, tout en reconnaissant que le Statut de Rome n’impose aucune obligation aux États qui n’y sont pas parties, demande instamment à tous les États et à toutes les organisations régionales et internationales concernées de coopérer pleinement avec la Cour et le Procureur ;

6. Décide que les ressortissants, responsables ou personnels en activité ou anciens responsables ou personnels, d’un État autre que la Jamahiriya arabe libyenne qui n’est pas partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale sont soumis à la compétence exclusive dudit État pour toute allégation d’actes ou d’omissions découlant des opérations en Jamahiriya arabe libyenne établies ou autorisées par le Conseil ou s’y rattachant, à moins d’une dérogation formelle de l’État ;

7. Invite le Procureur à l’informer, dans les deux mois suivant la date de l’adoption de la présente résolution, puis tous les six mois, de la suite donnée à celle-ci ;

8. Convient qu’aucun des coûts afférents à la saisine de la Cour, y compris ceux occasionnés par les enquêtes et poursuites menées comme suite à cette saisine, ne sera pris en charge par l’Organisation des Nations Unies et que ces coûts seront supportés par les Parties au Statut de Rome et les États qui voudraient contribuer à leur financement à titre facultatif ;

Embargo sur les armes

9. Décide que tous les États Membres doivent prendre immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la Jamahiriya arabe libyenne, à partir de leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs nationaux, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, d’armements et de matériel connexe de tous types – armes et munitions, véhicules et matériels militaires, équipements paramilitaires et pièces détachées correspondantes –, ainsi que toute assistance technique ou formation, et toute aide financière ou autre en rapport avec les activités militaires ou la fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements et matériel connexe, y compris la mise à disposition de mercenaires armés venant ou non de leur territoire, et décide également que cette mesure ne s’appliquera pas :
a) Aux fournitures de matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou de protection et à l’assistance technique ou la formation connexes qui auront été approuvées à l’avance par le Comité créé en application du paragraphe 24 ci-après ;
b) Aux vêtements de protection, dont les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement exportés en Jamahiriya arabe libyenne, pour leur usage personnel uniquement, par des personnels des Nations Unies, des représentants des médias et des agents humanitaires et du développement ou des personnels connexes ;
c) Aux autres ventes ou fournitures d’armements et de matériel connexe, ou à la fourniture d’une assistance ou de personnel, qui auront été approuvées à l’avance par le Comité ;

10. Décide que la Jamahiriya arabe libyenne doit cesser d’exporter tous armements et matériel connexe et que tous les États Membres devront interdire l’acquisition de ces articles auprès de la Jamahiriya arabe libyenne par leurs ressortissants, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, que ces articles aient ou non leur origine dans le territoire libyen ;

11. Demande à tous les États, en particulier aux États voisins de la Jamahiriya arabe libyenne, en accord avec leurs autorités nationales et conformément à leur législation nationale, dans le respect du droit international, en particulier le droit de la mer et les accords pertinents sur l’aviation civile internationale, de faire inspecter sur leur territoire, y compris dans leurs ports maritimes et aéroports, tous les chargements à destination et en provenance de la Jamahiriya arabe libyenne, si l’État concerné dispose d’informations donnant des motifs raisonnables de penser que tel chargement contient des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les paragraphes 9 ou 10 de la présente résolution afin de garantir une stricte application de ces dispositions ;

12. Décide d’autoriser tous les États Membres qui découvrent des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les paragraphes 9 ou 10 de la présente résolution, à les saisir et à les neutraliser (en les détruisant, en les mettant hors d’usage, en les entreposant ou en les transférant à un État autre que le pays d’origine ou de destination aux fins d’élimination), et décide également que tous les États sont tenus de coopérer à cet égard ;

13. Demande à tout État Membre effectuant une inspection en application du paragraphe 11 ci-dessus de présenter au Comité, par écrit et sans délai, un rapport initial exposant en particulier les motifs de l’inspection et les résultats de celle-ci et faisant savoir s’il y a eu coopération ou non, et, si des articles dont le transfert est interdit ont été découverts, demande également audit État Membre de présenter par écrit au Comité, à une étape ultérieure, un rapport écrit donnant des précisions sur l’inspection, la saisie et la neutralisation, ainsi que des précisions sur le transfert, notamment une description des articles en question, leur origine et leur destination prévue, si ces informations ne figurent pas dans le rapport initial ;

14. Engage les États Membres à prendre des mesures en vue de dissuader fermement leurs nationaux de se rendre en Jamahiriya arabe libyenne pour participer, pour le compte des autorités libyennes, à des activités susceptibles de contribuer à la violation des droits de l’homme ;

Interdiction de voyager

15. Décide que tous les États Membres doivent prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée ou le passage en transit sur leur territoire des individus désignés dans l’annexe I à la présente résolution ou désignés par le Comité créé en application du paragraphe 24 ci-après, étant entendu qu’aucune des dispositions du présent paragraphe n’oblige un État à refuser à ses propres nationaux l’entrée sur son territoire ;

16. Décide que les mesures imposées en vertu du paragraphe 15 ci-dessus ne s’appliquent pas dans les cas suivants :
a) Lorsque le Comité établit, au cas par cas, que le voyage se justifie par des raisons humanitaires, y compris un devoir religieux ;
b) Lorsque l’entrée ou le passage en transit sont nécessaires aux fins d’une procédure judiciaire ;
c) Lorsque le Comité établit, au cas par cas, qu’une dérogation favoriserait la réalisation des objectifs de paix et de réconciliation nationale en Jamahiriya arabe libyenne et de stabilité dans la région ;
d) Lorsqu’un État détermine au cas par cas que l’entrée ou le passage en transit sont indispensables à la promotion de la paix et de la stabilité en Jamahiriya arabe libyenne et qu’il en avise en conséquence le Comité dans un délai de quarante-huit heures après avoir établi un tel constat ;

Gel des avoirs

17. Décide que tous les États Membres doivent geler immédiatement tous les fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques se trouvant sur leur territoire qui sont en la possession ou sous le contrôle direct ou indirect des individus ou entités désignés dans l’annexe II à la présente résolution ou désignés par le Comité créé en application du paragraphe 24 ci-après, ou de tout individu ou entité agissant pour le compte ou sur les ordres de ceux-ci, ou de toute entité en leur possession ou sous leur contrôle, et décide en outre que tous les États Membres doivent veiller à empêcher que leurs nationaux ou aucune personne ou entité se trouvant sur leur territoire ne mettent à la disposition des individus ou entités désignés dans l’annexe II à la présente résolution ou aux individus désignés par le Comité aucuns fonds, avoirs financiers ou ressources économiques ;

18. Fait part de son intention de veiller à ce que les avoirs gelés en application du paragraphe 17 soient à un stade ultérieur mis à disposition pour le peuple libyen et dans son intérêt ;

19. Décide que les mesures prévues au paragraphe 17 ci-dessus ne s’appliquent pas aux fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques dont les États Membres concernés auront déterminé :
a) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses ordinaires, notamment pour payer des vivres, loyers ou mensualités de prêts hypothécaires, médicaments et soins médicaux, impôts, primes d’assurance, factures de services collectifs de distribution, ou exclusivement pour le règlement d’honoraires d’un montant raisonnable et le remboursement de dépenses engagées dans le cadre de services juridiques, conformément à la législation nationale, ou des frais ou commissions liés, conformément à la législation nationale, au maintien en dépôt de fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques gelés, après que lesdits États Membres ont informé le Comité de leur intention d’autoriser, dans les cas où cela serait justifié, l’accès auxdits fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques, et en l’absence de décision contraire du Comité dans les cinq jours ouvrables suivant cette notification ;
b) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires, à condition que l’État ou les États Membres concernés en aient avisé le Comité et que celui-ci ait donné son accord ;
c) Qu’ils font l’objet d’un privilège ou d’une décision judiciaire, administrative ou arbitrale, auquel cas les fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques peuvent être utilisés à cette fin, à condition que le privilège ou la décision soient antérieurs à la date de la présente résolution, que le créancier privilégié ou le bénéficiaire de la décision judiciaire, administrative ou arbitrale ne soit pas un individu ou une entité désigné par le Comité conformément au paragraphe 17 ci-dessus et que le privilège ou la décision judiciaire, administrative ou arbitrale aient été portés à la connaissance du Comité par l’État ou les États Membres concernés ;

20. Décide que les États Membres pourront autoriser le versement aux comptes gelés en vertu des dispositions du paragraphe 17 ci-dessus des intérêts et autres rémunérations acquis par ces comptes ou des paiements effectués au titre de marchés, d’accords ou d’obligations souscrits avant la date à laquelle ces comptes ont été assujettis aux dispositions de la présente résolution, étant entendu que ces intérêts, rémunérations et paiements resteront assujettis auxdites dispositions et resteront gelés ;

21. Décide que les mesures prévues au paragraphe 17 ci-dessus n’interdisent pas à toute personne ou entité désignée d’effectuer des paiements au titre d’un contrat passé avant l’inscription de cette personne ou entité sur la liste, dès lors que les États concernés se sont assurés que le paiement n’est pas reçu directement ou indirectement par une personne ou entité visée au paragraphe 17 ci-dessus, et que ces États ont signifié au Comité leur intention d’effectuer ou de recevoir de tels paiements ou d’autoriser, selon qu’il conviendrait, le déblocage à cette fin de fonds, avoirs financiers et ressources économiques, dix jours ouvrables avant cette autorisation ;

Critères de désignation

22. Décide que les mesures prévues aux paragraphes 15 et 17 s’appliquent aux individus et entités désignés par le Comité, conformément aux alinéas b) et c) du paragraphe 24, respectivement :
a) Qui ordonnent, contrôlent ou dirigent de toute autre manière la commission de violations graves des droits de l’homme contre des personnes se trouvant en Jamahiriya arabe libyenne ou sont complices en la matière, y compris en préparant, commandant, ordonnant ou conduisant des attaques, en violation du droit international, notamment des bombardements aériens, contre des populations ou des installations civiles, ou en étant complices en la matière ;
b) Qui agissent pour des individus ou entités identifiés à l’alinéa a) ou en leur nom ou sur leurs instructions ;

23. Encourage vivement les États Membres à communiquer au Comité les noms des individus qui répondent aux critères énoncés au paragraphe 22 ci-dessus ;

Nouveau comité des sanctions

24. Décide de créer, conformément à l’article 28 de son règlement intérieur provisoire, un comité du Conseil de sécurité composé de tous ses membres (ci-après « le Comité »), qui s’acquittera des tâches ci-après :
a) Suivre l’application des mesures prévues aux paragraphes 9, 10, 15 et 17 ci-dessus ;
b) Désigner les personnes passibles des mesures prévues au paragraphe 15 et examiner les demandes de dérogation prévues au paragraphe 16 ci-dessus ;
c) Désigner les personnes passibles des mesures prévues au paragraphe 17 ci-dessus et examiner les demandes de dérogation prévues aux paragraphes 19 et 20 ci-dessus ;
d) Arrêter les directives qui pourraient être nécessaires pour faciliter la mise en œuvre des mesures imposées ci-dessus ;
e) Lui adresser dans un délai de trente jours un premier rapport sur ses travaux et faire ensuite rapport au Comité lorsque celui l’estimera nécessaire ;
f) Entretenir un dialogue avec les États Membres intéressés, en particulier ceux de la région, notamment en invitant leurs représentants à le rencontrer afin d’examiner la question de l’application des mesures ;
g) Solliciter de tous les États toutes informations qu’il jugerait utiles concernant les actions que ceux-ci ont engagées pour appliquer les mesures de façon effective ;
h) Examiner les informations faisant état de violations ou du non-respect des mesures imposées par la présente résolution et y donner la suite qui convient ;

25. Demande à tous les États Membres de faire rapport au Comité dans les cent vingt jours suivant l’adoption de la présente résolution sur les mesures qu’ils auront prises pour donner effet aux paragraphes 9, 10, 15 et 17 ci-dessus ;

Assistance humanitaire

26. Demande à tous les États Membres, agissant de concert et en coopération avec le Secrétaire général, de faciliter et d’appuyer le retour des agences humanitaires et de rendre accessible en Jamahiriya arabe libyenne une aide humanitaire et une aide connexe, prie les États concernés de le tenir régulièrement informé des progrès accomplis quant aux mesures prises en application du présent paragraphe et se déclare prêt à envisager de prendre d’autres mesures pertinentes, si nécessaire, pour y parvenir ;

Volonté d’examiner la situation

27. Affirme qu’il suivra en permanence la conduite des autorités libyennes et se tiendra prêt à examiner l’opportunité des mesures énoncées dans la présente résolution, y compris de leur renforcement, de leur modification, de leur suspension ou de leur levée, selon ce que dicterait la manière dont les autorités libyennes se conforment aux dispositions pertinentes de la présente résolution ;

28. Décide de rester activement saisi de la question.

Annexe I : Interdiction de voyager
1. AL-BAGHDADI, Abdulqader Mohammed
Numéro de passeport : B010574. Date de naissance : 1er juillet 1950.
Chef du Bureau de liaison des comités révolutionnaires. Les Comités révolutionnaires sont impliqués dans la violence contre les manifestants.

2. DIBRI, Abdulqader Yusef
Date de naissance : 1946. Lieu de naissance : Houn (Libye).
Chef de la sécurité personnelle de Muammar QADHAFI. Responsable de la sécurité du régime. A, par le passé, orchestré la violence contre les dissidents.

3. DORDA, Abu Zayd Umar
Directeur de l’Organisation de la sécurité extérieure. Fidèle du régime. Chef de l’organisme de renseignement extérieur.

4. JABIR, général de division Abu Bakr Yunis
Date de naissance : 1952. Lieu de naissance : Jalo (Libye).
Ministre de la défense. Responsable de l’ensemble des actions des forces armées.

5. MATUQ, Matuq Mohammed
Date de naissance : 1956. Lieu de naissance : Khoms.
Secrétaire chargé des services publics. Membre influent du régime. Impliqué dans les Comités révolutionnaires. A, par le passé, été chargé de mettre fin à la dissidence et à la violence.

6. QADHAF AL-DAM, Sayyid Mohammed
Date de naissance : 1948. Lieu de naissance : Syrte (Libye).
Cousin de Muammar QADHAFI. Dans les années 80, Sayyid a été impliqué dans une campagne d’assassinats de dissidents et aurait été responsable de plusieurs morts en Europe. On pense qu’il aurait été impliqué aussi dans l’achat d’armements.

7. QADHAFI, Aisha Muammar
Date de naissance : 1978. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Fille de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.

8. QADHAFI, Hannibal Muammar
Numéro de passeport : B/002210. Date de naissance : 20 septembre 1975. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.

9. QADHAFI, Khamis Muammar
Date de naissance : 1978. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime. Commandement d’unités militaires impliquées dans la répression des manifestations.

10. QADHAFI, Mohammed Muammar
Date de naissance : 1970. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.

11. QADHAFI, Muammar Mohammed Abu Minyar
Date de naissance : 1942. Lieu de naissance : Syrte (Libye).
Guide de la Révolution, Commandant suprême des forces armées. Responsable d’avoir ordonné la répression des manifestations, violations des droits de l’homme.

12. QADHAFI, Mutassim
Date de naissance : 1976. Lieu de naissance : Tripoli (Libye). Conseiller pour la sécurité nationale. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.

13. QADHAFI, Saadi
Numéro de passeport : 014797. Date de naissance : 25 mai 1973. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Commandant des Forces spéciales. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime. Commandement d’unités militaires impliquées dans la répression des manifestations.

14. QADHAFI, Saif al-Arab
Date de naissance : 1982. Lieu de naissance : Tripoli (Libye). Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.

15. QADHAFI, Saif al-Islam
Numéro de passeport : B014995. Date de naissance : 25 juin 1972. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Directeur de la Fondation Qadhafi. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime. Déclarations publiques incendiaires incitant à la violence envers les manifestants.

16. AL-SENUSSI, Colonel Abdullah
Date de naissance : 1949. Lieu de naissance : Soudan.
Directeur du renseignement militaire. Participation du renseignement militaire à la répression des manifestations. Soupçonné d’avoir, dans le passé, participé au massacre de la prison d’Abou Salim. Condamné par contumace pour le bombardement du vol UTA. Beau-frère de Muammar QADHAFI.

Annexe II : Gel des avoirs
1. QADHAFI, Aisha Muammar
Date de naissance : 1978. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Fille de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.

2. QADHAFI, Hannibal Muammar
Numéro de passeport : B/002210. Date de naissance : 20 septembre 1975. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.

3. QADHAFI, Khamis Muammar
Date de naissance : 1978. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime. Commandement d’unités militaires impliquées dans la répression des manifestations.

4. QADHAFI, Muammar Mohammed Abu Minyar
Date de naissance : 1942. Lieu de naissance : Syrte (Libye).
Guide de la Révolution, Commandant suprême des forces armées. Responsable d’avoir ordonné la répression des manifestations, violations des droits de l’homme.

5. QADHAFI, Mutassim
Date de naissance : 1976. Lieu de naissance : Tripoli (Libye).
Conseiller pour la sécurité nationale. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.

6. QADHAFI, Saif al-Islam
Numéro de passeport : B014995. Date de naissance : 25 juin 1972. Lieu de naissance : Tripoli (Libye). Directeur de la Fondation Qadhafi. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime. Déclarations publiques incendiaires incitant à la violence envers les manifestants.

vendredi 2 septembre 2011

Et cette population, elle n'a pas le droit a la protection??

Coupés du reste du monde et dans la crainte d'un assaut des forces du conseil intérimaire désormais au pouvoir en Libye, les habitants de Bani Walid protègent peut-être Mouammar Kadhafi mais pourraient tout aussi bien être prêts à négocier avec le nouveau pouvoir.

Cette ville désertique, située à 150 km au sud-est de la capitale libyenne, a été désignée par les commandants militaires du Conseil national de transition (CNT) comme l'endroit où se serait réfugié l'ancien Guide de la Révolution libyenne.

"Je sais qu'il y a deux mois de cela, pratiquement toute la famille (Kadhafi), les enfants les plus jeunes, se trouvaient à Bani Walid", confie à l'agence Reuters un habitant de la ville sous le sceau de l'anonymat.

Cette source fiable ajoute avoir eu cette semaine des contacts sporadiques avec des habitants de sa ville.

Kadhafi s'y trouve-t-il ? Il répond ne pas en avoir la certitude, mais est lui aussi enclin à penser que l'ex-dirigeant et son fils Saïf al Islam, le plus engagé politiquement, s'y sont repliés après la chute de Tripoli, en début de semaine dernière.

"Je ne suis pas sûr que Saïf ou son père sont là. C'est très probable", dit-il.

Avec Syrte, sur la côte méditerranéenne, et l'oasis de Sebha, dans le Sahara, Bani Walid est l'une des trois principales poches de résistance des forces restées fidèles à Kadhafi.

Selon la même source, les chefs tribaux de Bani Walid se sont réunis jeudi et ont décidé que les seules troupes du CNT qui seraient autorisées à rentrer en ville devraient être composées de combattants ayant des liens familiaux avec la population locale.

L'engagement de nombreux hommes originaires de Bani Walid au côté des forces kadhafistes pendant le siège de Misrata fait en effet craindre aujourd'hui des représailles à la population.

Dans Bani Walid, l'eau et l'électricité ont été coupées, rapporte-t-il encore. Les habitants qu'il a pu joindre évoquent également un raid de l'aviation de l'Otan. "Une famille tout entière a péri dans ce raid, une famille que je connaissais personnellement", précise-t-il.

Il n'avance pas d'estimations du nombre de combattants fidèles à Kadhafi encore présents, mais dit qu'ils sont prêts à se battre contre toute incursion qui ne respecterait pas les conditions exigées par les chefs tribaux.

Il y aurait enfin des gradés des ex-forces régulières libyennes dans Bani Walid, mais aucune chaîne de commandement ne semble subsister.

Bani Walid est le fief de la tribu des Warfalla, une des plus puissantes que compte la Libye, dont le soutien à Kadhafi a varié au cours de ses 42 années de pouvoir

jeudi 1 septembre 2011

De quel droit ???

Alors que les "amis de la Libye" se réunissent ce jeudi à Paris, la France critique la position de l'Algérie dans le conflit. Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a estimé jeudi qu'Alger avait eu "une attitude ambiguë" pendant la crise libyenne et a "regretté" que les autorités algériennes ne reconnaissent pas le Conseil national de transition (CNT). Mais pour le ministre des Affaires étrangères algérien, Mourad Medelci, cette position s'explique par le fait que son pays attend la formation d'un gouvernement issu de la rébellion pour reconnaître le nouveau régime de Tripoli. "Le CNT nous aide. Il fait, je le reconnais, beaucoup d'efforts et il annonce un prochain gouvernement représentatif de toutes les régions du pays et, lorsqu'il l'aura fait, nous le reconnaîtrons", a-t-il dit. Mourad Medelci doit d'ailleurs participer à la conférence organisée à Paris pour conforter le Conseil national de transition (CNT) et l'aider à entamer la reconstruction de la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi. Libye : un fils Kadhafi prêt à se rendre, un autre appelle à résister

Pour Mourad Medelci, "si, aujourd'hui, on considère que la position de l'Algérie est ambiguë, c'est très bien parce qu'il y a quelques semaines, on considérait tout simplement que l'Algérie était du côté de Kadhafi. Donc, je crois qu'il y a une avancée", a-t-il dit sur Europe 1. Alger a exprimé à plusieurs reprises ces derniers mois son opposition à l'intervention armée internationale contre le régime Kadhafi et accueille aujourd'hui l'épouse et trois enfants de l'ex-leader, qui reste introuvable.

Kadhafi contacte la présidence algérienne

Mourad Medelci a cependant nié que Mouammar Kadhafi lui-même se trouve sur le sol algérien. "Il n'a jamais été question, jamais l'hypothèse n'a été examinée qu'un jour Kadhafi pourrait venir frapper à notre porte. L'Algérie ne prendra pas, elle ne l'a jamais fait, parti pour Kadhafi". Selon le quotidien algérien El-Watan, le chef déchu libyen Mouammar Kadhafi aurait en effet tenté de négocier avec les autorités algériennes d'entrer en Algérie à partir de la ville libyenne frontalière de Ghadames, où il se trouve avec sa famille. Le colonel Kadhafi et ceux de ses fils encore vivants ont disparu depuis la chute de Tripoli aux mains du Conseil national de transition il y a une semaine. Sa tête est mise à prix.

Citant des sources proches de la présidence algérienne, le journal francophone écrit que l'ex-homme fort libyen aurait "tenté de joindre au téléphone le président Abdelaziz Bouteflika qui a refusé de prendre la communication". "Ce n'est pas la première fois que Kadhafi et des émissaires ont tenté d'entrer en contact avec le président algérien", selon les mêmes sources

jeudi 25 août 2011

La boite de pandore libyenne

C’est un étrange contraste. La chute de Ben Ali et de Moubarak en janvier et février dernier avait provoqué l’enthousiasme de la majorité des peuples arabes. Même en Arabie saoudite, où les autorités n’ont toujours pas digéré la démission de leur allié —et obligé— égyptien, des manifestations de joie et de solidarité ont eu lieu dans les grandes villes du royaume.

Mais tel n’est pas le cas pour ce qui concerne la fin de règne annoncée de Mouammar Kadhafi. Bien entendu, certains n’ont pas boudé leur plaisir. En Tunisie d’abord, où le colonel de Tripoli apparaissait comme une menace susceptible de faire dérailler la transition démocratique —comme en témoigne le projet avorté d’un attentat libyen contre l’ambassade du Qatar à Tunis.

Dans la capitale tunisienne, comme à Sfax, Monastir ou Sousse, des milliers de gens —et pas seulement des Libyens— ont crié de joie en apprenant que les rebelles venaient d’investir la principale ville libyenne. D’autres pays arabes ont connu des célébrations comparables comme en Égypte, au Yémen et même à Bahreïn (malgré la tension qui oppose la population chiite au pouvoir en place) et en Syrie, où les manifestants ont chanté «Bachar, c’est au tour de ta tête de tomber».

Pour autant, il serait mensongé d’affirmer que l’allégresse dans le monde arabe est comparable à celles du 14 janvier (chute de Ben Ali) ou du 11 février (chute de Moubarak), dont on sait quelle dynamique protestataire elles ont engendrée. Pour s’en rendre compte, il suffit de surfer sur la blogosphère arabe. Face aux anti-Kadhafi qui clament leur joie et leur soulagement de voir un autre tyran tomber, un bon nombre d’internautes disent leur colère contre les «traîtres du CNT» et ne cessent de crier au complot médiatique (selon eux, Tripoli serait encore sous contrôle des troupes loyalistes).

Ce déni témoigne avant tout d’une réelle défiance à l’égard du Conseil national de transition (CNT) qui, malgré ses victoires et les félicitations qu’il reçoit de nombre de pays «frères», va avoir bien du mal à gagner l’estime d’une partie des opinions publiques arabes. Pourtant, à la mi-février, quand les Libyens se sont soulevés contre Kadhafi, ils bénéficiaient d’un soutien presque unanime. A l’époque, l’effervescence révolutionnaire était contagieuse et la population de Benghazi était encore parée de toutes les vertus héroïques. Pourquoi alors un tel changement de perception? En voici les principales raisons.

1- L’intervention militaire de l’Occident ne passe toujours pas
On le sait, l’incapacité des rebelles du CNT à faire tomber le régime de Kadhafi —et même à sauver la ville de Benghazi d’une reprise par les troupes loyalistes— est à l’origine des frappes aériennes de l’Otan. Cette nouvelle donne a, pour nombre d’Arabes, transformé l’image des troupes du CNT de héros en supplétifs des troupes occidentales.

Jour après jour, au fil des bombardements aériens, la rébellion libyenne est devenue suspecte. Un peu comme si elle n’existait que pour être instrumentalisée par un Occident manipulateur et désireux de voir revenir ses armées en Afrique du Nord, près de cinquante ans après les indépendances.

A cela s’ajoute le soutien, certes efficace, mais certainement encombrant de Bernard-Henri Lévy. Dans une séquence comme seule la France officielle de Sarkozy semble capable d’offrir, on se souvient que c’est le «philosophe froufroutant», pour reprendre l’expression de l’éditorialiste algérien Selim, et non le Quai d’Orsay qui a convaincu le président français de reconnaître le CNT et d’accélérer le soutien militaire occidental aux anti-Kadhafi.

Or, exception faite de quelques cercles intellectuels, BHL n’est guère en odeur de sainteté dans le monde arabe, qui voit en lui un redoutable activiste pro-israélien (même son engagement pour la Bosnie n’a pas réussi à gommer cette image). D’ailleurs, les propos tenus par le philosophe français au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à propos du CNT n’ont guère amélioré l’image de ce dernier dans le monde arabe. En juin dernier, BHL a ainsi affirmé que les membres du Conseil lui avaient assuré que le futur pouvoir libyen reconnaîtrait Israël. Des propos qui ont fortement embarrassé la direction du CNT, qui a été obligée de publier plusieurs démentis notamment via la chaîne qatarie Al Jazeera, l’un de ses plus grands soutiens.

Cela explique pourquoi les adversaires de l’intervention de l’Otan en Libye sont persuadés que la défaite de Kadhafi annonce la mise au pas de la Libye sur la question palestinienne. De quoi ôter toute crédibilité aux futurs dirigeants libyens, qui sont d’ores et déjà très attendus sur cette question.

2- Les intentions de l’Occident restent suspectes
La suspicion d’allégeance du CNT à l’Occident n’est pas près de disparaître, même avec la chute de Tripoli. Alors que même les anti-Kadhafi commencent à clamer «Otan go home» (Otan, rentre chez toi), les déclarations de nombre de pays membres de la coalition donnent du grain à moudre à celles et ceux qui qualifient l’intervention de l’Alliance Atlantique de néocoloniale.

Ainsi, le fait que la France se soit dite prête, mardi 23 août, à organiser prochainement à Paris une «conférence internationale de soutien à la Libye» ne fait qu’accroître les soupçons. Pourquoi une telle conférence (jamais envisagée pour la Tunisie ni l’Égypte) et de quel droit la France parle-t-elle aussi d’une «feuille de route pour l’après-Kadhafi»?

Idem en ce qui concerne les intentions d’autres pays européens, dont la Grande-Bretagne et l’Italie, de participer à la mise en place de nouvelles institutions libyennes. Selon la résolution 1973 de l’ONU, le mandat de l’Otan se limite à une intervention militaire aérienne pour empêcher les troupes loyalistes de s’attaquer aux populations civiles. Rien n’est dit sur une quelconque intervention dans les affaires politiques libyennes, voire sur un mandat en matière de reconstruction —à l’image de ce qui s’est passé pour l’Irak après la chute de Saddam Hussein en 2003.

De fait, l’idée que les pays occidentaux estiment qu’ils ont leur mot à dire sur la manière dont la Libye doit se réorganiser ne plaît pas qu’aux seuls anti-Kadhafi. Même dans les rangs des contempteurs du dictateur libyen, l’inquiétude commence à germer. Et si l’on assistait à une mise sous tutelle de facto? Là aussi, le CNT et ses membres sont très attendus et devront prouver qu’ils sont attachés à la souveraineté de leur pays.

La fausse capture de Seif al Islam, l’un des fils de Kadhafi, a prouvé que la rébellion libyenne sait déjà ce qui l’attend. A peine la (fausse) nouvelle connue, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé son transfert. Une demande rejetée avec vigueur par les porte-paroles du CNT, qui ont très vite compris que répondre par l’affirmative ne pouvait que porter préjudice à la réputation de leur instance.

3- Mais le CNT, c’est qui?
Instance suprême de la rébellion libyenne, le Conseil national de transition n’est pas seulement critiqué parce qu’il a été soutenu par l’Occident. Depuis sa création le 27 février dernier, sa composition est scrutée avec attention et alimente nombre de polémiques. Il y a d’abord le fait que plusieurs de ses membres ont été des caciques du régime. C’est le cas par exemple de son président actuel, Mustafa Mohamed Abud Al Jeleil, ancien ministre de la Justice (2007-2011). Certes, l’homme a tenté de moderniser le système judiciaire de son pays et s’est élevé plusieurs fois contre les détentions arbitraires (il a même essayé de démissionner en 2010). Reste que lui et d’autres ont servi Kadhafi et qu’affirmer comme ils le font que ce dernier porte seul la responsabilité des crimes de son régime semble un peu facile.

De même, Mahmoud Jibril, que l’on considère aujourd’hui comme le ministre des Affaires étrangères de facto du CNT, a-t-il été l’un des hommes clé de l’ouverture économique libyenne pilotée par Seif al Islam à partir du milieu des années 2000. Jibril a ainsi été à la tête du National Economic Development Board de 2007 à 2011, instance qui a mené les privatisations et la libéralisation progressive de l’économie libyenne. Là aussi, la vocation révolutionnaire de ce spécialiste en stratégie économique que l’on dit aussi très proche des États-Unis ne convainc pas tout le monde.

A cela s’ajoute le fait que parmi les officiels qui ont rejoint très tôt le CNT, certains sont impliqués dans le scandale des infirmières bulgares, tandis que d’autres ont été pointés du doigt par des organismes internationaux de défense des droits de la personne humaine. Dès lors, on comprendra pourquoi le CNT a du mal à en imposer à des opinions publiques arabes qui restent convaincues que les révolutions se mènent par des hommes au passé vierge de toute compromission…

4 – Le spectre de l’islamisme
C’est le grand tabou, le thème que même Al Jazeera préfère éluder, elle qui ne cesse en ce moment d’accorder du temps d’antenne à Rashed Ghanouchi, le leader islamiste tunisien, et à ses pairs d’autres pays arabes.

C’est un fait: il semblerait que les islamistes libyens n’existent pas. On ne parle pas d’eux, on n’en fait pas mention. Quand il arrive qu’un journaliste pose une question à leur propos à un membre du CNT, ce dernier promet que le futur État libyen sera «civil» (cela n’empêche pas le projet de nouvelle Constitution de déclarer qu’il sera arabe et musulman, ce qui rend furieux les libyens berbérophones). Pourtant, il est établi qu’une grande partie des combattants rebelles sont des islamistes, dont certains avaient même pris les armes contre Kadhafi bien avant les révoltes de février 2011.

C’est cette réalité qui alimente aussi un autre type défiance à l’égard du CNT. En Algérie, mais aussi en Tunisie et même au Maroc, les adversaires de l’islamisme politique —qui ne portaient pas non plus Kadhafi dans leur cœur— se demandent si la rébellion ne va pas imploser en plusieurs factions avec un courant islamiste qui finira tôt ou tard par apparaître au grand jour. Une perspective qui inquiète, car contrairement à leurs homologues tunisiens, égyptiens ou même algériens, les islamistes libyens sont peu connus.

L’avenir dira s’ils seront finalement les grands gagnants de la chute de Kadhafi, et l’on se demandera alors si les Occidentaux avaient pris en compte le fait que cela risquait d’arriver…

Akram Belkaïd

Rien n'est fortuit...

Salués par une foule en liesse qui hurle sa joie d’être "libérée", les rebelles pénètrent de tous côtés dans Tripoli, la capitale libyenne. Ils sont comme toujours juchés sur des pick-up trafiqués équipés de canons de 23 millimètres, parfois accompagnés de chars.

Les gens brandissent le drapeau tricolore du CNT, déchirent ostensiblement des portraits du dictateur, le colonel Kadhafi.

Dans cette atmosphère enthousiasmante, les correspondants des grands médias prennent des risques considérables pour témoigner au plus près de ces événements historiques, tandis que, sur nos écrans, les reportages sont ornés de logos comme «Kadhafi: la fin», ou encore «La Chute», référence à peine voilée au crépuscule sanglant d’un autre dictateur, 66 ans plus tôt.

On dit le colonel enfermé dans un bunker, son fils Saadi Kadhafi aurait été capturé, les derniers piliers du régime feraient défection. Et, du bout des lèvres, certains experts convoqués devant les caméras concèdent que tout cela n’aurait pas été possible dans l’intervention de l’Otan.

Le rôle ambigu de l'Otan
Un euphémisme. Le rôle joué par l’Alliance atlantique dans la victoire —toute relative— des rebelles ne saurait être sous-estimé. Commençons par le plus évident, les frappes aériennes. Les rebelles qui, il y a cinq mois, ne disposaient d’aucun moyen aérien et avaient même réussi à perdre un des rares avions dont ils avaient pris le contrôle, se sont retrouvés, avec l’intervention de l’Otan, épaulés par une force ultramoderne.

Dotés de capacités de destruction bien supérieures à celles des rares appareils de Kadhafi qui pouvaient encore prendre l’air, les avions français, britanniques, américains et autres se sont rapidement assuré la maîtrise du ciel libyen. Dès lors, le lent grignotage des forces terrestres et navales du colonel a débuté.

En tout, depuis le 31 mars, les appareils de l’Otan auraient effectué 19.751 sorties, dont 7.459 frappes. Sous ce déluge de feu précis et dévastateur, les unités de Kadhafi n’ont pu que peu à peu céder, se repliant dans les villes où elles tentaient de s’enterrer jusqu’à ce qu’une offensive plus ou moins coordonnée des rebelles les en déloge.

«L’implosion des forces de Kadhafi, souligne donc le Guardian britannique, n’a peut-être pas été aussi soudaine qu’il y paraît à première vue. Au lieu de cela, ses forces ont été systématiquement érodées par des mois d’usure, du fait des frappes aériennes de l’Otan, de l’étranglement de leurs lignes de ravitaillement, l’ouverture de multiples fronts et un moral en berne.

Dès la première semaine du mois d’août, l’édifice militaire de Kadhafi n’était plus qu’une carcasse vide qui s’est transformée en poussière sous les nouvelles attaques rebelles, et la route vers Tripoli a été ouverte.»

Les forces du régime, précise le quotidien londonien The Independent, «n’ont apparemment plus les capacités nécessaires pour percer les lignes rebelles et rétablir une ligne de communication avec le monde extérieur. Les rebelles sont toujours aussi ineptes, mais ils bénéficient de l’entraînement et d’une assistance considérable de contractants occidentaux […] qui planifient et accompagnent désormais leurs missions».

Comme le dit un diplomate occidental cité par le Guardian:

«Nous avons fait monter la pression sur le régime, jusqu’à ce qu’il soit à bout de ressources et que toute l’affaire devienne intenable [pour lui].»

Il est difficile d’en savoir plus sur le rôle précis joué par les Occidentaux sur le terrain, jusque dans les rues de Tripoli. Ce dont se plaint d’ailleurs Dimitri Rogozine, l’émissaire de la Fédération de Russie auprès de l’Otan, dans un entretien accordé à la chaîne russe Russia Today.

S’il reconnaît que les forces de l’Alliance n’ont pas directement participé à l’assaut sur la capitale libyenne, il assure que l’opération a été encadrée par des instructeurs militaires et de prétendus «mercenaires», d’anciens soldats de l’Otan travaillant pour des sociétés spécialisées dans la sécurité:

«Quand vous posez directement la question de savoir si l’Otan participe aux opérations terrestres, dit-il, ou si de grandes unités occidentales ont pris part à l’offensive sur des villes libyennes, la réponse est "non", bien sûr, ce qui n’est pas étonnant. Ils ne confirmeront jamais ce qui devient évident pour tout le monde.»

Il suffit de consulter le site du ministère français de la Défense pour avoir en effet une toute autre vision de la situation. Dans le dernier bulletin en date, le n°39, il n’y a pas un mot sur les combats de Tripoli; et pour cause, puisqu’il ne couvre que la période du 11 au 18 août, avant l’attaque rebelle. On peut en revanche y apprendre que les frappes menées par la France se poursuivent sans relâche, impliquant tant l’armée de l’air que des bâtiments de surface de la Marine nationale.

Autrement dit, l’Occident se félicite, tout en niant participer directement aux combats sur le terrain. Il est certain que l’Opération «Sirène» (les sources divergent, certaines affirmant qu’il s’agit du surnom donné à la capitale, d’autres qu’il y a un rapport avec les sirènes qui retentissent pour annoncer la fin du jeûne pendant le ramadan) n’a pu se dérouler sans un soutien logistique dont les rebelles sont incapables.

Ainsi, une partie des troupes insurgées seraient arrivées par la mer. Du fait des moyens nécessaires à une telle opération, il est probable que l’Otan a dû se charger de l’affrètement des navires, de l’encadrement, de l’embarquement et de l’escorte. Et rappelons que, en mai et en juin, les avions de l’Alliance s’en sont pris plus particulièrement aux capacités navales libyennes, qu’ils ont pratiquement anéanties. La «flotte» rebelle a donc pu entrer à Tripoli en toute impunité.

Il ne faut pas vendre la peau de l'ours
Le destin du colonel est-il scellé? Tout en s’efforçant de rester prudent, The Independent est de ceux qui annoncent sa fin prochaine:

«Le départ imminent — les pieds devant, ou à bord d’un avion ou d’un autre véhicule en route pour l’exil — de l’homme qui a gouverné la Libye pendant 42 ans a été proclamé à de nombreuses reprises au cours des cinq derniers mois […]. Mais cette fois, à moins d’une tempête de sable ou d’un revers brutal, il semble bien que l’on vive les derniers jours de Mouammar Kadhafi.»

Mais, si même des revues très spécialisées comme le Jane’s Defence Weekly se félicitent de la réussite de l’Otan et appellent déjà les états-majors occidentaux à tirer les leçons positives de l’opération, nous ne prenons sans doute pas trop de risques en rappelant qu’il n’est jamais recommandé de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Rien n’est plus complexe et coûteux à mener qu’une guerre des rues. Compte tenu de leurs faibles effectifs (pour toute la Libye, les rebelles ne disposent que de quelques dizaines de milliers de combattants), les troupes du CNT pourraient connaître quelques sérieuses déconvenues avant d’imposer effectivement leur contrôle à une ville aussi étendue que Tripoli.

En 1995, en Tchétchénie, une colonne blindée russe autrement mieux équipée que les forces insurgées libyennes avait payé le prix fort pour s’être imprudemment enfoncée jusqu’au cœur de Grozny, dont la population était quatre à cinq fois moins importante que celle de Tripoli. Elle avait été presque entièrement détruite.

D’ailleurs, The Independent signale une première contre-attaque loyaliste sur Zlitan. Dans le même temps, des sources militaires américaines, citées par Russia Today, affirment que les forces de Kadhafi auraient tiré trois missiles Scud sur les positions rebelles de Misrata.

L’affaire n’est pas terminée. Comme pour enfoncer le clou, Seif al Islam, le fils du colonel que l’on disait prisonnier des rebelles depuis lundi 22 août, a soudain fait une apparition devant les caméras aujourd'hui, mardi 23 août. Manifestement libre de ses mouvements, et toujours aussi combatif, il a appelé les fidèles de son père à poursuivre la lutte, tout en acceptant de répondre aux questions de certains journalistes.

Que Tripoli se transforme en un Stalingrad sur sable, ou que la victoire rebelle prenne des allures de promenade dans les jours qui viennent, peut-être faudra-t-il finalement l’intervention directe d’unités spéciales occidentales pour faire rendre gorge aux durs du régime.

Roman Rijka

vendredi 29 juillet 2011

Fausse divinité...

"Vous n'allez pas écrire que le roi aime le risotto ?", supplie le cuisinier du restaurant italien d'un grand hôtel de Marrakech, éperdu d'avoir laissé échapper ce secret défense devant une journaliste. Et cet habitué du palais qui regrette d'en avoir trop dit : dans un moment d'exaltation, il vient en effet de louer la bonté de Mohammed VI, qui fait la lecture tous les jours à un ami malade. Mais surtout, qu'on ne le cite pas : "Sa Majesté pourrait me soupçonner de flagornerie..." A l'heure où les faits et gestes de la plupart des têtes couronnées sont aussi médiatisés que ceux des stars de cinéma, il est interdit de parler du monarque marocain, même pour en dire du bien.

Dans son royaume, il est l'objet d'une étrange vénération

Qui est cet homme de 48 ans qui règne depuis près de douze ans sur le royaume chérifien ? Regard noir, cheveux ras, toujours l'ombre d'une barbe sur un visage impénétrable. Alors que le Maroc est à son tour gagné par la fièvre démocratique qui s'empare du monde arabe, il sera peut-être le seul dirigeant de la région à avoir su désamorcer la révolte à temps. En Occident, il incarne la modernité et l'ouverture. Mais, dans son royaume, il est l'objet d'une étrange vénération. "Faire un portrait du roi, vous n'y pensez pas '.C'est impossible. Le rencontrer ? Il serait plus facile de voir Dieu...", s'exclame un diplomate proche du palais. Le roi est le secret le mieux gardé du royaume. Le sujet tabou par excellence, l'une des dernières lignes blanches - avec la question du Sahara occidental - que la presse ne doit franchir sous aucun prétexte. Il y a deux ans, l'hebdomadaire "Tel Quel" a été interdit pour avoir osé évaluer le bilan du monarque. Le sondage montrait pourtant que 91% des Marocains le jugeaient positif ou très positif !

Pourquoi ce respect qui semble s'imposer à tous ?

Comme le Seigneur des Ténèbres dans "Harry Potter", Mohammed VI est celui dont on ose à peine prononcer le nom. Pourquoi tant de mystère ? Pourquoi ce respect qui semble s'imposer à tous ? Bien sûr, "le peuple l'aime". Le 1er juillet, les Marocains ont plébiscité par référendum son projet de révision constitutionnelle, avec un enthousiasme et un score (98%) qu'un Ben Ali ou un Kadhafi n'obtenaient qu'en bourrant les urnes et en achetant les voix. Mais cette popularité n'explique pas à elle seule la "sanctuarisation" de celui que l'on surnomme ici "M6". Le roi lui-même entend se protéger. Surtout, sa cour et la classe dirigeante marocaine travaillent de concert pour le soustraire aux curiosités. Plus encore aujourd'hui, en ces temps troubles de printemps arabe aux révoltes contagieuses, il faut gommer l'homme pour consolider le mythe.

Magique aux yeux de ses sujets

"Sous Hassan II, on avait peur du roi, aujourd'hui, on a peur pour lui", avaient coutume de dire les Marocains au début du règne de Mohammed VI. Désormais, face au pays qui gronde, l'élite marocaine a aussi peur pour ses privilèges et se retranche derrière la monarchie consensuelle, ses rites et ses fastes. La hiba, ce sentiment de crainte et de déférence qui faisait courber l'échine aux sujets de Hassan II, a rejailli sur son fils parce que le makhzen, l'"Etat" marocain, y trouve son compte. Il suffit pour s'en convaincre d'observer ces directeurs d'entreprise qui, recevant un coup de fil du palais, se dressent soudain au garde-à-vous alors que leur interlocuteur ne peut pas les voir... Dans ce pays où l'identité nationale s'est construite autour de la monarchie, M6 a beau avoir abdiqué son caractère sacré, il reste magique aux yeux de ses sujets. Après le résultat du référendum, malgré la chaleur de l'été, l'aristocratie respire. C'est la monarchie et la vénération qu'elle suscite chez les Marocains qui retarde l'heure des comptes.

M6 a toujours détesté parler en public

Voilà pourquoi, dès qu'on pose la question la plus anodine sur Sa Majesté, on vous regarde comme si vous aviez commis la pire des inconvenances. Il ne faut pas donner un "corps au roi". L'homme, pourtant, a une histoire, lourde et pleine de secrets. Il fallait le voir le 17 juin dernier. C'était le jour le plus important de son règne. Mais, comme souvent, il donnait l'impression de vouloir être ailleurs... Ce soir-là, vers 20 heures, le Commandeur des Croyants s'engage à limiter ses pouvoirs et à instaurer une monarchie parlementaire. Un discours historique. Mais le roi avale péniblement sa salive et se lance dans une récitation fastidieuse des articles de loi, les yeux rivés sur ses papiers. "Cher peuple, je m'adresse à toi pour renouveler notre pacte par une nouvelle Constitution..." M6 a toujours détesté parler en public. Son premier discours, il l'a prononcé en tremblant à l'âge de 7 ans devant des agriculteurs, sous le regard impitoyable de son père.

Ce trône démesuré se profilant derrière lui comme une menace

L'ombre d'Hassan II est toujours là, écrasante. Et chaque péroraison ravive le souvenir de ces moments solennels où l'effroi le disputait à l'ennui quand le petit Mohammed n'était que le figurant de son célèbre géniteur. En 1974, à 10 ans, il avait été chargé de le représenter à l'enterrement de Georges Pompidou. Un enfant habillé d'une djellaba blanche et coiffé d'un tarbouch grenat, l'air perdu sur les bancs de Notre-Dame. "J'avais l'impression d'être une petite virgule rouge dans la cathédrale...", dira plus tard Mohammed VI. Ce 17 juin 2011 aussi, devant les caméras qui filment ses promesses de "révolution tranquille", il a l'air au supplice. Engoncé dans un costume trop ajusté, flanqué pour symboliser la pérennité de la monarchie des deux héritiers du trône, son fils, le prince Moulay el-Hassan, et son frère, le prince Moulay Rachid, aussi raide que lui. Et puis il y a ce trône démesuré, rose et doré, qui se profile derrière lui, comme une menace. Avant d'y accéder, Mohammed VI a beaucoup enduré.

Convoqué à 5 h du matin par son père pour être sermonné

Son père Hassan II n'a jamais vu en Mohammed un fils, mais un successeur. Dès sa plus tendre enfance, il l'oblige à assister à toutes les audiences royales, tout en lui interdisant d'y prononcer un mot. Lorsque le prince a un accident de voiture à l'âge de 22 ans, il lâche : "L'inquiétude du roi a été supérieure à celle du père... Je voyais vingt années d'éducation, de formation complètement anéanties." Pour le former au métier de roi, Hassan II a appliqué les méthodes héritées de son père, Mohammed V. Contrôle serré des résultats scolaires, sélection sévère de ses camarades de classe - qui sont aujourd'hui devenus ses conseillers -, surveillance étouffante de ses loisirs... Mais Hassan II y a ajouté une dose de cruauté. Il convoque son fils à 5 heures du matin pour le sermonner, l'humilie publiquement. Sur les photos d'époque, on voit le jeune Mohammed, petit garçon tendre et rêveur, qui se tient craintif aux côtés de son père, avec ce rictus d'inconfort qui ne le quittera plus, comme s'il redoutait toujours de recevoir une correction. "Dans la société marocaine, Freud, nous ne connaissons pas, a dit un jour Hassan II dans une interview au "Figaro". On manipule ses enfants directement, même si ça fait mal à une jointure..."

Une violence qui a façonné le futur roi et son rapport au pouvoir

C'est cette violence, exercée par un père à la fois haï et admiré, qui a façonné le futur roi et son rapport au pouvoir. "Comme si Hassan II avait voulu faire payer à son fils le fait qu'un jour il allait lui succéder", explique un proche. La perversité du monarque est inépuisable. Ainsi il laisse entendre au prince héritier qu'il pourrait bien céder le trône à son cousin, le prince Moulay Hicham, un brillant jeune homme qu'il élève comme son fils depuis la mort de son père, et qui se montre passionné par cette chose publique qui assomme tant le petit Mohammed. Dans ces rivalités d'enfance vont naître les prémices d'une dissidence qui sera d'autant plus nocive pour le futur roi qu'elle vient du cercle le plus intime du palais. Plus tard, Moulay Hicham, qui appelle de ses voeux une réforme de la monarchie, ne ménagera pas ses critiques contre Mohammed VI. La presse, qu'il aime autant que son cousin la fuit, l'appellera "le prince rouge".

Sara Daniel – Le Nouvel Observateur