mardi 22 novembre 2011

BHL, sionisme et "Révolutions"

BHL : la guerre en Libye pour Israël
Par : Mustapha Hammouche

Parlant de “sa” guerre de Libye dimanche dernier devant la Convention du Crif, Bernard-Henry Levy proclame qu’il ne l’aurait pas faite “s’il n’était pas juif”. La révolution libyenne, c’est sa part de guerre israélo-arabe : “J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël.” C’est dans le fait qu’“on avait affaire à l’un des pires ennemis d’Israël” que le philosophe avait trouvé la motivation de son engagement en Libye, un engagement qui lui permettait accessoirement de contribuer à “débarrasser le monde d’une de ses pires tyrannies”. Cette “raison impérieuse” qui ne l’a “jamais lâché”, dit-il, surpassait tout repère chez le philosophe, enthousiasmé d’abord par le fait d’en découdre avec un ennemi d’Israël.
Si la pertinence du calcul stratégique du philosophe reste plus que discutable, on y apprend tout de même que celui-ci n’a débarqué en Libye que parce que “les droits de l’Homme” des Libyens faisaient, pensait-il, l’affaire du dessein sioniste. Ceci enregistré, il reste à évaluer la part d’opportunisme sioniste dans la participation française, maintenant que l’on connaît les intentions de fond de celui qui a pesé dans la qualité et l’intensité de la contribution française dans la guerre contre Kadhafi.
Est-ce à dire que la France et son philosophe stratège se sont tenus à distance des révolutions tunisienne et égyptienne parce que Ben Ali et Moubarak ne comptaient pas “parmi les pires ennemis d’Israël” ? Bien sûr, c’est aux Libyens de reconsidérer le sens politique du rôle de Sarkozy et de son inspirateur dans leur révolution, mais les aveux de BHL posent la question de la sincérité humanitaire du soutien extérieur à la rébellion libyenne.
L’arrière-pensée de celui qui leur a offert son soutien et l’appui de son pays “parce qu’il est juif” et parce qu’il voulait faire triompher “l’étendard sioniste” ne devrait, cependant, pas disqualifier la révolution d’un peuple qui a consenti tant de sacrifices clairement dédiés à sa liberté, tout au long de ces mois de lutte. Au demeurant, il n’est pas acquis que les futures autorités libyennes seraient “moins ennemies d’Israël” que Kadhafi. Il y a des chances que les peuples “arabes” libres seraient bien moins ligotés, dans leur soutien à la cause nationale des Palestiniens, que des peuples tenus en laisse par des dictateurs illégitimes, eux-mêmes téléguidés par les puissances sponsors de l’État juif. Les Israéliens ont eu à le vérifier avec l’Égypte dès le lendemain du départ de Moubarak.
L’ambiguïté stratégique de l’intervention occidentale en Libye ne peut pas discréditer le “Printemps arabe” dans sa pertinence politique et dans sa perspective historique. C’est de bonne guerre que les spéculations du mouvement sioniste et l’opportunisme islamiste, dont on constate, sur le terrain, la convergence stratégique, essaient de remettre en cause le fondement révolutionnaire des insurrections en pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Mais à croire la flamme qui se rallume au Maroc et en Égypte et qui se maintient en Tunisie, en Syrie et au Yémen, le “Printemps arabe” n’a pas encore été corrompu dans sa finalité démocratique.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr

In Liberté Algérie du 22/11/2011

lundi 14 novembre 2011

l'Hopital qui plaint la charité

Syrie : le roi de Jordanie appelle Assad à démissionner
Le roi Abdallah II de Jordanie est le premier dirigeant arabe à réclamer ouvertement le départ du président syrien.
Plutôt discret depuis le début des troubles chez son grand voisin syrien, le roi de Jordanie a fait entendre sa voix: «Si j'étais à sa place, je quitterais le pouvoir», a confié lundi à la BBC le roi Abdallah II en parlant de Bachar el-Assad. «Je quitterais le pouvoir et je m'assurerais que mon successeur soit capable de changer le statu quo auquel nous assistons. Si Bachar veut œuvrer dans l'intérêt de son pays, il devrait démissionner».

Ce désaveu public est une nouvelle pierre dans le jardin du président syrien. Ce weekend, la Ligue arabe a décidé de sanctionner le pays en le suspendant de ses réunions. Après six mois de révolte et de répression, qui ont fait au moins 3500 morts selon l'ONU, la Ligue arabe discute désormais d'un moyen d'assurer la protection des civils. Dès mardi, des représentants de la Ligue doivent rencontrer des responsables de l'opposition syrienne.

Ces opposants sont en train de s'organiser, avec l'aide de la Turquie. Autrefois grande alliée de la Syrie, la Turquie a pris depuis plusieurs mois ses distances avec Damas. Pour la deuxième fois en moins d'un mois, le ministre turc des Affaires étrangères a reçu dimanche des représentants du Conseil national syrien (CNS), qui rassemble une grande partie de l'opposition au régime d'Assad. La Turquie condamne fermement la répression menée par le régime et exhorte la communauté internationale à organiser une réponse commune aux exactions du régime syrien.

Sanctions européennes renforcées
À Damas, les responsables gouvernementaux font la sourde oreille aux appels de la communauté internationale. Le ministre syrien des Affaires étrangères a estimé que «la crise arrive à sa fin». «Le programme des réformes est devenu clair, mais nous sommes en retard en ce qui concerne le dialogue avec l'opposition et nous essayons d'y remédier», a assuré Walid Mouallem lors d'une conférence de presse. La Syrie souhaite prouver d'ici à mercredi que le plan de sortie de crise proposé par la Ligue arabe, qu'il a accepté, commence à être mis en application. Dans les faits, la révolte de l'opposition et la répression par le gouvernement continuent au même rythme, faisant plus de 120 morts à Homs la semaine dernière.

L'Union européenne a renforcé lundi ses sanctions contre la Syrie en gelant les avoirs de 56 personnes et en stoppant des prêts accordés par la Banque d'investissement d'un montant de 1,37 milliard d'euros. L'Europe a enfin décrété un embargo sur les armes à l'encontre du pays, interdit l'importation de produits pétroliers, banni tous les investissements et prêts dans des nouveaux projets pétroliers en Syrie et enfin mis un terme à la fourniture de billets de banques à la banque centrale.

mardi 8 novembre 2011

Amour Idillique

Les embarrassantes confidences entre Sarkozy et Obama
C'est le genre d'erreur qui peut coûter cher. Jeudi dernier, avant une conférence de presse commune à l'occasion du G20 de Cannes, des propos échangés entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy à huis-clos ont été diffusés à tous les journalistes présents. C'est le site Arrêt sur images qui révèle l'épisode. Et il dévoile une facette fort peu diplomatique des relations entre la France, les Etats-Unis et Israël.

Les deux présidents, croyant être seuls, se sont laissés aller à commenter la situation au Proche-Orient. Barack Obama a commencé par reprocher à son homologue français de ne l'avoir pas prévenu du vote de la France en faveur de l'entrée de la Palestine à l'Unesco. Et lui a demandé de ne plus soutenir les Palestiniens dans d'autres instances internationales, selon Reuters, dont un journaliste a également entendu l'échange. «Il faut que tu passes le message aux Palestiniens, qu'ils arrêtent ça tout de suite», a-t-il demandé à Nicolas Sarkozy. Le président français l'aurait assuré que la France ne prendrait pas de «décision unilatérale» lors du vote au Conseil de sécurité sur l'accession de la Palestine au statut d'Etat membre de l'ONU.

«Je ne peux plus le voir»
Les deux hommes ont ensuite évoqué Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien. «Je ne peux plus le voir, c'est un menteur», a taclé Nicolas Sarkozy. «Tu en as marre de lui mais moi, je dois traiter avec lui encore plus souvent que toi, tous les jours», s'est plaint en retour Barack Obama. Deux commentaires qui tranchent radicalement avec l'attitude généralement très policée à l'égard d'Israël.

Cette erreur incroyable aurait été permise par la maladresse d'un membre de l'organisation. Il aurait distribué à la presse les appareils permettant d'écouter les traducteurs, en leur expliquant qu'il ne leur fournirait les casques que plus tard, car ils auraient permis aux journalistes d'entendre la conversation privée des deux chefs d'Etats. Intrigués, certains journalistes présents se sont empressés de brancher leur propres écouteurs sur les appareils. Mais les reporters présents auraient ensuite convenu de ne pas ébruiter le surprenant échange, obtenu par la triche, selon l'un d'eux, interrogé par Arrêt sur images. L'embargo n'aura pas tenu et nul doute qu'à Washington comme à Paris, ces révélations ont déjà causé quelques migraines

samedi 5 novembre 2011

Exécution sommaire

Les forces armées nigerianes ont capturé et abattu le 27 juillet dernier le chef de la secte islamiste Boko Haram, Mohamed Yusuf, après les violents combats qui avaient éclaté depuis le 23 juillet dernier suite à l’arrestation de certains membres de la secte. Les organisations de défense des droits de l'Homme se sont inquiétées des conséquences humanitaires de cette crise qui a entraîné la mort d’au moins 600 Nigerians.

600 morts, c’est le triste bilan des violents combats qui ont éclaté le 23 juillet 2009 entre les forces de l’ordre nigerianes et la secte islamiste Boko Haram dans quatre Etats du Nord du pays.

Les combats ont pris fin le 28 juillet dernier avec l’arrestation et l’exécution de Mohamed Yusuf, le chef du mouvement. Abubakar Shekau, le second leader de la secte a également été tué dans les combats.

L’armée nigériane est parvenue à se déployer en force dans tout le Nord du pays pour sécuriser la zone et prévenir d’autres offensives des membres de la secte.

«Nous allons faire à partir de vendredi une démonstration de force dans toutes les zones» affectées par les violences, avait affirmé le 27 juillet dernier le porte-parole du ministère de la Défense.

Le président Umaru Yar'adua, qui était le 27 juillet dernier en visite officielle au Brésil, avait d'ailleurs ordonné la poursuite de la traque des derniers «talibans» en fuite.

Pour Human Rights Watch (HRW) et Amnesty international, «la mort de Yusuf montre un mépris total envers la loi et les droits de l'Homme les plus fondamentaux».

Ainsi, ils ont demandé aux «autorités nigerianes (...) d’enquêter et d’engager des poursuites à l'encontre des responsables de ce crime arbitraire et de tous les autres», a déclaré Eric Guttschus du HRW.

Les autorités nigerianes ont expliqué qu’il a été tué le 27 juillet dernier au siège de la police alors qu'il tentait de s'évader peu après que l'armée l'eut capturé à Maiduguri.

Le numéro deux de la secte, Abubakar Shekau, a lui aussi été tué dans le 27 juillet dernier en même temps que 200 partisans en tentant de fuir Maiduguri, où l'armée a lancé une vaste offensive pour écraser la résistance islamiste, indique une source policière.

Un responsable local de la Croix-Rouge, Aliyu Maikano, a aussi rapporté que les autorités nigerianes avaient récupéré le 27 juillet dernier pas moins de 300 cadavres dans les rues de Maiduguri à la suite des affrontements, et continuaient à rechercher des corps.

«Le fait que des membres des forces de sécurité n'aient pas à rendre compte de leurs abus les a encouragés à commettre des crimes graves sans craindre d'être poursuivis par la justice», a ajouté monsieur Guttschus.

Un journaliste a compté, au lendemain de la mort du chef de la secte Boko Haram, les corps de 23 personnes abattues par balles devant le siège de la police de Maiduguri, dont celui d'un ancien commissaire régional pour les affaires religieuses, Alhaji Buji Fai.

«Alhaji Buji Fai a été tué avec d'autres qui tentaient de fuir lors d'une fusillade le long de la route Benishek-Maiduguri», a déclaré un porte-parole de la police de Maiduguri.

Pour le délégué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Ibrahim Aliyu, les autorités nigerianes font preuves de négligence face aux conséquences humanitaires de la crise, alors que 4 000 habitants de Maiduguri ont été déplacés par les combats et s'entassent dans des camps de fortune.

Le porte-parole du ministre de la Défense s'est refusé à donner un bilan des pertes humaines. Il a également nié qu'il y ait eu des victimes civiles collatérales.

Le CIRC est «vraiment inquiet sur la possibilité d'apparition de maladies comme le choléra à cause de la présence de corps en décomposition dans les rues», explique Halima Bulama.

Un porte-parole du gouvernement, Usman Chiroma, a affirmé ce 1er août que «le gouvernement est en train de travailler pour évacuer les cadavres des rues de Maiduguri. (...) Nous avons mobilisé des hommes et des équipements pour ce travail. Mais c'est un travail énorme étant donné le manque de moyens humains», a-t-il précisé

mardi 1 novembre 2011

Khadafi exécuté par Washington et Paris

Révélation du Canard Enchaîné : Kadhafi condamné à mort par Washington et Paris
publié le jeudi 27 octobre 2011

Kadhafi condamné à mort par Washington et Paris
Par Claude Angeli (revue de presse : Le Canard Enchaîné – 26/11/11)
Mercredi, 19 octobre en fin d’après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l’un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l’une des priorités actuelles des généraux de l’équipe Obama, l’Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu’il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu’il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.

Depuis quelques jours d’ailleurs, des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. À Paris, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales) les militaires présents à Syrte.

Leur mission : porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier, et, selon le jargon maison utilisé par un officier du CPCO, « ´´traiter´´ le guide libyen et les membres de sa famille ». Une formule codée en cours à la DGSE : « livrer le colis à Renard », et agir en sorte que Kadhafi n’échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisé « Renard ? ».

Hypocrisie internationale

À l’Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l’un de ses fils s’étaient réfugié à Syrte, avec gardes corps et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoît Puga, son chef d’état-major particulier, de superviser la chasse à l’ancien dictateur. Ce qu’il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l’étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d’ailleurs pour évoquer l’ « élimination physique » du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l’Élysée, s’il faut en croire un conseiller du Président.

« La peine de mort n’était pas prévue dans les résolutions de l’ONU qui ont permis à l’OTAN d’intervenir, ironise un diplomate français. Mais il ne faut pas jouer les hypocrites. À plusieurs reprises, des avions français et britanniques avaient déjà tenté de liquider Kadhafi en bombardant certains de ses repaires, à Tripoli ou en détruisant notamment un de ses bureaux. » Et le même de signaler que, lors d’un procès devant la Cours pénale internationale, « ce nouvel ami de l’Occident aurait pu rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l’aide qu’il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu’il offrait aux uns et aux autres. Voire plus grave, sait-on jamais ? ».

Le 20 octobre à 8h 30 du matin, l’objectif allait être atteint. Trois avions de l’OTAN s’approchent de Syrte. Rien à voir avec une mission de reconnaissance effectuée par hasard : une colonne de 75 véhicules fuit la ville à vive allure. Un drone américain Predator tire des roquettes. Un mirage F1CR français de reconnaissance suit un Mirage 200-D qui large deux bombesGBU-12 de 225 kilos guidées au laser. Bilan : 21 véhicules détruits et Kadhafi seulement blessé.

Soupirs de satisfaction

Des forces spéciales françaises sont alors présentes sur les lieux. L’histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec abondance de détails un officier des services militaires de renseignements : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande Allah Akbar » à pleine poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d’autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ».

On connaît la suite, quelques images de ce lynchage suivi d’une exécution par balles sont apparues sur les écrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de Kadhafi n’est pas la fin de l’histoire car, en croire une analyse barbouzarde, « la Libye est entrée dans un no man’s land politique, une zone de turbulences imprévisibles. » Voilà qui devrait inquiéter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction que Kadhafi ne serait jamais la vedette d’un procès international.