Les forces armées nigerianes ont capturé et abattu le 27 juillet dernier le chef de la secte islamiste Boko Haram, Mohamed Yusuf, après les violents combats qui avaient éclaté depuis le 23 juillet dernier suite à l’arrestation de certains membres de la secte. Les organisations de défense des droits de l'Homme se sont inquiétées des conséquences humanitaires de cette crise qui a entraîné la mort d’au moins 600 Nigerians.
600 morts, c’est le triste bilan des violents combats qui ont éclaté le 23 juillet 2009 entre les forces de l’ordre nigerianes et la secte islamiste Boko Haram dans quatre Etats du Nord du pays.
Les combats ont pris fin le 28 juillet dernier avec l’arrestation et l’exécution de Mohamed Yusuf, le chef du mouvement. Abubakar Shekau, le second leader de la secte a également été tué dans les combats.
L’armée nigériane est parvenue à se déployer en force dans tout le Nord du pays pour sécuriser la zone et prévenir d’autres offensives des membres de la secte.
«Nous allons faire à partir de vendredi une démonstration de force dans toutes les zones» affectées par les violences, avait affirmé le 27 juillet dernier le porte-parole du ministère de la Défense.
Le président Umaru Yar'adua, qui était le 27 juillet dernier en visite officielle au Brésil, avait d'ailleurs ordonné la poursuite de la traque des derniers «talibans» en fuite.
Pour Human Rights Watch (HRW) et Amnesty international, «la mort de Yusuf montre un mépris total envers la loi et les droits de l'Homme les plus fondamentaux».
Ainsi, ils ont demandé aux «autorités nigerianes (...) d’enquêter et d’engager des poursuites à l'encontre des responsables de ce crime arbitraire et de tous les autres», a déclaré Eric Guttschus du HRW.
Les autorités nigerianes ont expliqué qu’il a été tué le 27 juillet dernier au siège de la police alors qu'il tentait de s'évader peu après que l'armée l'eut capturé à Maiduguri.
Le numéro deux de la secte, Abubakar Shekau, a lui aussi été tué dans le 27 juillet dernier en même temps que 200 partisans en tentant de fuir Maiduguri, où l'armée a lancé une vaste offensive pour écraser la résistance islamiste, indique une source policière.
Un responsable local de la Croix-Rouge, Aliyu Maikano, a aussi rapporté que les autorités nigerianes avaient récupéré le 27 juillet dernier pas moins de 300 cadavres dans les rues de Maiduguri à la suite des affrontements, et continuaient à rechercher des corps.
«Le fait que des membres des forces de sécurité n'aient pas à rendre compte de leurs abus les a encouragés à commettre des crimes graves sans craindre d'être poursuivis par la justice», a ajouté monsieur Guttschus.
Un journaliste a compté, au lendemain de la mort du chef de la secte Boko Haram, les corps de 23 personnes abattues par balles devant le siège de la police de Maiduguri, dont celui d'un ancien commissaire régional pour les affaires religieuses, Alhaji Buji Fai.
«Alhaji Buji Fai a été tué avec d'autres qui tentaient de fuir lors d'une fusillade le long de la route Benishek-Maiduguri», a déclaré un porte-parole de la police de Maiduguri.
Pour le délégué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Ibrahim Aliyu, les autorités nigerianes font preuves de négligence face aux conséquences humanitaires de la crise, alors que 4 000 habitants de Maiduguri ont été déplacés par les combats et s'entassent dans des camps de fortune.
Le porte-parole du ministre de la Défense s'est refusé à donner un bilan des pertes humaines. Il a également nié qu'il y ait eu des victimes civiles collatérales.
Le CIRC est «vraiment inquiet sur la possibilité d'apparition de maladies comme le choléra à cause de la présence de corps en décomposition dans les rues», explique Halima Bulama.
Un porte-parole du gouvernement, Usman Chiroma, a affirmé ce 1er août que «le gouvernement est en train de travailler pour évacuer les cadavres des rues de Maiduguri. (...) Nous avons mobilisé des hommes et des équipements pour ce travail. Mais c'est un travail énorme étant donné le manque de moyens humains», a-t-il précisé
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